C’est une jolie découverte sur le génie végétal. Des chercheurs ont démontré que l’écorce des arbres abrite des milliers de milliards de bactéries. Ces dernières absorbent du méthane, de l’hydrogène et du monoxyde de carbone pour vivre, participant à la régulation du climat.
Les arbres, à travers le processus de photosynthèse, absorbent du CO₂ via leurs feuilles. Si ce mécanisme est connu depuis le début du XIXe siècle, des chercheurs de l’université Monash et de l’université Southern Cross, en Australie, viennent d’apporter une nouvelle pierre à notre compréhension du rôle des arbres dans le cycle des gaz à effet de serre.
Le dernier numéro de la revue Science, présente la manière dont l’écorce des arbres, via les bactéries qu’elle contient, module les flux de gaz à effet de serre dans les forêts australiennes.
Les chercheurs ont prélevé des échantillons d’écorce sur huit espèces d’arbres présents en Australie. Ils y ont découvert d’abondantes populations microbiennes, estimées à près de 6 000 milliards de cellules par mètre carré d’écorce.
Ils rappellent que la surface totale de l’écorce des arbres représente une superficie comparable à la surface totale des terres émergées de la planète.
L’analyse du contenu génétique des échantillons a notamment révélé la présence de micro-organismes capables de consommer de l’hydrogène, du monoxyde de carbone et du méthane, un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement à court terme est environ 80 fois supérieur à celui du CO₂.
Mais selon les espèces d’arbres, leur localisation, la composition de leur microbiote et les conditions environnementales, les communautés microbiennes présentes dans l’écorce peuvent être soit consommatrices, soit productrices de gaz à effet de serre. Les chercheurs montrent que ce microbiote module notamment les flux de gaz en fonction de la disponibilité en oxygène.
« L’ensemble de ces résultats suggère que les arbres et leur microbiote contribuent à la régulation des cycles atmosphériques globaux et devraient être pris en compte dans les modèles biogéochimiques, la gestion forestière et les efforts de conservation », estiment donc les scientifiques.
Cette étude rappelle à quel point les arbres sont importants dans le maintien des écosystèmes, et nous montre une nouvelle fois l’ingéniosité du monde végétal.
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