Coronavirus : vers un cessez-le-feu mondial

Notre ennemi commun n’a pas de cerveau, pas de stratégie sur laquelle nous pouvons influer. Il ne traite pas avec des nations ou des groupes, mais avec des corps. C’est justement pour cela qu’il est un candidat idéal d’union.
1 avril 2020 - Sarah Roubato
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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S’il y a deux mois on avait donné comme sujet de dissertation : « Qu’est-ce qui peut arrêter une guerre ? », nul doute que les crayons auraient hésité bien longtemps avant de pouvoir risquer une réponse. Aujourd’hui, la crise sanitaire mondiale que nous vivons, par son ampleur, son urgence et les mesures exceptionnelles qu’elle suscite, est en train de faire bouger les lignes là où des années de diplomatie et de pressions internationales échouent.

On aurait pu croire que l’appel du secrétaire général de l’ONU pour un « cessez-le-feu immédiat partout dans le monde », serait passé comme… un appel du Pape. Pourtant, au Yémen, on apprend que les rebelles Houthis et le gouvernement yéménite annoncent la tenue d’une réunion d’urgence pour envisager cette possibilité. Même scénario en Syrie, où les forces démocratiques syriennes ont soutenu le cessez-le-feu.

À l’origine de ces initiatives, des pressions diplomatiques dont la France serait l’instigatrice. Oui cette même France dont le président déclare que nous sommes en guerre contre un virus. Si le mot peut être utilisé comme hyperbole pour mobiliser l’entente nationale et justifier des mesures exceptionnelles, la réalité de la guerre, est toujours combattue.

Un projet de résolution est en préparation pour être présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies afin d’encourager à la coopération internationale. Si cette assemblée ne peut faire adopter de mesure contraignante, elle peut faire pression sur le conseil de sécurité pour encourager une résolution, c’est à dire une décision ayant vocation d’apporter une solution à un problème concernant le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Les Montagnes Haraz au Yémen – Crédit : yeowatzup

Il est bien connu que rien n’est plus efficace qu’un ennemi commun pour unir les gens et les peuples. Lors des discussions houleuses entre les membres du Congrès Continental, c’est bien la dureté du roi de l’empire britannique, King George, qui précipita la nécessité d’une déclaration commune d’indépendance et la séparation des États-Unis. Toute l’histoire des décolonisations montre que les oppositions entre peuples, ethnies, groupes sociaux ou religieux, sont momentanément suspendus tant qu’il faut combattre le colon.

Mais notre ennemi commun n’a pas de cerveau, pas de stratégie sur laquelle nous pouvons influer. Il ne traite pas avec des nations ou des groupes, mais avec des corps. C’est justement pour cela qu’il est un candidat idéal d’union.

Les pays et les gouvernements peuvent desserrer les vis et faire tomber les pressions, car avec cet ennemi, on ne discute pas. On ne pourra pas leur reprocher de s’être couchés devant des intérêts d’autres puissances. Ainsi le virus parvient à modifier les politiques intérieures de chaque pays, à suspendre les conflits et à paralyser les économies.

Si le virus en lui-même ne fait pas attention s’il a affaire à un corps riche ou pauvre, travailleur ou cadre, africain ou européen, en revanche nous ne sommes pas armés de la même manière pour lui faire face. Comprenant que les pays émergents ne pourront pas faire face à la récession mondiale qui se profile, le G20 prépare un plan d’aide massive. Les milliards vont être injectés, le FMI et la Banque Mondiale font faire tourner la planche à billets.

Si les détails sont encore à connaître, ce qui apparaît déjà et clairement, c’est que les États sont tout à fait capables, tant sur le plan politique qu’économique, de remédier aux déséquilibres mondiaux, quand ils le jugent nécessaires. À voir si les peuples sauront, quand la relance sera là, exiger d’eux cette même disposition pour faire respecter leurs droits fondamentaux.

1 avril 2020 - Sarah Roubato
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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