Le monde a perdu près de 11 millions d'hectares de forêts chaque année au cours de la dernière décennie – une superficie presque équivalente à celle de l'Islande, selon l'Évaluation des ressources forestières mondiales des Nations Unies. Si le rythme global de déforestation a ralenti, il y a toujours plus de forêts détruites que de nouvelles pousses.
L’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 de la FAO a publié une analyse détaillée de l’étendue et de l’évolution des forêts dans le monde entier. En voici ses grandes conclusions.
Notre planète compte au total 4,14 milliards d’hectares de forêt, soit près d’un tiers (32%) de la superficie terrestre mondiale et l’équivalent de 0,50 hectare de forêt par habitant. De toutes les régions, c’est l’Europe qui possède la plus grande superficie forestière, représentant 25% du total mondial. Mais les forêts sont particulièrement importantes en Amérique du Sud, en représentant 49% de sa superficie terrestre totale.
54% des forêts de la planète sont situées dans cinq pays seulement, à savoir la Fédération de Russie, le Brésil, le Canada, les États-Unis d’Amérique et la Chine (par ordre de superficie décroissante).
Bonne nouvelle : la perte nette de forêt a diminué de plus de la moitié depuis les années 1990. La perte nette annuelle de forêt est passée de 10,7 millions d’hectares sur la période 1990-2000 à 4,12 millions d’hectares en 2000-2015. Cela est le résultat d’une baisse de la déforestation dans certains pays, et de l’expansion de la superficie forestière dans d’autres.
Hélas, la superficie forestière perdue reste supérieure à celle gagnée chaque année dans le monde. Entre 2015 et 2025, la croissance forestière a atteint 6,8 millions d’hectares, mais sa destruction a été de 10,9 millions d’hectares.
Rien qu’en 2024, plus de 8 millions d’hectares de forêts ont été détruits, soit 63 % de plus que la trajectoire nécessaire pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030. Si l’agriculture a été longtemps la plus dévastatrice pour les forêts, il y a désormais d’autres menaces qui pèsent sur elles.
Pour la première fois, les incendies de forêt ont été la principale cause de la destruction de forêts tropicales en 2024. Les insectes, les maladies et les événements météorologiques graves ont endommagé quelque 41 millions d’hectares de forêt en 2020, principalement dans les zones tempérées et boréales.
Alors que 71% des forêts du monde sont sous tutelle publique, il appartient à chaque pays de prendre des engagements forts au service de vraies forêts diversifiées. En effet, les monocultures d’arbres ont beau augmenter artificiellement la superficie d’espaces boisés, elles ne remplissent pas les mêmes services écosystémiques.
Les experts ont qualifié ces conclusions de « signal d’alarme » à l’approche de la COP30 en Amazonie.
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