Record de la honte : 212 protecteurs du vivant ont été assassinés en 2019

L'exploitation minière a été le secteur le plus meurtrier, avec 50 défenseurs tués en 2019. L'agro-industrie continue de provoquer des destructions, avec 34 défenseurs tués et 85% de ces attaques enregistrées en Asie. Et l'exploitation forestière était le secteur avec la plus forte augmentation du nombre de meurtres dans le monde depuis 2018, avec 85% d'attaques supplémentaires enregistrées contre des défenseurs opposés à l'industrie et 24 défenseurs tués en 2019.
30 juillet 2020 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Dans son bilan annuel publié mercredi, l’ONG britannique Global Witness nous livre un triste constat : 2019 est l’année la plus meurtrière pour les défenseurs de l’environnement, qui sont 212 à avoir été assassinés. Pire, ces chiffres sont certainement sous-évalués selon l’ONG. Elle accuse les gouvernements de soutenir des pratiques commerciales mortifères pour les écosystèmes et les protecteurs du vivant, combattant en première ligne pour lutter contre les causes et les impacts de la crise climatique.

Un chiffre en inquiétante progression

Ils et elles étaient 185 en 2015, 200 en 2016, 207 en 2017 (le précédent record), 164 en 2018, et maintenant 212 en 2019. « Ils et elles » sont des personnes qui luttaient contre la déforestation, l’industrie minière ou encore des projets agro-industriels pour défendre leur territoire.

Parfois garde-forestiers ou « simples » citoyens, tou.te.s ont en commun de ne pas reculer devant la destruction du vivant qu’elle ait lieu dans les forêts, les zones humides, les océans ou les havres de biodiversité. Dans son rapport annuel, très justement intitulé « Défendre Demain », l’ONG Global Witness leur rend hommage et rappelle leur rôle primordial, au moment où la crise climatique et écologique empire de plus en plus chaque année.

« C’est l’année d’un nombre record jamais enregistré pour les meurtres – 212 personnes ont été assassinées en 2019. En moyenne, quatre défenseurs de l’environnement ont été tués chaque semaine depuis décembre 2015 – le mois où l’accord de Paris sur le climat a été signé, lorsque le monde s’était soi-disant uni dans l’espoir de bâtir une nouvelle ère de progrès climatique. D’innombrables autres militants sont réduits au silence par des attaques violentes, des arrestations, des menaces de mort, des violences sexuelles ou des poursuites judiciaires. » alerte ainsi l’ONG britannique

Fait marquant, plus de la moitié des meurtres se sont produits dans seulement deux pays : la Colombie avec 64 victimes, pays le plus dangereux en Amérique latine qui recense deux tiers des assassinats, et les Philippines, avec 43 morts.

Les Nations Unies sur les droits de l’homme soulignent plusieurs raisons à cette vague croissante de violence en Colombie, telles que les défis de la mise en œuvre de l’Accord de paix de 2016, y compris la réforme agraire et les programmes destinés à encourager les agriculteurs à échanger des cultures illégales contre des récoltes légales.

Les changements dans la dynamique du pouvoir local après 2016 entraînent une augmentation de la violence. Les communautés rurales semblent être durement touchées, car les gangs criminels se repositionnent dans des régions auparavant contrôlées par la guérilla des FARC-EP. L’escalade des conflits fonciers et la destruction de l’environnement ont poussé les communautés à devenir des défenseurs.

De même, les Philippines sont devenues encore plus meurtrières pour les militants écologistes. Le pays a toujours été désigné comme l’un des endroits les plus dangereux d’Asie pour les défenseurs de l’environnement, et avait enregistré le plus grand nombre de meurtres commis – 30 – dans le monde en 2018.

Mais les choses ont empiré en 2019, le nombre de meurtres signalés s’élevant désormais à 43. La diffamation incessante des défenseurs par le gouvernement philippin et l’impunité généralisée de leurs agresseurs pourraient bien être à l’origine de cette augmentation selon l’ONG Global Witness.

Les plus fragiles les plus touchés

Parmi les victimes de cette guerre pour le vivant, plus d’un défenseur sur 10 tué était des femmes. Souvent l’épine dorsale de leur communauté, les femmes ont davantage tendance à assumer la responsabilité de s’occuper des enfants et des parents âgés, en plus d’essayer de gagner leur vie et de travailler comme militantes.

Les femmes qui agissent et s’expriment peuvent également être confrontées à des menaces liées à leur genre, notamment à la violence sexuelle. Si d’autres membres de leur foyer sont des protecteurs du vivant, ils peuvent également être visés. De la même façon les inégalités économiques et la discrimination raciale surexposent les communautés à la destruction de leur environnement.

« La triste réalité est que ceux qui sont le moins responsables du changement climatique seront les plus durement touchés. Ce sont souvent les communautés les plus pauvres qui sont plus susceptibles de vivre sur le chemin des tempêtes, sur des côtes sujettes aux inondations, dans des endroits régulièrement touchés par la sécheresse. » explique ainsi Global Witness

En Colombie et aux Philippines, tout comme dans le reste du monde, les membres des peuples autochtones (40 % des tués en 2019) qui vivent au plus près de la nature « subissent un risque disproportionné de représailles » lorsqu’ils se battent pour défendre « leurs terres ancestrales ».

Entre 2015 et 2019, plus d’un tiers de toutes les attaques mortelles ont ciblé des peuples autochtones alors qu’ils ne représentent que 5% de la population mondiale.

La dirigeante autochtone brésilienne Sonia Guajajara (au centre) de la tribu Guajajara et chef de l’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (Articulation des peuples autochtones du Brésil), appelant les législateurs européens à faire pression sur le gouvernement brésilien pour mieux protéger les droits des communautés autochtones. Crédit : Global Witness

Les communautés vivant en Amazonie sont ainsi particulièrement touchées. En 2019, la région amazonienne a enregistré à elle seule 33 décès. Près de 90% des meurtres au Brésil ont eu lieu en Amazonie.

Comme celui de Paulo Paulino Guajajara, membre de l’ONG créé par les autochtones pour lutter contre les coupes illégales de bois et l’expansion agricole, qui a été assassiné dans la région d’Arariboia, dans l’Etat du Maranhão au Brésil. L’ONG Global Witness accuse le gouvernement Bolsonaro d’être responsable de l’aggravation de la situation.

« Les politiques agressives du président Bolsonaro pour pousser à développer l’exploitation minière et l’agro-industrie à l’échelle industrielle en Amazonie ont de graves conséquences pour les peuples autochtones, ainsi que pour le climat mondial. Le taux de déforestation dans les territoires autochtones augmente fortement – avec une augmentation de 74% entre 2018 et 2019. Chose choquante, le Brésil a représenté un tiers de la perte de forêt tropicale mondiale en 2019. Alors que Bolsonaro réduit l’application de la législation environnementale, les réseaux criminels qui sont à l’origine la déforestation de l’Amazonie ont reçu le feu vert pour perpétrer leur activité. »

L’exploitation minière a été le secteur le plus meurtrier, avec 50 défenseurs tués en 2019. L’agro-industrie continue de provoquer des destructions, avec 34 défenseurs tués et 85% de ces attaques enregistrées en Asie. Et l’exploitation forestière était le secteur avec la plus forte augmentation du nombre de meurtres dans le monde depuis 2018, avec 85% d’attaques supplémentaires enregistrées contre des défenseurs opposés à l’industrie et 24 défenseurs tués en 2019.

Vue aérienne de l’extraction de l’or dans le bassin amazonien, près du territoire indigène Menkragnoti dans l’état de Para, Brésil – Crédit : Global Witness

Le rôle des protecteurs du vivant sur la crise climatique

Les peuples autochtones sont pourtant les plus efficaces dans le respect et la cohabitation avec la forêt. Des recherches récentes montrent que les communautés autochtones et locales du monde entier gèrent des forêts qui contiennent un équivalent carbone égal à 33 fois nos émissions annuelles actuelles – bien que même ce chiffre stupéfiant soit probablement une sous-estimation.

Egalement, des études montrent clairement que les terres gérées par les autochtones ont des taux de déforestation inférieurs et de meilleurs résultats de conservation que les zones de protection qui excluent les peuples autochtones.

Le peuple Manobo est l’un des 18 groupes Lumad trouvés sur l’île de Mindanao. Les différentes tribus Manobo sont semi-autonomes du gouvernement philippin et ont leurs propres lois, pratiques et jugements rendus par les chefs tribaux. Jacob Maentz / Documentaire Corbis

« Si nous voulons mettre fin à la dégradation du climat, ce sont les traces des défenseurs de la Terre et de l’environnement que nous devons suivre. Nous devons écouter leurs demandes et les amplifier. Inspirés par leur courage et leur leadership, nous devons pousser ceux qui sont au pouvoir – entreprises, financiers et gouvernements – à s’attaquer aux causes profondes du problème, soutenir et protéger les défenseurs et créer des réglementations qui garantissent que les projets et opérations sont menés avec une diligence raisonnable et une transparence appropriées et leur consentement libre préalable et éclairé ». plaide l’ONG Global Witness dans son rapport

Mais défendre la forêt peut aussi coûter la vie en Europe, continent pourtant le plus épargné par les meurtres des protecteurs du vivant. Ainsi en Roumanie, où l’une des plus importantes forêts primaires d’Europe est en danger à cause de l’exploitation illégale du bois, le garde forestier Liviu Pop a été abattu en octobre après avoir surpris des bûcherons illégaux. Un mois plus tôt, un autre avait été tué d’un coup de hache à la tête.

Si depuis, la Roumanie a décidé de créer une juridiction spéciale pour protéger la forêt et ses défenseurs, le combat reste âpre entre ceux qui exploitent le vivant sans vergogne et ceux qui s’ingénient à le protéger. Chacun.e se doit donc de rester vigilant contre la criminalisation des militants écolo qui prend de l’ampleur dans le monde entier. 

« Pendant la crise actuelle du COVID-19, certaines entreprises étendent leurs attaques contre les défenseurs et les gouvernements réduisent les protections. Lorsque vous prenez tout cela ensemble avec l’augmentation du nombre d’attaques contre les défenseurs en 2019, c’est une période plus inquiétante que jamais. Les tendances sont claires, les statistiques sont mondiales, les causes sont liées aux pratiques commerciales irresponsables et aux gouvernements qui les soutiennent. » conclut Global Witness

Article écrit en l’hommage de tou.te.s celleux qui ont été tué.e.s pour servir l’intérêt général :

RONALD ACEITUNO ROMERO, BOLIVIA ALEXANDRE COELHO FURTADO NETO, BRAZIL ALUCIANO FERREIRA DOS SANTOS, BRAZIL CARLOS ALBERTO OLIVEIRA DE SOUZA, BRAZIL CLAUDIONOR COSTA DA SILVA, BRAZIL DEMILSON OVELAR MENDES, BRAZIL DILMA FERREIRA SILVA, BRAZIL
EDMAR VALDINEI RODRIGUES BRANCO, BRAZIL ELIZEU QUERES DE JESUS, BRAZIL EMYRA WAIÃPI, BRAZIL
FIRMINO GUAJAJARA, BRAZIL FRANCISCO DE SOUZA PEREIRA, BRAZIL FRANCISCO SALES COSTA DE SOUSA, BRAZIL GUSTAVO JOSÉ SIMOURA, BRAZIL
JOSÉ ARAÚJO DOS SANTOS, BRAZIL MARCIANO DOS SANTOS FOSALUSA, BRAZIL MARCIO RODRIGUES DOS REIS, BRAZIL MAXCIEL PEREIRA DOS SANTOS, BRAZIL MILTON LOPES, BRAZIL
NEMIS MACHADO DE OLIVEIRA, BRAZIL PAULO PAULINO GUAJAJARA, BRAZIL RAIMUNDO BENÍCIO GUAJAJARA, BRAZIL ROMILDO MARTINS RAMIRES, BRAZIL ROSANE SANTIAGO SILVEIRA, BRAZIL WILLAMES MACHADO ALENCAR, BRAZIL FAHADOU CISSÉ, BURKINA FASO
HAMA BALIMA, BURKINA FASO
UON VANNA, CAMBODIA
ALBERT ARMANDO SÁNCHEZ GÓMEZ, COLOMBIA ALEX FERNANDO SALCEDO, COLOMBIA ALFONSO CORREA SANDOVAL, COLOMBIA AQUILEO MECHECHE BARAGON, COLOMBIA ARGEMIRO LÓPEZ, COLOMBIA ASDRUVAL CAYAPU, COLOMBIA BERNARDO CHANCÍ, COLOMBIA
CARLOS ALDARIO ARENAS SALINAS, COLOMBIA CARLOS BISCUE, COLOMBIA
CARLOS DANIEL OBANDO, COLOMBIA CARLOS OBANDO, COLOMBIA CONSTANTINO RAMÍREZ BEDOYA, COLOMBIA CRISTIAN SÁNCHEZ, COLOMBIA CRISTINA BAUTISTA, COLOMBIA
DANIEL EDUARDO ROJAS ZAMBRANO, COLOMBIA DEMETRIO BARRERA DÍAZ, COLOMBIA DIDIER FERNEY GONZÁLEZ, COLOMBIA DILIO CORPUS GUETIO, COLOMBIA
EBEL YONDA RAMOS, COLOMBIA ELIODORO FINSCUÉ, COLOMBIA EMILIANO CHOCUE, COLOMBIA ENRIQUE GUEJIA MEZA, COLOMBIA ERIC ESNORALDO VIERA PAZ, COLOMBIA EUGENIO TENORIO, COLOMBIA FERNANDO JARAMILLO, COLOMBIA FREIMAN BAICUÉ, COLOMBIA GERSAÍN YATACUÉ, COLOMBIA GILBERTO DOMICÓ DOMICÓ, COLOMBIA HENRY CAYUY, COLOMBIA HERNÁN ANTONIO BERMÚDEZ ARÉVALO, COLOMBIA HUMBERTO LONDOÑO, COLOMBIA JAIRO JAVIER RUIZ, COLOMBIA JAIRO ORTIZ, COLOMBIA JAMES WILFREDO SOTO, COLOMBIA JESÚS EDUARDO MESTIZO, COLOMBIA JOSÉ EDUARDO TUMBÓ, COLOMBIA JOSÉ GERARDO SOTO, COLOMBIA KEVIN MESTIZO, COLOMBIA LEONARDO NASTACUÁS RODRÍGUEZ, COLOMBIA LILIA PATRICIA GARCÍA, COLOMBIA LUCERO JARAMILLO ÁLVAREZ, COLOMBIA LUIS ALBERTO JUMÍ BAILARÍN, COLOMBIA MAGDALENA COCUNUBA, COLOMBIA MANUEL GREGORIO GONZÁLEZ SEGURA, COLOMBIA MANUEL OSUNA TAPIAS, COLOMBIA MARÍA DEL PILAR HURTADO, COLOMBIA MARIA NELLY BERNAL ANDRADE, COLOMBIA MARIO ALBERTO ACHICUÉ, COLOMBIA MARITZA ISABEL QUIROZ, COLOMBIA MARLON FERNEY PACHO, COLOMBIA MIGUEL ÁNGEL ALPALA, COLOMBIA MILTON HERNÁNDEZ, COLOMBIA NATALIA JIMÉNEZ, COLOMBIA PABLO EMILIO CAMPO TEQUIA, COLOMBIA REINALDO CARRILLO VERA, COLOMBIA RODRIGO MONSALVE, COLOMBIA SEFERINO YUNDA CAMAYO, COLOMBIA TORIBIO CANAS VELASCO, COLOMBIA UVERNEY VILLANO, COLOMBIA VÍCTOR MANUEL CHANI, COLOMBIA VÍCTOR MANUEL TRUJILLO, COLOMBIA WALTER RODRÍGUEZ, COLOMBIA WILMER ANTONIO MIRANDA CABRERA, COLOMBIA WILSON PÉREZ ASCANIO, COLOMBIA SERGIO ROJAS ORTIZ, COSTA RICA FREDDY MAHAMBA MULIRO, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO JOËL IMBANGOLA LUNEA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO EMMANUEL ESSIEN, GHANA
DIANA ISABEL HERNÁNDEZ JUÁREZ, GUATEMALA GABRIEL HUMBERTO CHACÓN GARCÍA, GUATEMALA ISIDRO PÉREZ PÉREZ, GUATEMALA
JORGE JUC CUCUL, GUATEMALA
JORGE MIGUEL CHOC, GUATEMALA
JULIO RAMÍREZ, GUATEMALA MANUEL PÉREZ HERNÁNDEZ, GUATEMALA MATEO RAMÍREZ HERNÁNDEZ, GUATEMALA MELESIO RAMÍREZ, GUATEMALA
OBDULIO VILLAGRAN, GUATEMALA
PAULINA CRUZ, GUATEMALA
WILLY RENÉ DE PAZ BOJÓRQUEZ, GUATEMALA ABAD MIGUEL GUITY, HONDURAS
ADOLFO REDONDO, HONDURAS
EFRAÍN MARTÍNEZ MARTÍNEZ, HONDURAS JUAN SAMAEL MATUTE, HONDURAS
MARÍA DIGNA MONTERO, HONDURAS MILGEN IDAN SOTO ÁVILA, HONDURAS MIRNA TERESA SUAZO, HONDURAS
NOEL ISAAC DEL CID, HONDURAS
OLBAN ADONAY GÓMEZ GARCÍA, HONDURAS OSCAR FRANCISCO GUERRERO CENTENO, HONDURAS ROBERTO ANTONIO ARGUETA, HONDURAS SALOMÓN MATUTE, HONDURAS
SANTOS FELIPE ESCOBAR, HONDURAS SANTOS ISIDRO CRUZ, HONDURAS
B MOHAN, INDIA
LACCHU MIDIYAMI, INDIA NALLATHAMBI ALIAS VAANDU, INDIA NARESH MITRA, INDIA
PODIYA SORI, INDIA
VEERAMALAI ALIAS RAMAR, INDIA
GOLFRID SIREGAR,

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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