Les cours d’eau français regorgent d’herbicides et d’insecticides

Les perturbateurs endocriniens peuvent interférer avec le système hormonal et engendrer différents troubles et pathologies : cancers des systèmes reproducteurs, obésité ou encore baisse du quotient intellectuel.
19 avril 2019 - Marine Wolf
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Glyphosate, chlordécone, atrazine… l’omniprésence de ces produits toxiques se trouve révélée par une étude inédite réalisée par Générations futures. L’association spécialiste de la lutte contre les pesticides démontre qu’en moyenne plus de 41 substances actives de pesticides ou de métabolites supposés perturbateurs endocriniens (PE) sont présents dans les lacs et les rivières.

Tête de liste

Le glyphosate, désherbant phare de Monsanto, figure en tête de la liste des substances les plus répandues. 37 départements sont contaminés, y compris Paris, où la présence de glyphosate a été constatée dans la Seine.

Suivent deux autres herbicides, l’atrazine-Déséthyl (quantifié dans 30 départements) et le métolachlore (dans 15 départements). Alors même qu’ils ont été interdits en 2003, ils continuent de polluer l’environnement, tout comme le chlordécone. Cet insecticide répandu massivement aux Antilles jusqu’en 1993 contamine depuis des décennies les rivières de Martinique et de Guadeloupe.

Crédit Photo : Tyson Dudley

Impact sur la nature et la santé

Toutes ces molécules portent directement atteinte aux écosystèmes. La faune aquatique se voit gravement touchée, comme l’a montré en 2010 une étude de l’université de Berkeley sur les grenouilles : l’herbicide atrazine perturbe le développement des mâles, qui se féminisent jusqu’à parfois devenir hermaphrodites.

Quant à l’impact sur la santé, il est aussi évident. Les perturbateurs endocriniens peuvent interférer avec le système hormonal et engendrer différents troubles et pathologies : cancers des systèmes reproducteurs, obésité ou encore baisse du quotient intellectuel.

Eau potable contaminée

Leur présence dans les cours d’eau constitue également « un risque de contamination des ressources en eau potable » souligne Générations futures. D’abord parce que les stations d’épuration ne filtrent pas complètement l’eau distribuée. Ensuite parce que certaines régions comme la Bretagne, où les nappes phréatiques sont particulièrement polluées par l’agriculture intensive, tirent leur eau de consommation des réserves d’eau en surface.

Regroupant des données sur l’ensemble de la France Métropolitaine ainsi que sur quelques départements d’outre-mer, l’étude offre une vision globale de cette pollution. Une série de cartes, disponibles sur le site de Générations futures, permet de distinguer les endroits les plus touchés.

19 avril 2019 - Marine Wolf
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