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L’humanité a désormais franchi 6 limites planétaires sur 9, dont 2 en 2022

Lan Wang-Erlandsson a commenté : « L’eau est la circulation sanguine de la biosphère. Mais nous sommes en train de modifier profondément le cycle de l’eau. Cela affectera la santé de la planète entière et la rendra beaucoup moins résistante aux chocs. »
5 mai 2022 - Maïté Debove
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde

- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France

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Le monde a franchi une limite planétaire pour la deuxième fois cette année. Après la pollution chimique en janvier, il s’agit cette fois du cycle de l’eau douce, et plus particulièrement de « l’eau verte », celle qui est absorbée par les végétaux. Les scientifiques ont établi 9 limites planétaires : seules 3 d’entre elles n’ont pas encore été dépassées à ce jour. Mais pour combien de temps ?

En 2009, Johan Rockström du Stockholm Resilience Centre, et Will Steffen de l’université nationale australienne, mènent un groupe de 26 scientifiques internationaux dans l’identification des processus qui régulent la stabilité et la résilience du système Terre. Ils proposent ainsi une mesure quantitative des 9 frontières planétaires dans lesquelles l’humanité peut continuer à se développer et à prospérer sur les générations à venir.

La notion est très influente dans le débat académique et reconnue par divers organismes et pays tels que les Nations Unies, l’Union Européenne, la France, ou la Suisse, mais elle soulève également des critiques, comme divers modèles théoriques globaux. Ce système reste ceci dit majoritairement reconnu, même parmi ses critiques.

Comme de nombreux aspects de notre planète, les processus de la régulation de la planète interagissent et la perturbation de l’un affecte la résilience des autres. Plus le dérèglement climatique progresse et plus les effets dominos sont possibles. C’est ce que les 9 limites planétaires mettent en emphase.

Une nouvelle évaluation du Stockholm Resilience Centre, publiée dans Nature le 26 avril, se porte sur le cycle de l’eau douce, et plus particulièrement l’eau verte, c’est-à-dire l’eau qui est absorbée par les végétaux. L’étude prend compte du rôle de cette dernière vis-à-vis de l’humidité du sol, de la résilience de la biosphère, dans la sécurisation des puits de carbone terrestre et dans la régulation de la circulation atmosphérique.

L’étude démontre que l’humidité des sols dans les zones racinaires des plantes est une variable de contrôle pour l’eau verte, mais que cette humidité tend à se perdre.

Lan Wang-Erlandsson, autrice principale de l’étude, souligne : « L’humidité du sol dans la zone racinaire est cruciale, car elle représente l’eau disponible pour les écosystèmes terrestres et détermine donc directement si la végétation subira un stress hydrique. »

Arne Tobian, deuxième auteur de l’étude, explique : « La forêt amazonienne dépend de l’humidité du sol pour sa survie. Mais il est prouvé que certaines parties de l’Amazonie s’assèchent. La forêt perd de l’humidité du sol en raison du changement climatique et de la déforestation. Ces changements rapprochent potentiellement l’Amazonie d’un point de basculement où de grandes parties pourraient passer de la forêt tropicale à des états de type savane. »

Lire aussi : En 2021, la forêt amazonienne ne pourra plus générer de pluie pour assurer sa survie

Lan Wang-Erlandsson a commenté : « L’eau est la circulation sanguine de la biosphère. Mais nous sommes en train de modifier profondément le cycle de l’eau. Cela affectera la santé de la planète entière et la rendra beaucoup moins résistante aux chocs. »

Cette déclaration s’aligne avec le dernier rapport du GIEC, qui affirme que le cycle de l’eau a désormais été modifié à un rythme supérieur à tout ce que nous avons connu au cours de l’ère géologique de Holocène.

Ingo Fetzer, co-auteur de l’étude et chercheur, conclut : « La réduction des risques de changement de l’eau verte sur le système terrestre nécessite désormais des actions immédiates en matière d’eau pour lutter contre le changement climatique, la déforestation et la dégradation des sols. »

Lire aussi : « Tout délai supplémentaire pour atténuer le changement climatique et s’y adapter compromet l’avenir »

Crédit photo couv : Olivier Mesnage

5 mai 2022 - Maïté Debove
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Générations Notre nouveau livre « Générations » marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde. Changements climatiques, répression policière, inégalités, capitalisme hors de contrôle : la nouvelle génération va devoir relever des défis inédits, pour certains presque insurmontables. Mais que ressent-elle ? Quel sens donne-t-elle au présent ? Et comment perçoit-elle l’avenir ? C’est ce que nous avons cherché à comprendre dans ce nouveau livre-journal, « Générations ».
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