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Ce biologiste a sauvé 9 espèces de l’extinction dont 4 d’oiseaux

Aux détracteurs qui considèrent que la sauvegarde d’une seule espèce est bénigne ou trop onéreuse, Carl Jones répond que « Préserver une espèce fait revivre un acteur qui exerce une fonction - pâturage ou nettoyage - dans un écosystème. Lorsque vous sauvez une espèce individuelle, vous vous occupez en fait de tout le système. »
1 février 2019 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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Face à la sixième extinction de masse, certains scientifiques quittent leur posture d’observateur et agissent directement sur le terrain. C’est le cas de Carl Jones, biologiste, qui a sauvé neuf espèces de l’extinction dont quatre oiseaux. En France, la LPO œuvre aujourd’hui pour sauver l’Outarde Canepetière de l’extinction.

La sauvegarde des oiseaux de l’Ile Maurice

Alors qu’une espèce d’oiseau sur huit est menacée d’extinction, le travail du biologiste Carl Jones est une véritable source d’inspiration et d’espoir. En 2016, ce scientifique alors âgé de 61 ans a reçu l’Oscar des Défenseurs de l’Environnement, le prix d’Indianapolis, pour son incroyable travail de conservation sur l’Ile Maurice pour lequel il a dédié une large partie de sa vie. Le faucon crécerelle mauricien, le pigeon rose, la perruche de Maurice et la rousserolle de Rodriguez sont toujours vivants grâce à ce scientifique opiniâtre.

Lorsqu’il est arrivé sur l’Ile Maurice à l’âge de 24 ans, il ne restait plus que quatre faucons crécerelles mauriciens à l’état sauvage, ce qui en faisait l’oiseau le plus rare sur Terre. Aujourd’hui, il y a 400 individus à l’état sauvage. Carl Jones a bousculé les méthodes classiques de la conservation d’espèce en agissant directement sur le terrain, parfois à l’instinct. Il a ainsi influé sur les facteurs limitatifs de la population d’une espèce : nourriture, sites de nidification, compétition, prédation, maladie.

« En cas de pénurie de nourriture, vous commencez à les nourrir. En cas de pénurie de sites de nidification, vous installez des nichoirs. Vous n’avez pas besoin d’étudiants au doctorat sans fin pour étudier une espèce pendant 20 ans. » a-t-il confié à The Guardian

Pour sauver le faucon crécerelle mauricien, il est intervenu sur la fécondité des oiseaux en enlevant les œufs pour inciter les femelles à pondre une seconde couvée. Il a fait éclore les œufs capturés en captivité avant de les relâcher dans la nature, en s’assurant que les faucons libérés seraient capables de se nourrir eux-mêmes.

Crédit Photo : Capture d’écran Carl Jones

Aux détracteurs qui considèrent que la sauvegarde d’une seule espèce est bénigne ou trop onéreuse, Carl Jones répond que « Préserver une espèce fait revivre un acteur qui exerce une fonction – pâturage ou nettoyage – dans un écosystème. Lorsque vous sauvez une espèce individuelle, vous vous occupez en fait de tout le système. »

Sauver un oiseau français

En France, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) œuvre chaque jour pour protéger nos volatiles. Elle mène en ce moment une grande campagne nationale pour sauver l’Outarde canepetière de l’extinction. Inconnu du grand public, cet oiseau est pourtant emblématique des plaines françaises. Extrêmement difficile à observer, il niche dans les prairies sèches.

Crédit Photo : Capture d’écran Carl Jones

En France, il y a deux populations distinctes : l’une sédentaire qui réside sur le littoral méditerranéen, et une migratrice qui se reproduit dans les plaines d’agriculture intensive du Centre-Ouest de la France. C’est cette population migratrice qui est aujourd’hui au bord de l’extinction.

L’Outarde canepetière connaît un déclin spectaculaire en France : la population migratrice a vu ses effectifs chuter de presque 6000 mâles chanteurs en 1978, à 310 en 2018, soit une diminution de 94% de la population en 40 ans ! Plusieurs facteurs ont causé l’effondrement de cette espèce :urbanisation des terres agricoles, étalement urbain, intensification de l’agriculture, utilisation massive des pesticides qui détruit sa nourriture, la fauche de plus en plus précoce des surfaces enherbées où elle niche, population vieillissante des mâles et raréfaction des femelles.

« La disparition de cette espèce pose une vraie question sur l’empoisonnement de notre environnement quand on voit qu’elles disparaissent car il n’y a plus d’espaces favorables à la biodiversité. En protégeant la nature il faut être clair, on se protège aussi nous-mêmes derrière. Quand des milieux disparaissent, c’est nous qui nous tuons à petit feu. » Nicolas Gendre Ornithologue, animateur du second plan national d’action pour la sauvegarde l’Outarde canepetière

Afin d’éviter l’extinction de l’espèce, la LPO met en place des Mesures Agro Environnementales avec les agriculteurs pour que ceux-ci respectent des protocoles agricoles en accord avec le rythme de vie de l’oiseau et mettent en place des prairies dans lesquelles elles puissent nicher. Un deuxième axe de travail est le repérage et la protection des couvées, mesure fastidieuse pour laquelle il faut parcourir des hectares et des hectares de champ afin de repérer les oiseaux qui y vivent. Pour gagner du temps par rapport à la recherche à pied et moins perturber les oiseaux, les équipes de la LPO veulent s’équiper d’un drone équipé d’une caméra thermique haute définition.

« Sauver une espèce est un travail qui doit être effectué avec tous les acteurs du territoire. L’Outarde canepetière est une espèce parapluie. Quand on agit pour elle, on agit aussi pour les autres espèces comme la Perdrix Grise qui dépend du même type d’habitat et de nourriture. » Nicolas Gendre, Ornithologue, animateur du second plan national d’action pour la sauvegarde l’Outarde canepetière

La LPO travaille actuellement à la rédaction d’un troisième plan national d’action pour sauver l’Outarde Canepetière. Espérons que l’espèce connaisse le même rebond que le faucon crécerelle mauricien.

1 février 2019 - Laurie Debove
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