Pendant qu’on nous répète qu’il faut se serrer la ceinture, les grandes entreprises françaises cotées en Bourse ont distribué 61 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires entre avril et juin 2026, selon le gestionnaire d’actifs Janus Henderson Investors. Le pays se place ainsi deuxième au niveau mondial, derrière les Etats-Unis.
C’est le montant le plus élevé d’Europe au deuxième trimestre 2026, devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars), l’Italie (17,5 milliards) et l’Espagne (13,2 milliards). La France occupe même la deuxième place mondiale, juste derrière les États-Unis (177,2 milliards).
Sanofi a été le plus généreux au deuxième trimestre avec quelque cinq milliards d’euros reversés à ses actionnaires en bourse. AXA arrive en deuxième position avec 4,9 milliards d’euros. Bolloré est troisième avec 4,2 milliards.
Dans sa chronique sur La Dernière, la comédienne Audrey Vernon fustigeait le fait que « le groupe SANOFI ait perçu 1 milliard d’euros d’aides publiques (notamment via le Crédit d’impôt recherche) tout en supprimant des milliers de postes de chercheurs au cours des dernières années ».
Depuis septembre, les lycéens et étudiants se mobilisent contre le manque de moyens : postes supprimés, locaux dégradés, classes surchargées, avenir incertain.
Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, la dépense moyenne par étudiant a encore reculé de 1,4 % en 2024, une fois l’inflation prise en compte.
Pour les actionnaires, les dividendes. Pour les jeunes, la bataille pour étudier dignement. Le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser. Comment ne pas comprendre cette révolte citoyenne ?
Source : Janus Henderson Global Dividends & Buybacks Index, septembre 2026