Les lycéens, des professeurs et des syndicats ont pris la rue ce mardi 6 octobre. Selon les organisations lycéennes et la CGT, 450 000 personnes se sont mobilisées dans toute la France, dont 100 000 à Paris. Ils ont obtenu une première inflexion du gouvernement.
Une mobilisation historique
Pour Sophie Binet, dirigeante de la CGT, cette journée de mobilisation « démontre qu’il y a une nouvelle amplification de la mobilisation des jeunes ».
Selon l’USL, 1800 lycées ont été bloqués ou arrêtés en France : « c’est historique ! », se réjouissent-ils. « Dans tout le pays, les syndicalistes ont été nombreux à se placer en protection et en soutien. La lutte continue jusqu’à la victoire ! »
Les lycéens appellent à se mobiliser lors de la grande journée inter-luttes du 17 octobre, dans toute la France.
Un premier infléchissement du gouvernement
Les lycéens réclament de meilleures conditions d’étude et la fin de Parcoursup, qui amplifie la sélection sociale pour l’accès aux études.
Face à la mobilisation, Sébastien Lecornu a aujourd’hui appelé à une « réponse politique » au mouvement lycéen. Il a notamment promis de « corriger tout ce qui était possible » de Parcoursup.
Il va suspendre les cours dans les lycées, dès mercredi matin, « pour un moment de démocratie interne » dans les établissements scolaires. Les différents recteurs et directeurs académiques des services de l’Education nationale devront faire remonter les revendications.
Vers un nouveau Mai 68 ?
Plusieurs observateurs ont comparé la journée de mobilisation à Mai 68, dont la colère sociale avait commencé par une fronde étudiante. Plus récemment, en 98, les lycéens descendaient massivement dans la rue.
Profs absents, classes surchargées et locaux dégradés : parti de Nîmes, le ras-le-bol avait réuni jusqu’à 500 000 élèves dans toute la France et contraint le ministère à débloquer un plan d’urgence.
Ce qu’ils avaient obtenu : des moyens pour rénover, 3 000 postes d’enseignants mieux répartis, 10 000 emplois-jeunes pour l’encadrement, programmes allégés et emplois du temps élaborés avec les lycéens.
Une répression policière hors-norme
Le policier auteur du tir de lance-grenade qui a grièvement blessé au visage Eden, 14 ans, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise) la semaine dernière en marge du mouvement lycéen, a été mis en examen mardi pour violences, a annoncé le procureur de Pontoise.
L’agent de police, mis en examen pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie de mutilation ou d’infirmité permanente », a été placé sous contrôle judiciaire et est interdit d’exercer ses fonctions jusqu’à nouvel ordre, a précisé le parquet.
En 98, la répression policière n’était pas aussi grave. Mais cette répression, complètement choquante, est aussi ce qui a motivé de nombreux parents, professeurs, syndicats et élus à se tenir aux côtés de la jeunesse aujourd’hui.