Hier s'est ouvert le procès d'Olivier Bouygues. Dans son domaine de chasse en Sologne a été découvert un cimetière à animaux protégés, traqués avec des pièges et des armes illégales. Le milliardaire est poursuivi aux côtés de cinq autres personnes. Le parquet a requis 750 000 euros d’amende contre l’homme d’affaires, assortis de cinq ans de prison avec sursis et d’une interdiction d’exercer toute activité agricole ou d’élevage en lien avec la chasse pendant cinq ans. Verdict le 23 octobre.
Au premier jour de son procès à Orléans, le milliardaire a prétendu tout ignorer des pratiques illégales opérées sur son domaine de chasse de 600 hectares, situé à la Ferté-Saint-Aubin en Sologne.
Les faits reprochés : « un charnier profond contenant des cadavres d’animaux et notamment des espèces protégées » dont des faucons crécerelles, grand cormorans, grandes aigrettes et buses, armes et pièges prohibés, livres de chasse et « fiches nuisibiles » sous-entendant l’existence d’un « système de primes » à l’abattage de chats sauvages ou de hérons cendrés, et un élevage d’environ 500 sangliers sans autorisation.
La raison ? Le milliardaire et ses garde-chasse considéraient que les rapaces leur faisaient concurrence our la chasse du petit et grand gibier. Le milliardaire a aussi reconnu « ne pas aimer les cormorans », ces oiseaux marins protégés « qui prolifèrent autour de son élevage d’esturgeons ».
L’un de ses salariés, qui reconnaît avoir tué des animaux protégés, a expliqué qu’ils se partageaient 200 à 300 euros de prime « nuisibles » par garde-chasse et par saison.
Olivier Bouygues ne « reconnaît absolument » les faits. Il prétend que « les tirs ou autres pratiques concernant les espèces protégées » sont exclusivement du fait de ses employés, sans qu’il n’ait été au courant.
Il avait pourtant déploré, sur écoutes, que des fiches de nuisibles aient été découvertes en perquisition (« J’avais demandé qu’on détruise tout ça »). La LPO France et Centre-Val de Loire estiment le préjudice à plus de 750 000 euros, pour 1314 animaux tués, « sur une estimation minimale ».
« Les faits sont occultes et d’une extrême gravité », a rétorqué la procureure, Emmanuelle Bochenek, parlant de « preuves irréfutables à l’encontre des six coprévenus » et « d’actes de cruauté envers des animaux ».
Elle a requis l’amende maximale pour ce type de délit à l’encontre d’Olivier Bouygues : 750 000 euros (plus 150 000 euros pour la société agricole qui encadre la propriété) ainsi que cinq ans de prison avec sursis et une interdiction d’exercer toute activité agricole ou d’élevage en lien avec la chasse pendant cinq ans.
Les gardes-chasse, eux, risquent des peines allant d’un à quatre ans de prison avec sursis et entre 5 000 et 20 000 euros d’amende, toutes assorties d’un retrait de permis de chasse pendant trois ans. Le verdict sera rendu le 23 octobre.