Le zoo de Beauval n’accueillera finalement pas les dauphins du Marineland d’Antibes. Alors que les sanctuaires manquent, 70 cétacés captifs en Europe ont besoin d’une solution urgente avec les fermetures en série de delphinariums. Si rien n’est fait, ils risquent d’être envoyés en Asie, où ils seraient exploités dans des conditions pires qu’en France.
Sea Shepherd France a lancé une pétition sur la plateforme de La Relève et La Peste pour empêcher leur transfert et exiger la création d’un sanctuaire en Europe, conformément à la loi de 2021 sur le bien-être animal. Vous pouvez signer la pétition ici.
Après des mois de négociations, le zoo de Beauval a finalement décidé d’abandonner son projet de lagon, censé accueillir les derniers dauphins encore captifs en France. Interrogé par l’AFP, le directeur du parc du Loir-et-Cher, Rodolphe Delord, justifie cette décision par « les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd’hui sur le projet ». Le coût du chantier était passé de 30 à 45 millions d’euros.
Cet accueil potentiel ne faisait pas l’unanimité au sein des associations, dont certaines redoutaient que le Zoo de Beauval profite des cétacés pour continuer la reproduction, et donc perpétrer la captivité en France.
Alors que plusieurs dauphins de Marineland ont déjà été envoyés en Espagne, cette annonce remet de l’incertitude sur le sort des quatre dauphins restants. Si un premier sanctuaire existe bien à Tarente, en Italie, il doit déjà accueillir les dauphins italiens.
« On a soutenu ce projet (de Beauval) parce qu’il s’inscrit dans un contexte global européen où nous allons avoir une énorme problématique avec tous les dauphins issus de la captivité pour lesquels il va falloir trouver une solution. L’idée c’est vraiment d’anticiper la catastrophe européenne telle qu’on est en train de la connaître en France », explique Lamya Essemlali, directrice de Sea Shepherd France.
Dans sa lettre adressée à Lamya Essemlali, Rodolphe Delord, PDG du ZooParc de Beauval, « craint notamment que les dauphins de Malaga partent directement en Asie ». Or, la Chine est « un véritable mouroir » pour les associations et soigneurs, et la garantie d’une exploitation tout le reste de leur vie.
Il y a actuellement 240 dauphins captifs en Europe dont 70 ont besoin d’une place urgemment, mais aussi les deux orques de Marineland Wikie et Keijo.
Cette période est décisive, car elle marque un véritable tournant dans la fin de la captivité des cétacés, connus pour leur intelligence hors-norme. Si l’on parvient à mettre ceux de Marineland en sécurité dans des sanctuaires, ce sont tous les autres animaux captifs qui pourraient ensuite en bénéficier.
Les critères importants pour un sanctuaire :
- De la profondeur et de l’espace (12 à 40m de profondeur sur 4000m2 minimum)
- Un courant et un relief naturels
- Une eau de qualité
- Un environnement calme et protégé
- Un cadre juridique stable
« La France ne peut pas tourner la page des delphinariums en abandonnant les dauphins et les orques. Si on exporte la souffrance ailleurs, ce n’est pas une victoire, c’est une fuite », explique Lamya Essemlali.
Sur 300 sites étudiés par Sea Shepherd France pour devenir de potentiels sanctuaires, 10 ont été retenus. Ils ont été présentés à l’OFB et au ministère de la transition écologique, car les ONGs ont à présent besoin de l’implication de l’État.