La France traverse une sécheresse historique, pire qu'en 1976 et 2022, conséquence d'une succession de canicules depuis la fin du printemps et d'une récurrence des situations anticycloniques. Dans ce contexte difficile, une cinquième canicule va s’abattre sur le pays.
La France connaît une sécheresse exceptionnelle, favorisée par les canicules à répétition et un déficit de pluie très marqué depuis la fin du printemps. « A certains endroits, il n’est pas tombé une seule goutte de pluie en juillet, comme à Dunkerque (0 mm), tandis que de nombreux secteurs de l’ouest, du centre et du nord affichent des déficits records », avertit la Chaîne Météo.
Surtout, le temps durablement sec et chaud jusqu’à mi-août laisse craindre une aggravation de la sécheresse, avec des conséquences sur la végétation, les cultures, les forêts, les grands fleuves, et un risque d’incendie toujours très élevé.
« À l’échelle nationale, il ne reste plus que 17 % de l’eau disponible dans les deux premiers mètres de sol. Plus frappant encore, de la Vendée à la Saône-et-Loire, les sols sont désormais totalement vidés de leur réserve en eau », prévient l’agroclimatologue Serge Zaka.
Seul petit répit : des orages sont attendus lundi et mardi sur une partie du pays. Ils pourront apporter d’importantes quantités de pluie, mais leur impact très localisé limitera fortement leur efficacité. Certaines communes recevront plusieurs dizaines de millimètres en peu de temps, tandis que d’autres resteront totalement asséchées.
Surtout, ces pluies fréquemment intenses risquent de ruisseler au lieu de s’infiltrer dans les sols, qui ont été trop durcis par la sécheresse. Ces pluies ne pourront donc pas vraiment recharger les réserves en eau, ni mettre fin à la sécheresse.
Dans ces conditions difficiles, l’arrivée d’une cinquième canicule inquiète. Dès dimanche, une masse d’air très chaude gagnera le Sud-Ouest, avec déjà des maximales souvent supérieures à 35°C. Elle progressera ensuite vers le centre, l’ouest, le nord et l’est du pays. Le choc risque d’être grand par rapport aux températures plus supportables des derniers jours.
Ces canicules à répétition sont l’une des conséquences directes du dérèglement climatique, qui augmente le nombre de vagues de chaleur, ainsi que leur intensité et leur durée, d’année en année. L’épisode actuel marque le 54ᵉ que traverse le pays depuis 1947, des phénomènes qui ne cessent d’augmenter.
Limiter les gaz à effet de serre devient de plus en plus urgent, face aux conséquences directes sur nos conditions de vie. Le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié : par 5 dans une France à +2,7 °C (selon la référence 1976-2005) ; et par 10 dans une France à +4 °C.
Comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, nous ne pourrons pas s’adapter à une France à +4°C. Une France à +4 degrés en 2100 correspond à des sécheresses en série, des températures pouvant atteindre 50 degrés, 10 fois plus de jours de vagues de chaleur, un risque de feu de forêt généralisé à l’ensemble du territoire.
S’informer avec des médias indépendants et libres est une garantie nécessaire à une société démocratique. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.