La France assiste à une nouvelle mobilisation lycéenne d'envergure portée par l'Union syndicale lycéenne ce mardi 6 octobre. Le système éducatif français est au bord de l'implosion, sabordé par les choix budgétaires d'Emmanuel Macron et de son gouvernement.
Une situation critique
La colère de la jeunesse est légitime. C’est une réaction à la violence institutionnelle infligée à l’École publique depuis des années.
À la rentrée, 53 % des collèges et lycées publics manquaient d’au moins un professeur, selon le Snes-FSU. Au lieu de combler ces gouffres, l’exécutif accélère la casse : après la suppression de 4 000 postes d’enseignants en 2026, la suppression de 1 588 postes a été annoncée pour 2027. Ces suppressions ont des conséquences directes sur les jeunes qui déplorent le non remplacement de leurs professeurs démissionnaires ou en congés.
« L’an dernier, on n’a pas eu de prof de français pendant 6 mois alors qu’on avait le bac à la fin de l’année ! », se scandalise un lycéen lors d’un blocus.
La crise ne se limite pas aux enseignants : tous les piliers de l’encadrement et de la vie scolaire s’effondrent. Un collège ou un lycée sur 3 manque d’au moins un assistant d’éducation (AED), tandis que les infirmières scolaires, les Conseillers principaux d’éducation (CPE) et les AESH (Accompagnant d’élève en situation de handicap) manquent cruellement à l’appel pour accompagner des jeunes en difficulté.
La réalité de certaines salles de classe est déplorable. La moyenne des effectifs a atteint 30 élèves par classe en 2025, contre 28 entre 2000 et 2010. À cela s’ajoute un parc immobilier à l’abandon puisque les deux tiers des sites scolaires datent d’avant 1970.
Au total, 10 % des écoles, collèges et lycées affichaient un état de vétusté important en 2023. Plafonds qui s’effritent, manque de tables et de chaises, toilettes insalubres, cafards, températures glaciales l’hiver et étouffantes l’été…
De nombreux lycéens, notamment ceux des banlieues périphériques de Paris, dénoncent une inégalité de moyens par rapport aux lycées de la grande ville. « On est complètement abandonnés dans les banlieues, on veut juste les mêmes conditions d’étude que les autres ! », déplore une lycéenne de Seine Saint Denis.
L’État fait la sourde oreille
La France truste le sommet des classements PISA pour ses inégalités sociales massives, actant un modèle éducatif qui reproduit et renforce les classes sociales au lieu de renforcer l’égalité des chances.
Ces conditions d’étude désastreuses, couplé à l’augmentation du niveau de la vie, à la crise écologique et aux tensions géopolitiques entraînent un mal-être profond.
La santé mentale des élèves et étudiants est alarmante :
- 20 % des lycéens et 15 % des collégiens déclarent ressentir un isolement profond.
- 24 % des adolescents ont eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois.
- 26 % des étudiants tirent la sonnette d’alarme sur des fins de mois impossibles.
- Pour 86% des jeunes interrogés, la plateforme Parcoursup est une source d’anxiété immense.
Voici leurs revendications :
- l’abrogation de Parcoursup avec l’ouverture de dizaines de milliers de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur
- un plan d’urgence pour le bâti
- un plan d’embauche massif de professeurs pour agir sur les 10% d’heures non remplacées
- l’embauche d’infirmières et de psychologues scolaires, et un statut spécial pour les AESH
- la réforme des temps scolaires
Après avoir attendu 10 jours pour recevoir les organisations syndicales et lycéennes, « l’exécutif n’a rien proposé de concret sur aucune de ces demandes », dénonce l’Union Syndicale Lycéenne.
En parallèle, une répression policière ultra violente et disproportionnée s’est déployée sur les blocus et attroupements lycéens.
Des années de politiques d’austérité détruisent les services publics, et l’éducation en est l’un des piliers les plus fragilisés.
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