L’ultra fast fashion est pour l’instant exonérée de taxes. Face à cette concurrence déloyale pour les commerçants, le gouvernement français veut taxer de 2 euros chaque colis en provenance d’un pays extra-européen. Parmi les plateformes visées : SheIn et Temu.
Les plateformes de vente en ligne sont dans le viseur de l’Union Européenne et du gouvernement français. Jeudi 13 novembre, les ministres des Finances de l’Union européenne ont validé la suppression de l’exonération de droits de douane pour les colis de moins de 150 €.
Cette réforme attendue depuis longtemps entrera en vigueur dès 2026, avec une montée en charge progressive jusqu’en 2028. Le gouvernement français, lui, veut aller plus loin en ciblant spécifiquement les sites d’ultra fast-fashion comme Temu et Shein.
L’objectif : rendre moins attractifs ces modèles basés sur le volume, les prix cassés et l’optimisation fiscale à outrance. Contrefaçons, articles indécents comme des poupées pédopornographiques ou des machettes, les plateformes de e-commerce inondent l’Europe de produits à l’impact écologique et sociétal désastreux.
En 2024, l’Europe a reçu 4,6 milliards de colis contre 1,4 milliard en 2022, dont 91% provenant de Chine. Marc Ferracci, ancien ministre de l’Industrie et de l’Énergie, indiquait à Ouest-France en mai 2025, que « le nombre de colis arrivant sur le territoire français a doublé entre 2023 et 2024. On est passé de 400 millions à 800 millions de colis. C’est une véritable submersion et l’inquiétude est légitime ».
En juin, la Confédération des commerçants de France, accompagnée de plus de 230 enseignes et détaillants, avait appelé au déréférencement, voire au blocage, de Shein, Temu et AliExpress, dénonçant leur impact destructeur sur l’économie locale, la planète et le tissu commercial français. Récemment, l’ouverture d’un SheIn en plein Paris a rencontré une vive opposition.
L’entreprise SheIn a également été condamnée à trois amendes d’un total de 191 millions d’euros au cours des derniers mois, pour non-respect de la législation sur les cookies numériques, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.
Cette taxe de 2 euros va être débattue dans l’article 22 du projet de loi de finances et pourrait rapporter 1,6 milliard d’euros chaque année. Certains députés estiment qu’il faut aller plus loin avec une taxe à 5 voire 10 euros par article.
La France serait la première à créer une telle taxe. Pour qu’elle ait de l’impact, il faudrait que les voisins européens de l’Hexagone l’appliquent eux aussi, afin d’éviter que les colis n’y transitent pour échapper aux frais supplémentaires.
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