Une nouvelle vidéo révélée par Le Canard Enchaîné confirme ce que certains médias indépendants documentaient déjà : la mort de Quentin Deranque s’inscrit dans une embuscade préparée par un groupe d’extrême droite armé, et non dans le récit édulcoré d’une rixe confuse devenue vérité officielle. Les images montrent des militants néo-nazis postés en amont d’un meeting de gauche, dissimulés, équipés de barres de fer, de casques, de gazeuse et d’engins incendiaires. Ils attendent. Ils frappent. Ils attaquent en surnombre un groupe surpris, sans protection.
Les nouvelles images révélées par Le Canard Enchaîné dissipent définitivement le brouillard entretenu depuis plusieurs jours. Elles montrent un groupe identitaire lourdement équipé, venu non pas manifester ou « protéger » qui que ce soit, mais chercher l’affrontement. Armes improvisées, protections, organisation : tout indique une confrontation préméditée. Quentin D. faisait partie de ce groupe. Il est mort à l’issue d’une violence qu’ils avaient eux-mêmes provoquée.
Cette réalité contredit frontalement la mise en scène de la victimisation relayée au plus haut niveau. Pire encore : on découvre que TF1 disposait d’éléments permettant de comprendre la nature réelle des faits, et a sciemment choisi de ne diffuser que les images les plus trompeuses. Il ne s’agissait pas d’un individu isolé agressé gratuitement, mais d’un guet-apens fasciste qui a mal tourné. Et ce détail change tout.
Rappeler ces faits n’a rien d’une relativisation de la mort. C’est au contraire refuser une récupération politique indécente, qui érige en martyr un militant engagé dans des violences organisées, tout en passant sous silence les nombreuses victimes anonymes de l’extrême droite ces dernières années. Une seule mort dans leurs rangs aura suffi à déclencher hommages officiels et émotion nationale, là où les morts causées par ces mouvances restent invisibles, sans nom, sans mémoire.
Cette inversion morale est au cœur du scandale. Les violences fascistes deviennent banales, excusables, tandis que ceux qui leur résistent sont relégués au rang de dommages collatéraux. Quentin n’est pas mort par hasard : il est mort dans un contexte de radicalisation, de rixe préparée, d’adhésion à des groupes violents encouragés par l’indulgence du pouvoir.
Les faits sont là, jusque dans les témoignages de ses proches : il est reparti de l’affrontement en défiant déjà la prochaine bagarre, et a refusé les soins qui auraient pu lui sauver la vie. La conclusion est brutale mais nécessaire : participer volontairement à des violences politiques comporte des risques mortels. En faire aujourd’hui un symbole héroïque n’est pas seulement une falsification de la réalité, c’est un signal dangereux envoyé à ceux qui, demain, pourraient être tentés de suivre le même chemin.
La vérité n’effacera jamais une mort, ni la douleur de celles et ceux qui restent. Mais peut-être peut-elle empêcher que d’autres vies soient englouties par la haine, la radicalisation et le mensonge. Face à la violence qui tue des deux côtés, il ne reste qu’un choix digne : rompre le cycle, protéger la vie, et reconstruire la paix là où certains prospèrent sur le chaos.