En France, il faut au moins 3,5L d'eau pour produire 1L d'eau en bouteille, qui sont majoritairement vendues à l'étranger. A l'heure où les conflits s'accentuent autour de la ressource en eau, est-il juste de continuer à laisser les embouteilleurs s'enrichir en exploitant les nappes phréatiques françaises ?
Selon une étude du Water Footprint Network, la fabrication d’une bouteille en plastique de 1L nécessite entre 2 et 3 litres d’eau, de l’extraction des matières premières jusqu’au produit final. Elle a aussi un impact environnemental massif et nécessite 42 litres de gaz (naturel, butane ou propane) et 100 ml de pétrole.
En France, l’eau en bouteille est produite sur 104 sites, répartis dans 59 départements. Cette industrie représente 136 milliards de litres. En prenant en compte les pertes liées au processus, il faut prélever dans les réserves françaises environ 1,5 litre d’eau pour obtenir un litre vendu.
Cette production ne tient pas compte des eaux prélevées pour la fabrication d’autres boissons (sodas, jus de fruits, bières, etc.). A titre d’exemple, Coca-Cola prélève plus de 700 millions de litres d’eau pour son soda de couleur noire rien qu’à son usine de Grigny dans l’Essonne.
La France se classe au troisième rang des consommateurs d’eau en bouteille en Europe, derrière l’Allemagne et l’Italie. Elle en est aussi le premier exportateur mondial, avec un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros. Les embouteilleurs paient une taxe aux agences de l’eau dont ils dépendent.
Si vous voulez en savoir plus sur le marché de l’eau en France, retrouvez le chapitre de Bernard Schmitt dans son intégralité dans notre livre-journal EAU.
