Derrière l’ascension de l’extrême droite en France, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Fondateur de l’entreprise SmartBox, il s’est livré dans une rare interview au New-York Times sur la façon dont il souhaite contrôler la France, tout en étant lui-même exilé fiscal en Belgique depuis 14 ans. Et son programme fait froid dans le dos…
Pierre-Edouard Stérin a décidé de fuir la France il y a 14 ans pour payer moins d’impôts. Mais de Belgique, il a dépensé des centaines de millions d’euros pour imposer ses idées dans tout le pays, et faire progresser l’extrême droite.
Ses inspirations : le soutien de George Soros aux causes libérales et Trump. M. Stérin rêve d’une France encore plus capitaliste, socialement conservatrice – et anti-immigration. Il veut interdire le voile dans l’espace public et la nourriture halal dans les cantines.
« Sur la question de l’immigration, je suis encore plus à droite que l’extrême droite », a déclaré M. Stérin au New York Times, qui considère également le programme économique du Rassemblement national comme trop « étatique ».
« Fervent partisan de la concurrence », son programme est anti-social : réduire drastiquement les impôts, démanteler le système de protection sociale, privatiser l’éducation et les soins de santé, et supprimer le financement public de la culture.
Pire, Stérin veut interdire l’avortement, dont l’accès est pourtant inscrit dans la Constitution française depuis deux ans ; et encourager davantage de couples français à avoir des enfants. Derrière cette politique nataliste raciste : un fanatisme religieux.
Ainsi, Stérin veut accroître la fréquentation des églises catholiques et finance des projets chrétiens dans l’espoir d’obtenir une possible canonisation, malgré le fait que ses positions sur l’immigration soient en contradiction avec celles du pape Léon XIV.
Stérin a trouvé la foi il y a une dizaine d’années. Il s’est converti au catholicisme, a-t-il expliqué, afin d’avoir un cadre moral pour distinguer « le bien du mal ». Il déclare prier « seulement six minutes » tous les jours. Stérin veut couper les vivres à ses enfants une fois leurs études terminées, et promet de verser 99 % de sa fortune « au service du Christ » s’il obtient la canonisation.
Avec le Common Good Fund, il finance des projets comme un internat catholique pour garçons – le premier des 50 que le fonds espère lancer – et des expositions sur des figures chrétiennes françaises comme Jeanne d’Arc. On sait que 35 millions de dollars ont été versés à « des œuvres caritatives ou de dépenses connexes ». Le directeur général du fonds, Edward Whalley, a indiqué qu’environ 116 millions de dollars supplémentaires avaient eux été versés à des entreprises privées, mais on ne sait pas lesquelles, ni dans quel but.
C’est pour avoir une France blanche et chrétienne que Stérin a décidé de se mêler de politique en créant le Fonds Périclès. Elle soutient des think tanks opposés à l’immigration et à l’idéologie « woke », des médias d’extrême droite comme Valeurs Actuelles, des influenceurs sur les réseaux sociaux et des groupes opposés à l’islamisme.
L’un des principaux bénéficiaires des fonds de Périclès est Politicae, une école de formation pour aspirants politiciens municipaux d’extrême droite. Stérin déclare avoir financé la formation d’au moins 4000 candidats d’extrême droite aux élections municipales. Politicae a refusé de donner leur identité. Sont but : faire élire des sénateurs français favorables à son idéologie, et promulguant des lois qui vont dans son sens.
Face à cette ingérence privée dans la république Française, une commission d’enquête parlementaire a été ouverte avec Colombe Brossel, sénatrice socialiste à sa tête.
L’an dernier, la fortune de M. Stérin était estimée à 1,85 milliard de dollars. Si le milliardaire arrive à imposer l’extrême droite en France, il ne prévoit pourtant pas de rentrer dans le pays. Stérin rêve plutôt de s’installer aux États-Unis.
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