L'Observatoire des Médias sur l'Ecologie (OME) a publié son dernier rapport sur la presse écrite française. Malgré la recrudescence des défis posés par le dérèglement climatique, l'environnement reste trop peu couvert par la presse écrite, et particulièrement la presse quotidienne régionale.
L’Observatoire des Médias sur l’Écologie (OME) est un consortium de huit structures (Data for Good, Éclaircies, Eleven strategy, Expertises Climat, Mediatree, Plus de climat dans
les médias ; QuotaClimat et Science Feedback). Ce 26 février 2026, il dévoile son analyse des enjeux environnementaux de la presse écrite française, quinze mois après l’audiovisuel.
Pour cette analyse, l’Observatoire des Médias sur l’Écologie a suivi en temps réel la place accordée aux enjeux écologiques – changement climatique, érosion de la biodiversité, raréfaction des ressources – dans 55 titres de presse : quotidiens nationaux, presse régionale, magazines d’information et l’AFP.
Le périmètre de l’analyse couvre : 100 % de la presse quotidienne nationale, 61 % de la presse quotidienne régionale, à l’exception notable de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, ainsi que 7 magazines d’information.
En voici les principales conclusions :
- En 2025, 6 % des articles de presse ont couvert les enjeux environnementaux. C’est une moyenne : ce chiffre est de 8,1 % pour la presse nationale (presse quotidienne ou magazine) et de 4,6 % pour la presse quotidienne régionale. Pour la télévision et la radio, cette moyenne est de 5 %.
- La couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite est plus élevée au quotidien et moins soumise à l’actualité chaude (canicules, inondations…) que dans les médias audiovisuels.
Fait notable, ce sont les quotidiens économiques (La Tribune : 21%, Les Echos : 14%) qui couvrent le plus les questions environnementales, grâce à un traitement plus transversal – au sein de plusieurs rubriques.
Les titres généralistes qui ont la couverture la plus élevée : Le Monde (10,4%) et Libération (9,5%). Les titres qui en parlent le moins : Marianne (4,5 %) et le Journal du Dimanche (3,3 %).
En revanche, en presse quotidienne régionale, la part moyenne d’articles consacrés à l’environnement est inférieure par rapport à celle des titres de presse nationale. Les titres qui se démarquent : Nice-Matin (6,7%), Var-Matin (6,2%) et Le Populaire du Centre (6,2%).
Le traitement est également très différent d’une rédaction à l’autre. « Ainsi, la mise en contexte lors d’événements climatiques extrêmes (qui consiste à expliquer le rôle éventuel du changement climatique lors d’une canicule ou lors d’une inondation, par exemple) varie fortement entre rédactions », précise rapport.
Si le lien entre catastrophes naturelles et changement climatique est évoqué dans 50 % des cas par les principaux titres de la presse nationale (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Obs, etc.), ce constat n’est fait que par 20% des cas couverts dans la presse quotidienne régionale.
Sur les récentes inondations vécues sur l’ouest de la France, seuls 8% des articles de PQR mentionnent le changement climatique (4 fois moins que la presse nationale) et 3% des articles mentionnent les causes du changement climatique (6 fois moins que la presse nationale).
Signe que ce défi existentiel peut paraître trop angoissant aux yeux de leurs lecteurs ? En-dehors des périodes d’événements météorologiques extrêmes, les solutions pour répondre aux crises environnementales sont près de 5 fois plus couvertes dans la presse écrite que les conséquences.
Certains médias participent également à la criminalisation des protecteurs de l’environnement. C’est le cas du Journal du Dimanche, de Marianne et Le Point : les trois médias de presse écrite à utiliser le plus souvent un vocabulaire “péjoratif” lié à l’écologie comme « Ayatollah vert », « écologie punitive » ou « khmer vert ».
En résumé, « à l’image de l’audiovisuel, la couverture des enjeux environnementaux par la presse écrite reste faible ».
Un constat qui rappelle l’importance de soutenir les médias traitant des sujets écologiques, afin de préparer au mieux les territoires à leurs bouleversements futurs.
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