Menaces et intimidations envers la journaliste Ysis Percq par des militants de la Ligue du Midi : stop à la banalisation de l’extrême droite

Ainsi, nous nous alarmons aujourd’hui de la banalisation idéologique de l’extrême-droite, tant sur le plan médiatique que politique, parfois même jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.
21 mai 2020 - La Relève et La Peste
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Dimanche 17 mai, la journaliste Ysis Percq a été violemment prise pour cible, dans l’exercice de ses fonctions, par des militants du groupuscule d’extrême droite la « Ligue du Midi ». Leur rassemblement a eu lieu alors qu’il était normalement interdit. Si les forces de l’ordre ont été tolérantes pour cette manifestation, elles ont en revanche empêché une manifestation de gilets jaunes la veille, toujours à Montpellier. Face à cette différence de traitement injuste et dangereuse et au nom de la liberté d’informer, nous relayons ici le communiqué du Syndicat National des Journalistes et de plusieurs organismes de défense de la liberté de la presse, liste en bas de page.

Mandatée par l’AFP pour couvrir le rassemblement identitaire organisé ce dimanche 17 mai à Montpellier par le groupuscule d’extrême droite la « Ligue du Midi », notre consoeur Ysis Percq a été prise pour cible, dans l’exercice de ses fonctions, par des militants.

Menacée, intimidée physiquement, la journaliste s’est également fait voler son téléphone. Toutes les images de ce rassemblement ont été effacées. La journaliste a déposé plainte et a pu récupérer son téléphone suite à l’interpellation de l’auteur du vol. Une enquête doit être ouverte par le Parquet de Montpellier.

Nous condamnons fermement les lâches exactions menées par ce groupuscule identitaire qui sévit régulièrement dans la région montpelliéraine, sans conséquence judiciaire. En plus d’avoir bafoué la liberté de la presse, la Ligue du Midi a justifié ses agissements en renvoyant notre consoeur à ses cours de déontologie journalistique. Nous en profitons pour rappeler à la Ligue l’un des droits démocratiques le plus fondamental: la liberté d’informer.

Cette manifestation, comme celle des Gilets Jaunes, était pourtant interdite par la préfecture. Samedi 16 mai, 25 verbalisations ont été dressées et sept Gilets Jaunes montpelliérains ont été interpellés. Mais, le rassemblement de la Ligue du Midi, le lendemain, a, lui, bénéficié d’une étonnante tolérance de la part des policiers.

Richard Roudier, leader du groupuscule, s’est même vu accordé « 5 minutes » de discours, drapeau identitaire à la main, par un membre des forces de l’ordre qui se félicitent d’avoir « noué un bon contact avec les organisateurs ». Un « deux poids, deux mesures » inquiétant lorsqu’on connaît le passif de cette organisation (coups de couteau, intimidations de la population locale, saluts nazis, actions coups de poing racistes etc).

Ainsi, nous nous alarmons aujourd’hui de la banalisation idéologique de l’extrême-droite, tant sur le plan médiatique que politique, parfois même jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Si Eric Zemmour a pu s’entretenir durant 45 minutes avec le Président de la République, nous constatons malheureusement qu’Ysis Percq n’a pas eu droit au « soutien » d’Emmanuel Macron. 

Renforcés par certains choix éditoriaux, à l’image de la nouvelle émission religieuse lancée le 10 mai sur CNEWS et animée par Charlotte d’Ornellas (coqueluche de la fachosphère), qui répandent leur idéologie, les militants d’extrême droite s’attaquent à celles et ceux qui documentent leurs actes.

L’intimidation de notre consoeur Ysis Percq en est un exemple parmi tant d’autres. Partout, la presse est ciblée.

En janvier dernier, le journaliste allemand Thomas Jacobi, correspondant à Athènes pour le quotidien français La Croix et la chaîne allemande Deutsche Well, était violemment agressé par des membres du parti néo-nazi Aube dorée, durant un rassemblement anti-migrants.

Les manifestations françaises anti-PMA d’octobre 2019, ont également été le théâtre d’agressions d’extrême-droite contre des journalistes. Deux anciens membres du FN, Yvan Benedetti (Oeuvre Française) et Hervé Lalin (ex-GUD) avaient alors intimidé verbalement puis physiquement une équipe de l’émission Quotidien (TMC) avant de casser leur matériel.

Nous réitérons notre soutien à Ysis et exigeons des réactions fortes de la part des pouvoirs publics. Si, Philippe Saurel, maire de Montpellier, s’est fendu d’une réaction sur son compte Twitter, nous regrettons le silence du Préfet Jacques Witkowski sur ces faits intolérables dans un Etat de droit. Il en va de la liberté de la presse et de la démocratie.

Pour que vivent le droit à l’information et le droit d’informer !

21 mai 2020 - La Relève et La Peste
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