Les épandages de pesticides et fertilisants aggravent la propagation du coronavirus

La pollution aux particules fines est la plus dangereuse pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires.
1 avril 2020 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Chaque printemps, la pollution de l’air augmente à cause de l’épandage de pesticides dans les champs. Cette année, cette pollution risque d’aggraver la propagation du coronavirus. Des associations lancent un appel pour encadrer les épandages afin d’en limiter les effets néfastes.

Pollution de l’air et coronavirus

On a vu fleurir les études faisant le lien entre la pollution aux particules fines et la propagation du coronavirus. Si le confinement a permis de réduire la pollution liée au trafic routier avec une baisse spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, il n’a pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines, les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires.

« La pollution abîme les muqueuses des voies respiratoires et du poumon, ce qui fait pénétrer plus facilement les virus et, par agrégation, les particules fines et ultrafines véhiculent les virus au fond des voies aériennes. » détaille Isabella Annesi-Maesano, membre du collectif Air-Santé-Climat et directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm, pour Le Monde

C’est le collectif Air-Santé-Climat qui a été l’un des premiers à voir le danger des épandages de pesticides que le printemps allait amener. Soucieux de l’impact sur la pollution de l’air, il a interpellé l’Etat dans un courrier, adressé le 21 mars à l’ensemble des préfets, sur « la nécessité de limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus ».

Pesticides et pollution de l’air

En effet, chaque printemps s’accompagne d’une augmentation significative de la pollution de l’air liée aux épandages des pesticides dans les champs. Et justement, le weekend du 27 au 29 mars a vu cette tendance se confirmer, avec l’apparition de pics de pollution enregistrés dans plusieurs zones de France, qui comptent malheureusement parmi les plus touchées par le coronavirus.

Vendredi 27 mars, ce type de pollution a été enregistré sur le nord de la Bretagne, en particulier dans les départements des Côtes d’Armor, du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine. En cause : un mélange de conditions météorologiques « propices à l’accumulation des polluants, d’émissions locales de particules fines PM10, dont principalement les activités agricoles (épandage et émissions d’ammoniac générant des particules secondaires) et le chauffage (dont chauffage au bois). »

Le samedi 28 et dimanche 29 mars, Atmo Grand Est a lui alerté sur une pollution mixte avec une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote. L’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants. La pollution a dépassé le seuil de sécurité dans les départements des Ardennes, de la Marne, de l’Aube, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

Le champ sans pesticides de la Ferme Ursule en Vendée

Encadrer les épandages

Face au danger sanitaire, plusieurs associations appellent donc à encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus, comme l’association Eau & Rivières de Bretagne :

« Les épandages agricoles sont en partie responsables de la mauvaise qualité de l’air actuellement. Cet épisode de pollution amplifie la détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus. Nous demandons donc des mesures exceptionnelles de restriction d’épandage. En plus de fragiliser notre système immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales, la pollution de l’air amplifie la diffusion et la transmission des agents pathogènes tels que le coronavirusCes épisodes de pollution amplifientla détresse respiratoire des malades atteints du coronavirus et compliquent les soins qui leur sont apportés. »

« Nous voulons des coquelicots », quant à eux, s’inquiètent des conséquences sanitaires des épandages sur les personnes confinées dans des maisons attenantes à des champs concernés par ces pratiques agricoles. L’association, qui milite pour le retour des coquelicots, rappelle tout son soutien au monde paysan mais dénonce l’attitude du FDSEA 29 qui s’est déclaré opposé à une restriction des épandages, en raison du travail des agriculteurs pour nourrir la population en période de pandémie.

« Une manière comme une autre de détourner l’opinion d’une évidence : les pratiques agricoles industrielles sont massivement refusées par la société. Ce n’est pas en niant les faits que l’on pourra lutter efficacement contre le coronavirus. Face au drame actuel, nul n’est intouchable. Nous avons le droit et le devoir de continuer à parler haut et clair. Bien sûr, il faut préparer les récoltes et nourrir le pays. Mais on peut le faire sans se mettre la tête dans le sable. Oui, il va falloir changer. Ensemble. » proposent Les Coquelicots

Parmi les quelques préfets à avoir répondu au courrier du collectif Air-Santé-Climat, le préfet de Vendée a signalé que « l’alerte » avait été donnée à la région et au niveau national en précisant qu’une position nationale est nécessaire sur un sujet aussi important.

1 avril 2020 - Laurie Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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