Les porteurs sains sont à l’origine de plus de 50% des contaminations, tout savoir sur les gestes barrières à adopter

Face à l’afflux de malades, les porteurs sains ne peuvent pas être dépistés, ce qui rend la situation un peu plus périlleuse chaque jour. C’est pour cette raison que le virus est vraiment dangereux et que les recommandations médicales et gouvernementales doivent être respectées.
19 mars 2020 - Augustin Langlade
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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La période de confinement a commencé. C’est l’occasion de revenir en détail sur cette maladie qui bouleverse le monde entier et provoque des mesures absolument inédites dans l’histoire récente de l’humanité. Le coronavirus, qu’est-ce que c’est ? Comment se transmet-il ? Quels gestes doit-on adopter pour éviter au mieux de contaminer les autres et d’être contaminé ? Réponses.

Qu’est-ce que cette maladie ?

Covid-19 est le nom contracté de « coronavirus disease 2019 », qui ne désigne pas le virus lui-même mais la maladie pulmonaire qu’il peut provoquer (pneumonie, dyspnée). Le mot « coronavirus » désigne quant à lui une famille de « gros » virus (une centaine de nanomètres), en forme de couronnes, extrêmement contagieux et parfois très létaux, comme l’était le SRAS chinois de 2003.

Le taux de mortalité du Covid-19 se situe entre 2 et 5 % des personnes contaminées, contre 10 % pour le précédent SRAS.

S’il veut survivre et se multiplier, un virus a besoin d’une cellule, dans laquelle il se loge et qu’il colonise, souvent de manière inoffensive, parfois de manière délétère, comme dans le cas présent. À la différence des parasites et des bactéries, il n’est pas capable d’avoir une existence autonome et résiste aux antibiotiques ; il faut donc que la substance médicale qu’on utilise s’attaque à son génome, particulièrement résistant ici, car il a pu franchir les barrières de l’hygiène moderne.

Comme le virus se transmet-il ?

Dans la plupart des situations, une personne atteinte du virus en contamine deux ou trois autres, dans un environnement souvent très proche. La transmission s’effectue à travers les gouttelettes qu’une personne malade projette lorsqu’elle tousse, éternue et plus rarement touche des objets. Ne flottant pas dans l’air et ne pouvant survivre hors du corps humain, même fixé sur des surfaces ou des matières, le virus meurt en quelques heures.

Bien que le risque soit drastiquement réduit, on peut parfois tomber malade en touchant un objet ou un vêtement qui a reçu des gouttelettes de salive ou de morve, mais c’est beaucoup plus rare. Les scientifiques ont mesuré qu’en moyenne, il faut rester une dizaine de minutes à grande proximité d’une personne contaminée pour être infecté à son tour.

Enfin, le virus n’est pas présent dans le sang et très rarement dans les selles.

Quels sont les symptômes ?

C’est un des grands problèmes de cette maladie : la plupart des symptômes sont d’une banalité déconcertante. Dans une telle situation, la meilleure solution consiste à garder la tête froide et à faire confiance à son intuition. Le délai d’incubation court de deux à dix jours, en moyenne cinq ou six.

Passée cette période, on commence par ressentir des douleurs à la gorge et avoir du mal à avaler, symptômes auxquels vient rapidement s’ajouter la toux, puis la fièvre. Certains médecins parlent aussi d’une congestion nasale sans écoulement, c’est-à-dire d’une impression de rhume sans nez qui coule.

On ressent éventuellement un désordre intestinal pouvant entraîner une diarrhée, ainsi que des frissons, des courbatures et des maux de tête. Enfin, le symptôme qui doit alerter le plus une personne malade reste la difficulté à respirer.

Dans une petite portion des cas, lorsque le virus dégénère, il entraîne une pneumonie, et dans une portion encore plus petite, celle-ci dégénère elle-même en « pneumopathie interstitielle », qui bloque complètement la respiration et peut provoquer la mort.

Existe-t-il un traitement ?

L’absence de traitement ou de vaccin spécifique est le second problème de ce nouveau virus, contre lequel les médecins sont forcés d’utiliser des succédanés ou des méthodes auxiliaires, comme la respiration artificielle ou l’oxygénation.

Dans le monde entier, des équipes de scientifiques se sont lancées dans la recherche d’un médicament et la fabrication d’un vaccin, mais ces procédures sont d’une durée extrêmement longue, puisqu’il s’agit de découvrir un agent capable de tuer le virus sans mettre en danger les individus, de procéder à des essais sur les animaux puis à des essais cliniques sur des malades. La fabrication d’un vaccin pourrait prendre de 18 mois à plusieurs années.

Existe-t-il des facteurs de risques ou d’aggravation ?

Les personnes les plus âgées ou atteintes de pathologies préalables semblent les plus à risques. Ce sont elles qui doivent faire l’objet d’une surveillance et d’une protection renforcées. Parmi les pathologies dangereuses, on compte par exemple les diabétiques insulinodépendants ; les patients aux antécédents cardiovasculaires (hypertension artérielle, AVC, opérations) ; les insuffisants respiratoires chroniques ; les personnes avec une immunodépression (comme le VIH) ; les individus obèses ; les femmes enceintes à partir du troisième trimestre, etc. Tous ces types de personnes font partie de l’écrasante majorité des cas de contamination entraînant un décès.

D’autre part, le gouvernement note que la prise d’anti-inflammatoires ou de corticostéroïdes par un individu infecté pourrait aggraver la maladie. Il faut donc se passer pendant toute la période épidémique de l’ibuprofène, c’est certain, et des autres médicaments dangereux, comme le nurofen, le naproxène, le diclofenac ou le Voltaren.

La catégorie du médicament est censée être indiquée sur les boîtes, mais en cas de doute, il est recommandé d’appeler un professionnel de santé. Si vous avez des maux de tête ou de la fièvre, les autres médicaments comme le paracétamol restent disponibles.

Crédit : Gerd Altmann

Qu’en est-il des « porteurs sains » ?

Les personnes asymptomatiques représentent le troisième problème majeur de cette épidémie. Une très grande proportion des individus infectés ne témoignent d’aucun symptôme ; plus de 80 % d’entre eux traversent une forme extrêmement bénigne de la maladie, ne ressentant que des indispositions légères de la gorge ou une toux vague et peu douloureuse, sans fièvre et sans difficulté à respirer.

Pire, les enfants semblent presque totalement immunisés contre le virus, ce qui veut dire qu’ils peuvent le porter et le transmettre, sans être le moins du monde inquiétés. C’est ce qu’on appelle des « porteurs sains » et ceux-ci seraient à l’origine de plus de la moitié des cas de transmission.

Face à l’afflux de malades, les porteurs sains ne peuvent pas être dépistés, ce qui rend la situation un peu plus périlleuse chaque jour. C’est pour cette raison que le virus est vraiment dangereux et que les recommandations médicales et gouvernementales doivent être respectées.

Quels sont les principaux « gestes barrières » ?

1. Se laver les mains le plus régulièrement possible, avec un gel hydroalcoolique ou du savon, et frotter pendant une bonne trentaine de seconde pour que ce lavage soit efficace.

2. Éviter à tout prix de projeter des gouttelettes de salive dans l’air, en toussant et en éternuant dans son coude ou dans un mouchoir.

3. Garder une distance d’au moins un mètre avec toutes les personnes qu’on rencontre et avec ses proches les plus faibles, en mettant fin aux poignées de mains, aux bises et aux embrassades.

4. Utiliser des mouchoirs à usage unique, laver de temps en temps les surfaces et les objets les plus utilisés dans la maison et ne pas utiliser les mêmes verres, couverts et vêtements que les autres personnes.

5. Quand on est malade, porter un masque peut être utile, ainsi que demeurer le plus possible isolé de ses proches et limiter au maximum les déplacements pendant 14 jours.

6. Respecter la période de confinement, en limitant ses déplacements aux strictes nécessités et en prenant l’air seul, à plusieurs mètres de distance de toute autre personne.

Que faire si l’on pense être malade ?

1. Si vous n’avez pas de symptômes et n’avez pas été en contact avec un cas avéré de Covid-19, alors soyez tranquilles, il n’y a presque aucune chance pour que vous soyez contaminé. Le tout est de garder la tête froide, en tentant de traverser sereinement la période difficile du confinement.

2. Si vous avez été en contact à un moment ou un autre avec une personne infectée, dans ce cas, surveillez deux fois par jour votre température et évitez les contacts rapprochés avec vos proches.

3. Si vous ressentez des symptômes similaires à ceux du Covid-19, c’est-à-dire plusieurs symptômes concordants en même temps, il est recommandé de consulter votre médecin, notamment par visioconférence, une procédure bien entendu remboursée.

4. Enfin, si et seulement si vous avez des difficultés à respirer ou faites un malaise, vous pouvez appeler le 15 (Samu), qui sera amené à vous prendre en charge.

Cependant, pour ne pas encombrer le réseau d’urgence, qui subit des masses très importantes d’appels, il est possible de composer un numéro vert dédié entièrement à l’information et disponible 24h/24 et 7j/7 : 0800 130 000. 

Si vous avez d’autres questions, plusieurs sites internet contiennent quantité de réponses :

Le site de l’Organisation mondiale de la santé : https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses

Le site du gouvernement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus#xtor=SEC-3-GOO-[{adgroup}]-[425080454353]-search-[gouvernement%20coronavirus]

France Culture : https://www.franceculture.fr/sciences/les-10-questions-que-vous-vous-posez-sur-le-coronavirus

Le Mondehttps://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/03/18/coronavirus-nos-reponses-a-vos-questions-sur-le-confinement_6033490_4355770.html

Franceinfo : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-franceinforepond-a-vos-questions_3873017.html

Bon courage pour cette période difficile !

19 mars 2020 - Augustin Langlade
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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