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Pollution historique d’un fleuve : le sucrier français Tereos condamné à payer 9 millions d’euros

Cette « pollution la plus importante qu’ait connue l’Escaut depuis plus d’un siècle » a entraîné la mort de milliers de poissons, provoquant la « diminution de 50 % du nombre d’espèces et 90 % des effectifs ».

Le sucrier Tereos, à la tête de la fameuse marque Béghin-Say, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Lille à 500 000 euros d’amende et à plus de 9 millions de dommages et intérêts pour avoir dramatiquement pollué le fleuve l’Escaut en 2020, provoquant un désastre écologique et la mort de nombreuses espèces.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2020, la rupture d’une digue d’un bassin de décantation de la sucrerie avait entraîné le déversement de 100 000 mètres cubes d’eaux polluées le long des 350 kilomètres de l’Escaut qui traverse la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Cette « pollution la plus importante qu’ait connue l’Escaut depuis plus d’un siècle » a entraîné la mort de milliers de poissons, provoquant la « diminution de 50 % du nombre d’espèces et 90 % des effectifs ».

Au total, des dizaines de villes ont fait les frais de cette pollution, que certains décrivent comme une marée noire, d’autres comme une écume blanche, tous comme un carnage.

Lire aussi : Une sucrerie française cause une pollution historique dans le fleuve Escaut

Après deux ans de procédure judiciaire, le sucrier est condamné à verser à la région wallonne 8,86 millions d’euros au titre du « préjudice écologique », sur ordre du tribunal correctionnel qui reconnaît la « négligence » du groupe dans l’entretien de la digue. Cette reconnaissance est fondamentale pour les procès de ce genre. Ce préjudice avait été reconnu pour la première fois dans le procès de l’Erika, qui avait fait naufrage en 1999.

Pour l’heure, l’industriel ne sait pas encore s’il va faire appel de la décision. Jouer cette carte est risquée étant donné que le montant alloué aux parties civiles est inférieur aux 17 millions d’euros initialement demandés par les plaignants.

L’obligation de « réparer les dommages » environnementaux provoqués, également réclamée, n’a pas été retenue car un arrêté préfectoral d’août 2021 prescrivait déjà à Tereos des mesures de réparation écologique de l’Escaut. Les naturalistes estiment qu’il faudra au moins une dizaine d’années pour améliorer la qualité de l’eau et restaurer la faune et la flore détruites par la pollution.

La Relève et La Peste

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