Après trois ans de plaidoyer, les Premières Nations du Canada ont obtenu la restitution de 62 artefacts sacrés, dont un rare kayak inuit en peau de phoque, volés il y a plus d’un siècle. Ils étaient conservés dans les musées et réserves du Vatican.
Le pape Léon XIV a tenu la promesse faite par son prédécesseur François, en 2022, lors d’un voyage au Canada. Il avait présenté des excuses historiques pour le génocide commis dans les pensionnats autochtones gérés par l’Église au Canada.
La collection d’artefacts autochtones du Vatican a été constituée à une époque où l’identité des peuples autochtones du Canada était effacée par une législation interdisant les pratiques culturelles et imposant la fréquentation obligatoire des pensionnats gérés par l’Église, conçus pour « tuer l’Indien en l’enfant ».
L’émotion était donc vive parmi les Premières Nations. Leur chef nationale, Cindy Woodhouse Nepinak, a salué le retour des objets sacrés comme un « moment important et émouvant pour de nombreuses Premières Nations à travers le pays ».
Elle a toutefois reconnu que le long processus de réconciliation se poursuit. « Nous avons parcouru beaucoup de chemin, mais il nous en reste encore beaucoup à faire. »
Il n’existe aucun inventaire public des biens rapatriés, qui ne représentent qu’une petite partie des milliers d’objets autochtones datant de l’époque coloniale et conservés au Vatican. La restitution de ces artefacts s’inscrit dans un contexte où, partout dans le monde, de plus en plus de musées restituent à leurs pays d’origine des objets de leurs collections volés ou potentiellement acquis par la violence.
Cody Groat, professeur adjoint d’histoire et d’études autochtones à l’Université Western, au Canada, a déclaré qu’il était « prometteur de voir le Pape prendre des mesures aussi significatives si tôt dans son pontificat, ce qui, espérons-le, ouvrira la voie à des relations renouvelées entre l’Église catholique et les peuples autochtones, tant au Canada que dans le monde entier. »
Les artefacts seront examinés au Musée canadien de l’histoire à Gatineau, au Québec, près d’Ottawa, avant que les dirigeants autochtones ne leur trouvent de nouveaux lieux d’exposition. Leur retour revêt une profonde signification pour de nombreux peuples autochtones du Canada, qui les considèrent comme des « ancêtres culturels dotés d’une conscience et d’une vie propres », a décrypté Groat.
En réintégrant les Premières Nations, ces artefacts vont contribuer à la continuité et à la revitalisation de leurs pratiques culturelles.
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