Suite aux attaques racistes subies par son nouveau maire, Bally Bagayoko (La France insoumise, LFI), des milliers de personnes se sont réunies à Saint-Denis, samedi 04 avril, pour soutenir leur édile.
Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) contre le racisme. « Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire », a lancé à la foule M. Bagayoko.
Le nouveau maire a été victime d’une campagne de haine, dont des propos racistes tenus sur CNews. Le philosophe Michel Onfray a notamment qualifié Bally Bagayoko de « mâle dominant », déclarant « on n’est pas dans une tribu primitive ».
En réaction, le nouveau maire insoumis a porté plainte, jeudi, pour « injures publiques » à caractère raciste, entraînant l’ouverture de deux enquêtes. Bally Bagayoko estime que ces attaques ne sont pas anodines, et s’inscrivent dans un contexte plus large lié au racisme et à l’héritage colonial en France.
« Nous sommes aujourd’hui extrêmement nombreux (…). Nous n’avons pas peur de l’extrême droite, la lutte contre le racisme est une lutte que nous allons gagner. Nous sommes la France ! » a-t-il lancé lors du rassemblement de samedi.
De nombreuses personnalités politiques de gauche étaient également présentes dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou pour LFI, ainsi qu’une délégation socialiste. En revanche, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, et le secrétaire national du Parti communiste (PCF), Fabien Roussel, n’ont pas fait le déplacement. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, était, elle aussi, absente pour raisons médicales.
Ce rassemblement s’est tenu sur le parvis de l’hôtel de ville de cette ville populaire de banlieue, la deuxième plus grande d’Ile-de-France après Paris. « Je ne suis que celui, en fin de compte, par lequel les stigmates ont été posés, mais avant moi, il y a beaucoup d’habitants et d’habitantes qui en ont été victimes », a souligné M. Bagayoko, en préambule du rassemblement.
Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire : « On veut plein de maires noirs contre la peste brune », sous les slogans « La jeunesse emmerde le Front national ! » ou encore « Siamo tutti antifascisti ! » (« nous sommes tous des antifascistes », en italien).
Bally Bagayoko a aussi vivement critiqué l’absence de réaction du président de la République, qu’il qualifie de « silence scandaleux ».