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Pétrole dans nos aliments : le scandale de l’hexane dure depuis 50 ans

L'hexane est un solvant pétrochimique, un dérivé direct du pétrole fabriqué par les mêmes raffineurs qui produisent l'essence pour nos voitures. "C'est littéralement de l'essence dans nos assiettes", martèle Guillaume Coudray.

Guillaume Coudray lève le voile sur l'utilisation massive d'un solvant pétrochimique dans l'industrie agroalimentaire pour fabriquer nos huiles alimentaires et nourrir nos animaux d'élevage. Une bombe à retardement sanitaire que les autorités préfèrent ignorer.

Hexane : une enquête explosive

Guillaume Coudray n’en est pas à son premier coup d’éclat. Journaliste d’investigation, il s’est fait connaître du grand public avec son travail sur les nitrites dans la charcuterie, qui avait donné lieu à un « Cash Investigation » en 2015-2016 et déclenché une mission parlementaire. C’est en creusant un sujet connexe, l’alimentation animale, qu’il est tombé sur ce qu’il qualifie aujourd’hui de « secret de polichinelle » : l’utilisation massive d’un hydrocarbure dérivé du pétrole pour fabriquer nos huiles alimentaires et nourrir nos animaux d’élevage.

« Je conduisais une enquête sur ce que mangent réellement les animaux d’élevage« , raconte-t-il. « On se dit que les vaches vont au pâturage, mais les poulets, les porcs ? Très peu d’études existent sur leur alimentation industrielle. »

En interrogeant des courtiers et des fabricants d’aliments bio pour animaux, Guillaume a découvert l’utilisation de l’hexane dans la fabrication des tourteaux de soja, la base de l’alimentation animale en Europe.

L’enquête qui en résulte, « De l’essence dans nos assiettes : enquête sur un secret bien huilé« , publié aux éditions La Découverte, a nécessité des années de travail. Contrairement à son précédent sujet sur les nitrites, Guillaume Coudray confie avoir moins eu « peur » face à l’ampleur de la tâche cette fois-ci, fort de son expérience et de sa connaissance du terrain réglementaire.

Mais il ajoute :  « J’ai été sidéré, stupéfait du niveau d’impéritie des régulateurs, du degré de cynisme de certains experts pro-industrie ».

Ce qui l’a le plus choqué ? La découverte que ce scandale dure depuis cinquante ans dans l’indifférence quasi-générale.

Portrait de Guillaume Coudray pour son dernier livre « De l’essence dans nos assiettes : Enquête un secret bien huilé  » aux éditions La découverte.

L’hexane, de l’essence dans nos assiettes

L’hexane est un solvant pétrochimique, un dérivé direct du pétrole fabriqué par les mêmes raffineurs qui produisent l’essence pour nos voitures. « C’est littéralement de l’essence dans nos assiettes », martèle Guillaume Coudray.

Lorsque le pétrole est extrait du sol en Iran, aux États-Unis ou dans la mer du Nord, il est raffiné et décomposé en différents composants : kérosène, essence, white spirit… et hexane. Cette molécule, longtemps considérée comme un sous-produit sans valeur pour l’industrie pétrolière, a trouvé une utilisation massive dans l’agroalimentaire grâce à ses propriétés de solvant.

Le procédé est d’une efficacité redoutable. Traditionnellement, l’huile est extraite par pression mécanique dans des moulins, une technique ancestrale qui permet de récupérer environ 85% de l’huile contenue dans les graines de soja, colza ou tournesol. Mais cette méthode laisse 10 à 15% d’huile dans les résidus. C’est là qu’intervient l’hexane : en faisant passer ces résidus dans un bain de solvant, l’industrie parvient à extraire jusqu’à 99% de l’huile disponible. Un rendement qui fait toute la différence économique.

« L’hexane a été choisi pour ses capacités à dissoudre les graisses« , explique Guillaume. « C’est un produit lipophile, qui ‘aime’ les lipides. Un peu comme on utiliserait de l’acétone pour dissoudre du vernis à ongles. »

Dans les usines qui traitent les oléagineux, l’essentiel de l’hexane utilisé est réinjecté dans le circuit. Le problème, c’est que ce solvant est volatile (il part dans l’air, dans les cheminées des usines). Et surtout, des résidus subsistent dans les produits finis : l’huile d’un côté, les tourteaux de protéines de l’autre, qui serviront à nourrir les animaux d’élevage. On voit venir le problème !

La situation est rendue encore plus complexe par une confusion savamment entretenue. Il existe plusieurs types d’hexane : l’hexane « normal » (n-hexane), pur à 99%, utilisé en laboratoire, et l’hexane « technique », un mélange de différents isomères (molécules de même formule chimique mais de structure différente) utilisé dans l’industrie.

« C’est une sorte de soupe assez infâme« , décrit le journaliste. « Et le pire, c’est que dans la réglementation européenne, le grade d’hexane n’est pas défini. Sa composition varie selon le fournisseur, le site de production, la stratégie de raffinage, et même selon les saisons. »

Cette variabilité rend l’évaluation toxicologique encore plus difficile. « En toxicologie, il est beaucoup plus complexe d’évaluer l’effet d’un mélange que celui d’une substance pure« , souligne Guillaume. « Les molécules du mélange peuvent interagir, se potentialiser. Cela ajoute à la complexité et au risque. »

Un poison neurologique et reproductif confirmé

Les dangers de l’hexane pour la santé humaine et animale sont multiples et documentés depuis cinquante ans. Premier effet reconnu : la neurotoxicité. L’hexane est classé comme neurotoxique confirmé, capable de provoquer des polyneuropathies périphériques graves.

« En France, on peut être indemnisé pour une maladie professionnelle causée par l’hexane depuis le début des années 1970″, rappelle le journaliste.

Les témoignages sont édifiants : des ouvriers dans des usines de chaussures, des cordonniers exposés à ce solvant se sont retrouvés handicapés, incapables de saisir un objet, de manger, puis de marcher.

« Votre système nerveux ne peut plus faire remonter les informations depuis les organes vers le cerveau, et dans l’autre sens, les ordres du cerveau n’atteignent pas les organes à la vitesse nécessaire pour se coordonner normalement. »

Mais les neuropathies périphériques ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Des études récentes établissent des liens avec des maladies neurodégénératives beaucoup plus graves.

« Les travaux italiens sur le lien entre solvants et maladie de Parkinson sont particulièrement convaincants« , indique Coudray.

En Scandinavie, où la sclérose en plaques est très étudiée, les recherches montrent que l’exposition aux solvants organiques constitue une condition « sine qua non » de cette grave maladie du système nerveux.

« Notre cerveau est une motte de beurre », résume un neurologue français cité dans l’ouvrage. Le système nerveux, central et périphérique, est en effet riche en graisses, notamment la gaine de myéline qui entoure les nerfs et permet la transmission nerveuse. Or, l’hexane a été précisément choisi pour sa capacité à dissoudre les graisses.

« Il y a un risque énorme », constate Guillaume Coudray. « L’hexane, étant lipophile, va naturellement aller se fixer dans les parties grasses du système nerveux. »

Le second volet toxicologique, tout aussi préoccupant, concerne la reproduction. L’hexane est un reprotoxique confirmé qui s’attaque au cœur même de la reproduction chez les mammifères. Chez les mâles, il endommage directement les cellules séminales et les tubes séminifères dans les testicules. Clairement, il réduit la qualité, le nombre et la mobilité des spermatozoïdes. Chez les femelles, il détruit les cellules folliculaires qui protègent et permettent la maturation des ovules.

« C’est vraiment le cœur de la vie qui est attaqué, côté mâle comme côté femelle« , résume le journaliste. Des études ont montré ces effets in vitro sur des cellules humaines et in vivo sur des animaux vivants, notamment des porcs. « Tout laisse penser que toutes les espèces de mammifères sont touchées de la même manière. »

La conséquence logique : une baisse de la fertilité documentée chez les animaux d’élevage exposés.

Un troisième volet, la perturbation endocrinienne, fait l’objet de suspicions croissantes. Une étude menée sur des ouvrières mexicaines exposées à l’hexane a révélé un profond dérèglement de leur cycle menstruel, avec tous les caractères d’une perturbation hormonale. Toutefois des études doivent encore confirmer cela.

Une contamination généralisée de la chaîne alimentaire

L’ampleur de la contamination donne le vertige. « Toutes les huiles végétales raffinées du commerce sont susceptibles d’être concernées », énumère Coudray. « La margarine, la mayonnaise industrielle, les plats préparés … Pratiquement tout ce qui contient des huiles végétales. » Cela inclut les produits végétariens ou vegan lorsqu’ils ne sont pas bio.

Le problème ne s’arrête pas là. Les tourteaux de soja extraits à l’hexane constituent la base de l’alimentation animale industrielle en Europe. Vaches, porcs, poulets consomment massivement ces sous-produits contaminés.

« L’hexane étant lipophile, il va aller se fixer naturellement dans les graisses animales », explique le journaliste.

Une étude récente de l’INRA menée par le chercheur Valentin Menoury a retrouvé de l’hexane dans environ 80% des échantillons de lait de vaches nourries au tourteau traité à l’hexane. Des analyses financées par Greenpeace ont également détecté des résidus dans du beurre, du lait infantile, de la margarine et de la peau de poulet.

« On est susceptible de retrouver de l’hexane partout où il y a du gras », constate Coudray. « C’est mécanique : dès lors que l’hexane entre dans un mammifère ou un volatile, il va presque être aimanté par les lipides. »

La meilleure façon de s’en prémunir est le bio dont le cahier des charges exclut l’utilisation d’hexane. Pour les huiles, la bonne nouvelle est que le solvant n’est pas utilisé pour extraire l’huile d’olive.

La situation est encore aggravée par les expositions multiples. Dans une tablette de chocolat, par exemple, l’hexane peut être présent via la lécithine de soja (utilisée comme émulsifiant) et via le beurre de cacao, dont l’extraction peut également se faire à l’hexane. « Il y a plusieurs canaux d’exposition dans un même produit« , souligne le journaliste.

L’exposition chronique à faibles doses, répétée sur toute une vie, n’a jamais été correctement évaluée. « C’est bien là où la réglementation est totalement défaillante », dénonce Guillaume. « L’exposition chronique à basse dose n’est pas suffisamment intégrée à l’évaluation du risque. »

Ajoutons à cela les différences interindividuelles : selon la corpulence, le métabolisme, les prédispositions génétiques, chaque individu réagit différemment. « En termes de santé publique, automatiquement il y a des personnes plus fragiles qui vont réagir différemment des personnes les plus résistantes. »

Un scandale politique et réglementaire

Comment un tel scandale a-t-il pu perdurer pendant un demi-siècle ? L’enquête de Guillaume Coudray révèle un scénario tristement classique de capture réglementaire et de déni institutionnel.

« Autour des années 1930, on a d’abord cru que l’hexane était inoffensif », retrace le journaliste. À l’époque, l’industrie cherchait un substitut au benzène, cancérogène avéré. Des toxicologues allemands ont testé l’hexane sur des souris pendant quelques semaines. Ne constatant pas de problèmes apparents, ils ont conclu à son innocuité.

« Il a fallu plusieurs décennies pour comprendre que ce n’était pas du tout le cas, que l’hexane n’était pas du tout chimiquement stable et qu’au contraire, il était très dangereux. »

Le piège s’est refermé pendant la phase d’adoption massive. L’hexane présentait tous les avantages industriels : abondant, bon marché (les raffineurs ne savaient pas quoi en faire et le brûlaient dans des torchères), sélectif dans son action et facile à récupérer en partie. Les usines d’extraction se sont multipliées. Les industriels ont fait des investissements colossaux en raison des risques d’explosion. « Une fois que vous avez installé tout ça, une fois que vous avez construit ces usines très coûteuses, on découvre que l’hexane est toxique. Et là que faire ? »

La réponse des autorités et de l’industrie a été le déni et l’inaction pour la préservation du capital et de la rentabilité. « Les seuils autorisés de résidus d’hexane ont été fixés à des niveaux qui arrangent l’industrie, pas la santé publique », dénonce Coudray dans son livre.

La réglementation européenne tolère jusqu’à 1 mg/kg dans les huiles, une limite établie il y a des décennies sans études de toxicité à long terme, principalement en fonction de ce qui arrangeait la production. Pour les tourteaux destinés à l’alimentation animale, la dose maximale autorisée est d’un kilo d’hexane par tonne de tourteau brut.

« Il faut se rendre compte, dans un big bag d’une tonne, ce que représente un kilo d’hydrocarbure« , s’insurge le journaliste. Plus grave encore : lors de ses échanges avec les autorités européennes, le journaliste a découvert un véritable « trou dans la raquette ».

« Quand j’ai demandé quelle autorité sanitaire était chargée de l’évaluation des impacts de la présence d’hexane dans le tourteau, l’EFSA [Autorité européenne de sécurité des aliments] m’a renvoyé vers la Commission européenne. La Commission, après plusieurs semaines et des relances, a fini par admettre qu’il fallait bien reconnaître que cette question échappait largement aux évaluations sanitaires. »

Les lobbies industriels jouent leur partition avec efficacité. Aux Etats-Unis, comme en Europe, de puissants lobbys de fabricants de solvants défendent l’hexane. Au niveau européen, les groupes de pression sont enregistrés et actifs.

« À chaque fois que surgit une alerte, la stratégie est d’attendre que l’ouragan passe, que l’alerte soit oubliée », observe Guillaume. Il y a cinquante ans, on promettait déjà de trouver une solution. Il y a trente ans, même discours. Aujourd’hui encore, certains industriels américains demandent « du temps pour chercher une solution ».

Le cas du Canada est particulièrement révélateur. « C’est un des pays où le déni de la toxicité de l’hexane est le plus fort », constate le journaliste. « Peut-être est-ce lié au fait que le Canada est très fortement dépendant de l’hexane pour écouler ses productions de colza. »

Des alternatives existent mais sont ignorées

Face à ce constat accablant, une question s’impose : existe-t-il des alternatives ? La réponse est catégorique : « Absolument ! L’extraction mécanique existe depuis toujours », rappelle Guillaume. Les huiles vierges, pressées à froid, sans aucun solvant chimique, conservent leurs qualités nutritionnelles, leurs vitamines et leurs antioxydants.

« Le problème est purement économique », tranche-t-il. « L’industrie a choisi la rentabilité maximum au détriment de notre santé. C’est un choix politique et industriel, pas une fatalité technique. » Les huiles pressées coûtent plus cher à produire et ont un rendement moindre, mais elles n’exposent personne aux résidus pétrochimiques.

L’absence de transparence est criante. « Les mentions ‘huile de tournesol’ ou ‘huile de colza’ sur les étiquettes ne distinguent jamais le mode d’extraction », déplore-t-il. « Le consommateur est dans l’ignorance totale. » L’étiquetage devrait obligatoirement mentionner si l’huile a été extraite par pression mécanique ou par solvant. « C’est une question de démocratie sanitaire. »

Plusieurs voix s’élèvent néanmoins. À l’Assemblée nationale, une mission parlementaire animée par le député MoDem Richard Ramos et un de ses collègues du Rassemblement national est en cours. Greenpeace a publié un rapport sur l’hexane et sera prochainement auditionnée, de même que des scientifiques. Au niveau européen, une procédure est en cours pour faire passer l’hexane en catégorie SVHC (Substance of Very High Concern), le plus haut niveau de préoccupation pour les produits chimiques. L’hexane est également passé d’une classification « neurotoxique suspecté » à « neurotoxique confirmé ».

Mais ces avancées réglementaires restent insuffisantes face à l’ampleur du problème. « Il est temps d’appliquer le principe de précaution« , plaide Guillaume Coudray. « Face aux connaissances scientifiques sur les effets à long terme de l’exposition chronique à l’hexane, face aux signaux d’alerte sur la santé animale, il faut agir. Il faut interdire l’usage de solvants pétrochimiques dans l’alimentation. »

La tragédie humaine

Au-delà des chiffres et des débats réglementaires, Guillaume Coudray rappelle la dimension humaine du scandale. « Quand on travaille sur ce type d’enquête, on a tendance à voir des chiffres, des doses d’exposition. Mais il faut se rappeler ce qu’est une maladie neurodégénérative au niveau d’un individu, juste un individu. »

Les maladies de Parkinson, les scléroses en plaques, les neuropathies : chaque cas représente « une vie profondément abîmée ». Le contraste est saisissant entre les statistiques et la réalité vécue par les malades. « Quand vous êtes dans un salon du livre et que vous échangez avec un malade qui arrive avec ses béquilles, là, vous comprenez vraiment. »

L’explosion des cas de maladies neurodégénératives ces dernières décennies n’est pas uniquement due à l’hexane – ces pathologies sont multifactorielles. Mais comme le souligne le site de France Parkinson, les causes environnementales, dont les solvants, jouent un rôle crucial.

« Ce bouquet de causes est souvent lié à notre industrialisation : pollution atmosphérique, pollution alimentaire, tabagisme », énumère Guillaume. « Les produits se potentialisent les uns les autres. C’est un travail d’équipe toxique. »

Les ouvriers des usines d’extraction à l’hexane ont payé le prix fort. En Chine, des employés d’usines Apple ont développé des neuropathies graves après avoir utilisé de l’hexane pour nettoyer des écrans. En France, l’explosion d’une usine d’extraction à Dieppe en 2018 a coûté la vie à deux prestataires envoyés déboucher un extracteur.

« Briser le silence« , tel est l’objectif de Guillaume Coudray. « Ce scandale dure depuis des décennies dans l’indifférence générale. Les enjeux financiers sont colossaux – des milliards d’euros. Les lobbies sont puissants. Mais la santé de millions de personnes et d’animaux est en jeu. »

Le journaliste appelle à une mobilisation citoyenne. « Je souhaite que chaque citoyen sache qu’il ingère quotidiennement des résidus de pétrole, que nos animaux d’élevage sont intoxiqués, et que tout cela est parfaitement légal. Une fois informés, les gens pourront faire pression pour que les choses changent. »

En attendant une hypothétique interdiction, les consommateurs peuvent agir à leur échelle : privilégier les huiles obtenues par pression, idéalement biologiques ; éviter les produits ultra-transformés ; consommer des produits animaux issus d’élevages qui n’utilisent pas de tourteaux de soja industriels, ce qui suppose souvent de se tourner vers le bio ou les circuits courts.

Mais Guillaume insiste : la responsabilité ne peut reposer uniquement sur les individus. « Nous avons accepté l’inacceptable par ignorance. Il est temps de reprendre le contrôle de notre alimentation et de notre santé. » Un combat politique autant que sanitaire, face à des décennies d’arrangements entre industriels, régulateurs complaisants et scientifiques liés aux intérêts économiques.

Comme pour l’amiante, le plomb ou le chlordécone, l’histoire de l’hexane révèle les dysfonctionnements structurels de notre système de régulation des produits toxiques. « Dès qu’on creuse un sujet, on découvre le même niveau d’intoxication et de déni des responsables », constate le journaliste, citant les travaux des historiennes Nathalie Jas et Soraya Boudia sur la gouvernance des produits chimiques.

L’affaire de l’hexane illustre une réalité aussi récurrente que dérangeante : cinquante ans après les premières alertes, nous continuons à ingérer quotidiennement de l’essence de pétrole. Un secret « bien huilé » qui pose une question politique fondamentale : jusqu’où accepterons-nous de sacrifier notre santé sur l’autel de la rentabilité industrielle ?

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Isabelle Vauconsant

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