A l'approche des municipales, la liste citoyenne Audenge 2026 interpelle médias et candidats pour remettre au cœur des débats l’éthique publique et la probité des élus. En cause : les nombreux cas de corruption qui sévissent dans les collectivités locales, quand les élus profitent de leur statut pour manier le PLU à leur avantage.
« Alors que les campagnes municipales battent leur plein, un sujet crucial semble étrangement absent des débats : l’éthique publique et la probité des élus. Pourtant, les chiffres sont alarmants. Selon l’Agence française anticorruption (Afa), les atteintes à la probité sont en constante augmentation en France, et près d’un tiers des cas impliquent des élus locaux », explique Audenge 2026.
La corruption concerne en premier lieu les agents publics, bien avant les élus, et les collectivités territoriales concentrent près de la moitié des décisions de justice liées aux atteintes à la probité impliquant le secteur public, selon une note d’analyse de l’Agence française anticorruption (AFA) créée en 2016 pour lutter contre le phénomène.
Ces manquements, qu’ils relèvent de conflits d’intérêts, de détournements de fonds publics ou de favoritisme, sapent la confiance des citoyens dans leurs institutions et fragilisent la démocratie locale.
De nombreuses affaires de fraudes ont été révélées ces dernières années, « comme l’illustrent les condamnations de Patrick Balkany, longtemps maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ou de Jean-Noël Guérini, ancien président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, poursuivi pour avoir truqué l’attribution de marchés publics. Ces pratiques criminelles peuvent fragiliser les finances des communes, comme le montre le cas de corruption au sein du village d’Eringhem, dans le Nord », explique le professeur.
En 2025, l’indice de perception de la corruption de l’organisation Transparency International a fait chuter la France à la 27e position du classement mondial. La France a vécu une croissance de 50 % des atteintes à la probité entre 2016 et 2024.
Dans les municipalités, les occasions de corruption ont lieu à plusieurs échelons : les achats publics, l’attribution de subventions, la gestion des ressources humaines locales ou l’octroi d’autorisations en tous genres, notamment liées à l’urbanisme. Un rapport publié par l’Association des maires de France (AMF) rappelle ainsi que les communes gèrent annuellement plus de 100 milliards d’euros de dépenses publiques.
« L’éthique, en politique, est une question non seulement d’intégrité juridique, mais aussi d’exemplarité morale. Sans éthique en politique, il n’y pas de justice sociale, ni d’égalité. Ce qui peut expliquer que 85% des Français ne font plus confiance aux élus et que 68% pensent qu’il y a de la corruption en politique », explique Bruno Hubert, membre de la liste participative Audenge 2026.
Pour Bertrand Venard, « la longévité des mandats locaux peut favoriser l’émergence de pratiques clientélistes et de conflits d’intérêts. En France, 45 % des maires en exercice effectuent un deuxième mandat ou plus. Et la longévité des maires est encore davantage marquée dans les plus petites communes. »
Et de citer en exemple : « la mairie de Nantes (Loire-Atlantique) est gérée par la gauche depuis 1989, alors que celle de Nice (Alpes-Maritimes) est aux mains de la droite depuis 1947. La multiplication des mandats consécutifs peut renforcer la professionnalisation des maires, mais aussi augmenter la concentration de leur pouvoir, voire l’emprise de réseaux d’influence. »
Pourtant, « force est de constater que l’éthique est rarement évoquée dans les meetings, les tracts ou les débats. Les promesses se concentrent sur des projets concrets – indispensables, sans doute – mais la question de la moralisation de la vie politique locale reste trop souvent reléguée au second plan », accuse la liste Audenge 2026.
Surtout, les communes peuvent mieux faire. L’association Anticor cite régulièrement la commune de Juvignac (Hérault, environ 10 000 habitants) comme un exemple de ville engagée dans une démarche éthique. Voici ce qui distingue cette commune :
- Formation des élus : Les élus ont accès à des formations régulières sur la gestion budgétaire et la prévention des conflits d’intérêts.
- Transparence : Les indemnités des élus et la déclaration d’intérêts du maire sont publiées en ligne.
- Représentation de l’opposition : L’opposition est représentée dans les commissions, notamment la commission des finances, dont la présidence a été proposée à un élu de l’opposition.
- Participation citoyenne : La ville a mis en place une commission extra-municipale pour dialoguer avec les associations et les citoyens sur les projets locaux.
- Gestion éthique des finances : Un « pool bancaire » transparent a été créé pour partager les éléments budgétaires avec les partenaires financiers.
Anticor a décerné un « feu vert » à Juvignac pour ses efforts en matière de transparence et d’éthique, tout en encourageant la mise en place d’une commission éthique formelle.
Pour s’assurer que les ressources publiques, déjà mises à rude épreuve, seront gérées avec transparence et rigueur, « l’alternance politique apparaît comme un puissant antidote à l’enracinement de la corruption », explique Bertrand Venard. « Le simple fait de changer l’exécutif en place par une alternance du parti au pouvoir suffit à perturber les liens établis entre politiciens, fonctionnaires et hommes d’affaires locaux, assainissant ainsi la gestion municipale. »
En 2026, les élections municipales seront donc un véritable test pour la démocratie locale.
S’informer avec des médias indépendants et libres est une garantie nécessaire à une société démocratique. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.