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9 milliardaires détiennent 90% de la presse française

Face aux milliardaires, les médias indépendants résistent et proposent des informations éclairées qui ne sont pas la chambre d’écho des intérêts financiers des grands groupes.

En seulement dix ans, la concentration de la presse aux mains de milliardaire a atteint un niveau jamais vu en France. Derrière ce chiffre ahurissant, c’est le pluralisme de l'information qui est menacé, pourtant nécessaire à des débats démocratiques éclairés. Au sein des rédactions, l’ingérence des milliardaires en fonction de leur agenda économique et idéologique se fait déjà sentir.

Une concentration inédite dans l’histoire de la France

En France, « 5 milliardaires possèdent 93% des quotidiens nationaux. 4 possèdent 60% des audiences télé, et 3 possèdent 50% des audiences radio ». C’est par ces chiffres forts que la députée écologiste Sophie Taillé-Polian avait présentée sa proposition de loi (non aboutie), visant à préserver le pluralisme de l’information en limitant la concentration des médias dans les mains de quelques acteurs.

« Ces situations sont documentées, connues, et pourtant, largement hors de portée du droit existant. Mon texte soutenu par le Groupe Ecologiste et Social – Assemblée nationale vise à en finir avec la concentration des médias, danger croissant et immédiat pour notre démocratie », alertait alors la députée.

Cette concentration est inédite dans l’histoire de la France. Dès 2015, dans son ouvrage « Sauver les médias », l’économiste Julia Cagé lançait l’alerte sur l’arrivée d’un tel phénomène. 11 ans plus tard, il s’est effectivement propagé à l’ensemble du paysage médiatique français. Dans le numéro « On ne peut plus rien lire », de Climax, la spécialiste des médias prend l’exemple du livre de Nicolas Sarkozy.

« A travers lui, on pousse un agenda médiatique, celui de « l’union des droites ». Le livre est publié chez Fayard, maison d’édition de Bolloré, puis toute la campagne de presse se déploie sur ses médias : CNews, le Journal du Dimanche, Europe 1, etc. Ensuite, on retrouve le livre partout dans l’espace public, notamment dans les boutiques Relay (appartenant aussi à Bolloré), avec des dispositifs publicitaires dans les gares. Pour moi, c’est vraiment révélateur de ce qu’on est en train de vivre : une captation entière de la production des idées et du débat démocratique par un seul individu », détaille Julia Cagé dans le magazine indépendant Climax

En cause : 40 ans après, la loi de 1986 (dite Léotard) qui permettait de réguler les médias est obsolète. Ses règles ont été conçues pour un paysage médiatique cloisonné : « presse écrite d’un côté, radio de l’autre, télévision à part ». Internet n’existait pas, mais les audiences en ligne sont désormais les plus fortes. Un journal de référence comme Le Monde a huit fois plus d’abonnés en version numérique qu’en version papier.

Crédit : Le Monde diplomatique et Acrimed (Jérémie Fabre, Cécile Marin, Yann Bureller, avec Guillaume Barou, Boris Séméniako, Suzy Gaidoz, Vincent Caron, Marie Beyer).

L’ingérence des milliardaires

Résultat, les 9 milliardaires qui se partagent aujourd’hui la majeure partie de la presse française le font sans régulation efficace. Dans ce club très sélect : Bernard Arnault, Martin Bouygues, la famille Dassault, Xavier Niel, Patrick Drahi, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, François Pinault, et Kretinzkys

Ces messieurs se disputent fréquemment l’acquisition de titres, jouant une immense partie de Monopoly sur le paysage médiatique français.

Bernard Arnault, grand patron de la presse économique

Cas d’école à lui seul, Bernard Arnault, la 1ère fortune de ce pays avec 132 milliards d’euros, détient désormais 90% de la presse économique depuis des rachats de plusieurs grands titres en 2025, dont L’Opinion (lancé en 2013 avec le soutien financier de LVMH) et le journal d’information financière L’Agefi.

Les seuls titres « prestigieux » de la presse économique qui ne lui appartiennent pas sont Capital (Vincent Bolloré) et La Tribune (Rodolphe Saadé), ainsi qu’Alternatives Economiques et l’Informé, rares médias indépendants français spécialistes du sujet. Et l’ingérence du milliardaire s’est vite ressentie.

« Dès le rachat de Challenges, le nouveau propriétaire impose un changement de ligne éditoriale : de magazine défendant selon sa charte « l’économie sociale de marché », Challenges devient un magazine favorable à « l’économie libérale de marché », décrypte l’Observatoire des Médias Acrimed.

« On risque de devenir un outil de propagande au service du grand patronat et des intérêts du groupe de luxe », confirmait la présidente de la SDJ de Challenges, Delphine Déchaux, à Reporterre.

Le député François Ruffin en sait quelque chose. Ancien rédacteur en chef de Fakir, il avait été espionné par LVMH en 2019 lors du tournage « Merci, Patron ! ». Le groupe de luxe avait dû verser 10 millions d’euros à l’État pour éviter un procès en sa défaveur.

Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance du groupe de médias français Vivendi, arrive à Paris pour assister à l’assemblée générale du groupe Vivendi le 19 avril 2018. Crédit : ERIC PIERMONT / AFP

Gare au prophète Vincent Bolloré

Le très catholique Vincent Bolloré, avec une fortune personnelle de 9,5 milliards d’euros, collectionne les médias (Canal PLus, CNews, C8, Europe 1, le JDD, Paris Match…) pour « mener son combat civilisationnel ». Il détient aussi 74 % du marché des manuels scolaires. Dès sa mainmise sur Canal+, il a supprimé la satire et les enquêtes journalistiques : adieu aux Guignols de l’info, le Zapping, l’Effet papillon.

« Une partie des médias de Vincent Bolloré peuvent être considérés comme le trait d’union entre une extrême droite qui a triomphé entre la Belle Époque et la période collaborationniste, et le retour en force du discours xénophobe aujourd’hui. Le vocabulaire qu’ils utilisent rappelle parfois lui-même l’histoire du journalisme d’extrême droite », décrypte l’historien des médias Alexis Lévrier.

Et gare aux journalistes qui auraient le malheur de critiquer leur ancien employeur. Le journaliste Jean-Baptiste Rivoire en récemment fait les frais : il a été condamné à verser 142 500 euros pour avoir dénoncé l’interventionnisme de Bolloré. Une condamnation obtenue par le magnat des médias grâce à des « clauses de silence » ajoutées dans les contrats de travail.

Rodolphe Saadé – Crédit : CMA / CGM

Rodolphe Saadé, la croisière s’amuse

Dirigeant du groupe familial CMA/CGM, leader mondial du transport et de la logistique, le milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé a vu son chiffre d’affaires exploser pendant le Covid. Proche d’Emmanuel Macron, il possède 35 milliards d’euros et de nombreux médias : notamment La Provence, la Tribune, les groupes RMC et BFM. Il détient aussi 20% du capital des cinémas Pathé, dont le conseil de direction comprend son épouse, Véronique.

Actionnaire minoritaire du groupe M6, il s’est servi de La Provence pour y diffuser une tribune défendant les entreprises, face au mouvement de grève « Bloquons Tout ». La mise à pied du directeur de la rédaction La Provence, après un titre de Une qui ne plaisait pas à des élus macronistes, avait déclenché une grève illimitée de la rédaction. Les journalistes de La Tribune, eux, auraient été priés de ne pas utiliser le terme « ultrariche », quitte à les censurer à leur insu au moment des corrections.

Xavier Niel à l’Olympia, 2024

Xavier Niel, le one-man show

Xavier Niel, fondateur et président du groupe Iliad, spécialisé dans les télécoms (Free), détient 15% du géant des centres commerciaux Unibail-Rodamco-Wesfield, pèse 27,9 milliards d’euros. Souvent l’air content, il est marié à Delphine Arnault, la fille du richissime Bernard. Passé par la case prison pour des accusations de proxénétisme (suivies d’un non‑lieu), ce self-made man a même fait son one-man-show à l’Olympia en 2024.

En 2008, il a soutenu la naissance de Médiapart et le site satirique Bakchich. Il est devenu en 2010 l’un des actionnaires principaux du journal le Monde, aux côtés de Matthieu Pigasse (« milliardaire de gauche » et patron de Radio Nova). Depuis, Xavier Niel possède aussi le groupe Nice-Matin, a racheté France-Antilles en faillite en 2020 et a financé le lancement du journal l’Informé.

Xavier Niel s’est récemment fait remarqué lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Il s’est emporté face aux « allégations mensongères » du député Charles Alloncle (Union des droites pour la République (UDR), alliée du Rassemblement national), lequel l’a ensuite accusé d’avoir orchestré une paparazzade en représailles. Les photos montraient le député de 32 ans en train de se balader avec sa collaboratrice parlementaire.

Patrick Drahi lors de l’inauguration du Bâtiment La fibre Entrepreneur, en 2016 – Crédit : Jérémy Barande / Wikimedia Commons

Patrick Drahi, l’ancien patron de SFR

Drahi, au bord du gouffre en 2024, vient de vendre SFR à Bouygues, Orange et Free pour 20,35 milliards d’euros. Il avait déjà cédé BFM TV et RMC au groupe CMA CGM de l’armateur Rodolphe Saadé pour 1,55 milliard d’euros en 2024, ainsi que 45 % d’Altice à ses créanciers.

Pas près d’être à la rue avec 7 milliards d’euros en poche, Patrick Drahi possède toujours 75% du n°1 mondial des enchères, Sotheby’s, environ 750 millions d’euros en œuvres d’art, et près d’un milliard en immobilier. Cet exilé fiscal vogue entre la Suisse et et Israël. Il voudrait désormais concentrer ses affaires sur le Moyen-Orient.

Il est à la tête de Libération et i24 news. En 2022, il avait attaqué en justice le média indépendant d’investigation Reflets.info pour avoir exploité des données sur l’empire Altice, dévoilées par des hackers russes. Au programme : « optimisation fiscale ultra-agressive, rémunérations délirantes, réseaux d’influence et copinages ».

Daniel Křetínský, le champion des énergies fossiles

La 5ème fortune tchèque, Daniel Křetínský, 8,4 milliards d’euros, est le patron de la plus grande entreprise de charbon et de gaz d’Europe, et va bientôt devenir l’un des premiers actionnaires de TotalEnergies (à 4 %). Il possède également des équipes de football, dont 40% du Sparta Prague. Ses propres convictions déclarées : europhiles et libérales.

Il a débarqué dans le paysage médiatique français en 2018 en achetant les magazines de Lagardère Active (dont Elle, qu’il a gardé) et l’hebdomadaire Marianne. Il a aussi lancé l’hebdomadaire Franc Tireur, la chaîne T18 sur la TNT, acquis 45% du média vidéo Loopsider, plus de 5% du groupe TF1, et est entré au capital de Louie Media (podcast).

Fin décembre 2025, son groupe de médias CMI France a enclenché un plan de licenciement massif touchant 132 salariés sur les 700 que compte l’entreprise. En mars 2026, Křetínský a accordé un quatrième prêt de 17 millions d’euros à Libération, portant son soutien financier total envers le quotidien à environ 60 millions d’euros, sans être actionnaire.

En mai 2026, le syndicat FO de la maison d’édition Editis a demandé des précisions à l’actionnaire sur la stratégie et le financement de la maison. Le 27 mai, Kretinsky a répondu que « l’indépendance des éditeurs est sacrée ». Son emprise va bientôt s’étendre à la distribution. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a validé son offre d’achat (OPA) pour prendre le contrôle majoritaire de Fnac Darty.

L’homme d’affaires français François-Henri Pinault assiste à un événement célébrant les 200 ans du quotidien français Le Figaro au Grand Palais à Paris le 13 janvier 2026. Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

François Pinault, le luxe aux relents racistes

Ses sociétés Artémis et Kering sont des mastodontes de leurs secteurs respectifs : le luxe pour Kering (n°2 mondial derrière LVMH de Bernard Arnault) avec des marques comme Gucci, Yves Saint-Laurent, Balenciaga ; et l’art, le vin, la presse, le sport et le divertissement pour Artémis.

Du haut de ses 15 milliards d’euros, l’époux de Salma Hayek contrôle la maison d’éditions Tallandier et à 100% le magazine Le Point, régulièrement condamné pour propager des fausses informations et des calomnies sur des personnalités politiques de gauche. Dès sa création, Le Point se destinait à « un public de cadres urbains d’un niveau d’éducation, de responsabilité et de revenus élevés ».

« Le Point, avec ses couvertures racoleuses et laides, ont fait partie des organes de presse ayant contribué à la fascisation des esprits, avec une obsession pour l’Islam, l’immigration, les franc-maçons, bref les thématiques de la droite la plus extrême, à tel point que cela a même valu une condamnation au journal », décrypte le magazine Frustration.

Le Point et le journal d’extrême droite Valeurs Actuelles (détenu par l’évangéliste Stérin) ont propulsé le terme « islamo-gauchiste » dans le débat public. Les chercheurs Nikos Smyrnaios et Pierre Ratinaud ont calculé qu’entre 2015 et 2021, les deux médias ont publié la moitié des 366 articles recensés utilisant ce terme. Son idéologie islamophobe n’a pas empêché Le Point de recevoir 2,47 millions d’euros de subventions publiques en 2024.

Martin Bouygues, en plein boom

Martin Bouygues se partage la coquette somme de 4,85 milliards d’euros avec son frère Olivier, qui risque 7 ans de prison pour destruction d’oiseaux protégés. Le groupe du BTP, des médias et des télécoms a enregistré une hausse de ses résultats l’an dernier, au point qu’il prévoit de recruter 8.500 personnes en France en 2026, dont 6.700 en CDI. Le groupe possède aussi un grand cru de St-Estèphe (Montrose) et des actifs gaziers et pétroliers.

Bouygues avait perdu en 2012 face au Canard enchaîné. Il réclamait 9 millions d’euros au média indépendant pour avoir publié une enquête faisant état de soupçons de corruption sur l’attribution du chantier du futur « Pentagone français », remporté par le constructeur privé.

En 2024, en plein génocide à Gaza, la chaîne TV LCI a choisi de diffuser « l’entretien exclusif » du criminel de guerre Benyamin Netanyahu (ciblé par un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale), dont un extrait a été diffusé au JT de 20h sur TF1. Cette connivence avec un génocidaire néo-nazi avait provoqué un appel au boycott.

Capture d’écran YouTube

 

Famille Dassault, le fleuron de l’armement français

Alors que les conflits armés s’intensifient dans le monde, les affaires explosent pour la famille Dassault, dont la fortune des héritiers Laurent, Marie-Hélène et Thierry s’élève à 35,6 milliards d’euros.  Moteurs de cette richesse : Dassault Aviation, Dassault Systèmes, une foncière, de nombreuses participations dans des groupes cotés (Biomérieux, Rubis, Transgène, Valeo) ou non cotés (Artcurial, Rothschild et Cie), ainsi que plusieurs grands crus classés de Saint-Emilion.

Le groupe Dassault est propriétaire du Figaro et du Figaro magazine, du Journal des Femmes, du Journal du Net, de Gala et du Particulier. Dès lors, rien d’étonnant à ce que Le Figaro tienne la chronique régulière des commandes d’armement de l’État, avec des tournures de phrases osées, comme en mars 2025 : « Emmanuel Macron annonce que l’armée de l’air et de l’espace « bénéficiera de davantage de commandes de Rafale ». »

 

« Le Rafale est un avion de combat français construit par Dassault Aviation, du groupe Dassault, lequel est propriétaire du Figaro. (…) Certaines productions journalistiques ressemblent à de véritables catalogues de représentants en commerce d’armes », dénonce l’Observatoire des médias Acrimed.

Le magazine s’est ainsi fait l’écho de l’appel du gouvernement français au secteur de la finance à amplifier son soutien au réarmement. Le Figaro fait également partie des cinq titres de la presse française à avoir participé à un voyage tous frais payés par Israël. Au programme : le point de passage de Kerem Shalom, où s’entasse l’aide humanitaire, afin de les convaincre qu’Israël n’est pas responsable de la famine à Gaza, pointe l’enquête de Médiapart. A la publication du reportage, Le Figaro n’a pas précisé aux lecteurs que les témoins civils avaient été soigneusement sélectionnés par l’armée israélienne.

Reprendre le contrôle de l’information

Face aux milliardaires, les médias indépendants résistent et proposent des informations éclairées qui ne sont pas la chambre d’écho des intérêts financiers des grands groupes. En 2026, la presse indépendante française ne représente plus que 10% de l’offre d’information.

« Nous avons de plus en plus d’abonnés car ce sujet intéresse la société au sens large, il a sa place plus que jamais, c’est devenu une question de survie démocratique », précise d’emblée Millie Servant, co-créatrice du magazine indépendant Climax.

« Sur la taxe Zucman, un sondage IFOP disait que plus de 8 français sur 10 y sont favorables. Une semaine plus tard, dans les Relay, le JDD, Challenges et consorts dézinguaient la taxe Zucman qu’ils présentaient comme une folie. Un argument véhiculé par des médias aux mains de milliardaires qui n’ont aucune envie d’être taxés : les opinions sont totalement déformées et manipulées par les milliardaires qui tiennent les médias. »

Dans ce contexte, pas étonnant que la France se situe seulement en 25ème position du classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières. En cause : « les outils visant à lutter contre les conflits d’intérêts et à protéger la confidentialité des sources sont insuffisants, inadaptés et dépassés », précise l’ONG. Mais aussi les violences policières à l’encontre des journalistes lors des manifestations.

La France a plus de six mois de retard dans l’adaptation du règlement européen sur la liberté des médias dans son droit national, malgré des initiatives parlementaires.

« L’information n’est pas un bien comme les autres. Elle conditionne notre capacité à débattre, à comprendre le monde, à exercer notre pleine citoyenneté. Lorsqu’une poignée d’acteurs concentre une part toujours plus importante des médias d’information, ce n’est pas seulement un marché qui se restreint, c’est la capacité de nos concitoyen.ne.s à se faire une opinion éclairée qui se trouve affectée », expliquait la députée écologiste Sophie Taillé-Polian.

Si l’article premier de sa proposition de loi avait été adopté par l’Assemblée nationale en février, l’examen de l’ensemble du texte n’a pu aller jusqu’à son terme, faute de temps. Une occasion ratée qui reprenait les propositions des récents États Généraux de l’Information (EGI).

A la demande du gouvernement, experts, journalistes, éditeurs, chercheurs et économistes, avaient bûché sur les solutions à apporter aux crises multiples de la sphère médiatique. Conclus en septembre 2024, le projet de loi (PJL) censé traduire leurs propositions a de moins en moins de chances de voir le jour avant la fin du quinquennat. Il attend une présentation en Conseil des ministres pour exister officiellement, et ensuite trouver le chemin du Parlement.

Raison de cette esquive politique : les parlementaires reprochent à Rachida Dati, l’ancienne ministre de la culture, « d’avoir priorisé, jusqu’à l’entêtement, la réforme de la gouvernance de l’audiovisuel public au cours de ses deux ans Rue de Valois, au détriment d’autres dossiers comme les EGI », explique Contexte, média spécialisé dans les institutions et les politiques publiques. Et tant pis pour les 11 mois de travaux, 3 millions d’euros de budget, la consultation citoyenne, le tour de France à la rencontre des citoyens et 5 groupes de travail qui ont œuvré au projet.

Plus préoccupant, ladite réforme de l’audiovisuel public menace directement la qualité des programmes qui vont y être présentés sous contraintes budgétaires. De plus en plus, les médias indépendants se posent comme un bastion de résistance face aux attaques contre la liberté de la presse.

S’informer avec des médias indépendants et libres est une garantie nécessaire à une société démocratique. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.

Laurie Debove

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