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400 000 personnes veulent interdire la chasse dans les zones incendiées

« Alors que l'ouverture générale de la chasse approche, maintenir cette activité de loisir reviendrait à imposer un stress supplémentaire insupportable à une faune déjà exsangue. » 

Alors que les sécheresses, les canicules et les incendies fragilisent durement les écosystèmes, la faune sauvage, déjà lourdement affectée, devra bientôt faire face à la réouverture de la chasse. Face à cette situation, cinq associations et 392 000 citoyens demandent un moratoire immédiat sur la chasse.

Leur demande : la suspension des tirs d’été – qui concernent principalement les chevreuils et sangliers – et le report de l’ouverture générale, fixée par les préfets en septembre. Leur objectif : offrir un répit à une faune déjà durement éprouvée.

« Des millions d’animaux meurent directement dans les flammes. D’autres succombent à la déshydratation, à l’épuisement ou à la disparition de leurs ressources alimentaires.  Les survivants fuient des habitats dévastés, cherchent de nouveaux refuges », expliquent l’ASPAS, AVE, One Voice, Focale pour le sauvage et le Pôle Grands Prédateurs.

« Alors que l’ouverture générale de la chasse approche, maintenir cette activité de loisir reviendrait à imposer un stress supplémentaire insupportable à une faune déjà exsangue. » 

« On parle des traumatismes humains, mais pas de ceux qu’ont subis les animaux : on nie leur sensibilité », ajoute Mickaël Paul, co-président du Pôle Grands Prédateurs. « Ils ont subi l’incendie, certains ont perdu des petits dans les flammes. On ne peut pas rester insensible à cette détresse. » 

La proposition d’un recul de l’ouverture de la chasse est pourtant balayée par le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen. Il qualifie la proposition de « ridicule » et « idéologique » dans les colonnes de La Dépêche du Midi du 23 juillet, ciblant au passage les  « écolos qui n’y connaissent rien ».  

Selon lui, la décision de chasser ou non dans des zones touchées par les incendies doit être prise localement par les chasseurs eux-mêmes : « On sait très bien ce qu’on a le droit de chasser ou non. Tout est organisé, quantifié… On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies. On sait juger par nous-mêmes ». 

Une pétition intitulée « Pas de fusils sur les cendres », lancée le 14 juillet, a recueilli plus de 392 000 signatures. Elle demande :

  • L’interdiction totale de toute forme de chasse (tir, chasse à courre, vénerie sous terre) dans tous les massifs forestiers ayant subi des incendies durant l’été 2026.
  • Un périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués.
  • Un moratoire de 3 ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère et que les cycles de reproduction reprennent naturellement.

« Comment justifier que l’on tire sur des êtres vivants qui n’ont plus aucun buisson où se cacher ? », demande Bruno Valentin, lanceur de la pétition.

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Eloi Boye

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