Nouvelle-Aquitaine : la Région refuse de financer et soutenir les projets de surf park !

La décision de la Région Nouvelle-Aquitaine envoie un signal fort pour les financeurs privés qui seraient susceptibles d’y participer : ce projet n’est pas le bienvenu.
6 juillet 2020 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Coup d’arrêt pour le projet Wavegarden à Castets, dans les Landes. Suite à une réunion pour étudier les projets de surfpark en Nouvelle-Aquitaine, les élus ont tranché : la Région ne financera aucun projet de vague artificielle, en accord avec la feuille de route sur la transition environnementale et climatique du territoire. Pour les militants écolo opposés au projet, cette décision vient saluer leurs efforts fournis depuis plus de deux ans afin de créer une prise de conscience collective sur l’impact écocidaire de ces projets.

400 000 euros de subvention publique refusés

C’est dans un email que les opposants au projet de vague artificielle de Castets ont eu confirmation de la bonne nouvelle : les élus de la Région Nouvelle-Aquitaine se sont unanimement positionnés contre le financement aux projets de vagues artificielles, notamment le projet du Futuroscope Okahina Wave et Wavelandes qui souhaite se construire à Castets, dans Les Landes.

Ce projet de vague artificielle représente 40 à 60 millions d’euros de budget pour la bétonisation de 9 hectares afin de construire un bassin de 155 mètres sur 155 mètres… à seulement 20km de l’océan. A la clé pour la commune : l’embauche potentielle de 300 personnes en haute saison et l’accueil de 300 000 visiteurs par an.

Crédit : Wavelandes

Encore en recherche de financements, la société Wavelandes avait fait une demande de subvention de 400 000 euros à la Région qu’elle donc définitivement refusée. Si cette somme peut paraître anecdotique sur un budget de plusieurs dizaines de millions d’euros, la décision de la Région Nouvelle-Aquitaine envoie un signal fort pour les financeurs privés qui seraient susceptibles d’y participer : ce projet n’est pas le bienvenu.

« Cela fait un peu plus de deux ans qu’on se mobilise sur ce sujet, et que le projet est lancé. Cela a été une longue démarche auprès des élus régionaux et départementaux, et pour mobiliser l’opinion publique. Ce ne sont pas des affaires techniques ou économiques, mais une question de bon sens : faire une vague avec de l’eau pompée dans la nappe phréatique dans un endroit situé à côté de l’océan, c’est inique et stupide, ce que tout le monde comprend, y compris les surfeurs. » explique Didier Tousis, porte-parole de NouTous, l’un des collectifs engagés contre les projets de Surfpark

De fait, les deux élus écolos de la Nouvelle-Aquitaine se sont appuyés sur le travail de fond mené par les associations (dont les Amis de la Terre des Landes et la SEPANSO) pour convaincre leurs six autres homologues d’abandonner le soutien financier et publique de ces projets gabegiques.

« Ce résultat est une victoire de la détermination et de l’action coordonnée entre citoyens, associatifs et eluEs. C’est par des arguments partagés à différents niveaux que nous avons réussi à convaincre que ces projets de vagues artificielles étaient inutiles et dangereux. » a confirmé Laurence Motoman, Conseillère régionale Nouvelle-aquitaine, élue des Landes, à La Relève et La Peste

Interrogée par FranceBleu, la chargée de presse du projet Wavelandes maintient tout de même que les recherches de financement continuent et a vanté la « vocation militante où les associations écologistes viendront éduquer les visiteurs à l’écologie » sans préciser quelles associations seraient engagées.

Crédit : guille pozzi

Le refus des projets de surfpark

En effet, de Surfrider Europe à des collectifs citoyens, les voix sont de plus en plus nombreuses à s’élever contre les projets de surf park. Ainsi, une mobilisation populaire s’est déjà mise en place contre le projet de Saint-Jean-de-Luz, un surf park également développé par la société Wavegarden qui viendrait abattre des arbres centenaires et bétonner des terres agricoles déclassifiées, mais toujours fertiles, pour le construire.

« La pandémie C19, la crise sanitaire et la récession économique en cours obligent les élus à prioriser les budgets d’investissement et de fonctionnement et se recentrer sur les enjeux de résilience de nos territoires. Les projets écocides de type vague artificielle qui accaparent indécemment les ressource en eau, électricité, forêt, espace naturel doivent être abandonnés aux oubliettes des projets inutiles, à l’heure du branle bas de combat contre le réchauffement climatique. » expliquent dans une lettre les associations et collectifs anti-vague artificielle des Landes, associés aux associations et collectifs anti-vague artificielle de Bretagne

Fortes de la décision de la Région, les associations demandent aujourd’hui aux élus locaux du département, de la communauté de communes Côte Landes Nature et de la mairie de Castets de faire savoir officiellement leur position par rapport au projet de vague de Castets.

Interrogés par FranceBleu, certains élus locaux comme le Président de la communauté de commune Côte Landes Nature continuent de soutenir le projet de vague artificielle, tandis que le maire de Castets ne renie pas totalement le projet tout en se disant prêt à changer de cap s’il devait être abandonné.

De leur côté, les militants écologistes sont déterminés : les projets de vague artificielle de Saint-Jean-de-Luz comme Castets sont des projets mort-nés qui n’ont pas leur place dans un monde en crise sanitaire, écologique et sociale. Des inepties d’un autre temps.

6 juillet 2020 - Laurie Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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