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L’eurodéputé Pierre Larrouturou a entamé une grève de la faim pour taxer la finance

Les chiffres sont là : en taxant seulement 0,1 % d’actions et 0,01 % de produits dérivés et d’obligations, cela rapporterait chaque année plus de 50 milliards d’euros.
4 novembre 2020 - La Relève et La Peste
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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L’avenir de l’Europe et son niveau d’ambition pour la santé, le climat et l’emploi au cours des sept prochaines années seront décidés dans les prochains jours, à travers le vote du budget. Budget dont le rapporteur général, le député européen « Nouvelle Donne », Pierre Larrouturou, a entamé voilà huit jours une grève de la faim au sein du Parlement européen. Du jamais vu !

C’est que cette action inédite est à l’image du moment… unique. L’Europe est à la croisée des chemins. Ou bien, elle choisit la voie forcée par les lobbies financiers ; ou bien elle choisit celle du changement, en faveur du bien commun, de davantage de justice non seulement fiscale, mais également sociale, environnementale et sanitaire.

Pour cela, l’Europe a l’opportunité d’introduire de nouvelles « ressources propres », dont une qui pousse Pierre Larrouturou à se battre corps et âme, jusqu’à entamer une grève de la faim : la taxe sur les transactions financières.

Le rapporteur général du budget déclare : « C’est obscène d’entendre qu’il n’y a pas d’argent pour la santé, le climat, et l’emploi, alors que les marchés financiers n’ont jamais été aussi bien portants. Pour mettre la pression sur Angela Merkel et Emmanuel Macron, j’ai décidé de commencer une grève de la faim au Parlement Européen. »

Lorsque vous avez acheté le téléphone ou l’ordinateur que vous utilisez actuellement, vous avez payé au moins 15,5 % de TVA. Et même pour les produits alimentaires de base, même les plus vulnérables d’entre nous doivent payer 5,5 % de TVA.

Chacun doit payer 5,5 % de TVA pour contribuer à l’effort collectif. Mais pour ceux qui achètent des actions sur les marchés financiers, la taxe est actuellement de 0,0 %.

Pour Pierre Larrouturou, et pour une majorité de plus en plus large de responsables européens, l’Union européenne devrait donc financer son plan de relance par une taxe sur les transactions financières. La proposition législative est prête depuis 2011, époque à laquelle la Commission européenne était dirigée par José Manuel Barroso, qui est loin d’être une figure de la gauche alternative…

Mais les chiffres sont là : en taxant seulement 0,1 % d’actions et 0,01 % de produits dérivés et d’obligations, cela rapporterait chaque année plus de 50 milliards d’euros.

En introduisant de nouvelles ressources propres, comme cette taxe sur les transactions financières, l’Union européenne dépendra beaucoup moins des budgets nationaux, pourra rembourser elle-même la dette contractée lors de la crise de Covid19 tout en finançant une série de mesures urgentes, en faveur des soins de santé et de tout ce qui participe à la transition écologique. De quoi éviter que le Green Deal ne se réduise à du « greenwashing ».

En outre, la taxe sur les transactions financières est une proposition assez populaire en Europe (64% des citoyens la soutiennent), en Allemagne (82%) et dans un certain nombre de pays « frugaux ». Au Danemark, par exemple, 56% des gens la soutiennent, alors que seulement 37% s’y opposent.

Et d’autres pays qui ne faisaient pas partie du groupe initial de la taxe sur les transactions financières bougent, comme la Belgique, la Pologne, le Portugal, l’Italie, l’Autriche ou encore l’Allemagne…

Angela Merkel a déclaré que la taxe sur les transactions financières doit faire partie des solutions pour financer la relance. Reste à convaincre le président Emmanuel Macron de se détacher du poids des lobbies financiers, au profit du lobby citoyen et du bien commun.

Bannière du site Taxons La Spéculation

Question : une telle taxe sur les transactions financières pourrait-elle réellement augmenter les recettes dans le contexte de la crise actuelle ? Oui.

En ce printemps 2020, l’économie européenne est dans une impasse. Les volumes échangés en mars-avril 2020 étaient 45% plus élevés qu’en 2010. En temps de crise, la volatilité est élevée, mais les volumes échangés le sont également.

« Les États membres de l’UE ont engagé 4 600 milliards d’euros pour renflouer le secteur financier pendant la crise », a déclaré la Commission européenne le 28 septembre 2011. « Le secteur financier bénéficie d’un avantage fiscal d’environ 18 milliards d’euros par an grâce à l’exonération de la TVA sur les services financiers. Une nouvelle taxe sur le secteur financier garantirait que les institutions financières contribuent au coût de la reprise économique et découragerait les échanges commerciaux risqués et improductifs ».

Même après le Brexit et dans un contexte de crise, une petite taxe basée sur cette directive pourrait rapporter 57 milliards d’euros par an. C’est 10 fois plus que la taxe numérique.

La Commission européenne a déclaré que cette taxe peut être introduite en moins de 2 ans. Avec 50 milliards d’euros par an, la taxe sur les transactions financières (basée sur la proposition de la Commission européenne à partir de 2011) peut permettre de lever :

(1) 15 milliards d’euros pour rembourser le plan de relance de l’UE sans prélever 1 euro de plus sur les budgets nationaux et

(2) 35 milliards d’euros par an pour la transition verte de l’Europe, pour laquelle le déficit d’investissement a été estimé à 600 milliards d’euros par an.

Un article de Pierre Paulus.

ALLER PLUS LOIN
www.taxonslaspeculation.eu
Depuis le début de sa grève de la faim, Pierre Larrouturou propose une série de lives, retransmis sur différentes pages (Le Biais Vert, J-Terre, Mr Mondialisation, La Relève et La Peste…) et avec des invités variés : la dernière émission a réuni l’ancien Ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot, la cofondatrice de Youth For Climat, Adelaïde Charlier, le Rapporteur spécial aux Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, Olivier De Schutter, et l’activiste pour le climat, Camille Etienne.
À retrouver par ici : https://www.facebook.com/larrouturoupierre

4 novembre 2020 - La Relève et La Peste
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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