Après la mort d’un loup dans le Cantal, 11 associations ont porté plainte fin février pour destruction d’espèce protégée. Elles espèrent envoyer un signal fort pour éviter la multiplication des actes de braconnage.
Le 4 février 2026, la dépouille d’un loup mâle est découverte à Laveissenet, dans le Cantal. Le même jour, un homme se présente à la gendarmerie, expliquant avoir confondu l’animal avec un renard lors d’une battue le 31 janvier 2026.
« Quand il a appris qu’un loup avait été trouvé mort sur la commune, un chasseur s’est présenté de lui-même à la gendarmerie a déclaré Sandrine Delorme, procureur de la République à Aurillac pour le journal La Montagne. Il a expliqué qu’il s’agissait d’une erreur de cible, lors d’une battue organisée le samedi précédent et qu’il pensait tirer un renard. »
« Un loup ne ressemble pas à un renard : une confusion est peu probable», estiment 11 associations du collectif collectif Cap Loup, dont ANIMAL CROSS, Le Pôle Grands Prédateurs, Carduelis ou encore FERUS. Ces dernières ont déposé une plainte collective pour destruction d’espèce protégée.
« Nos associations s’étonnent d’autant plus d’une telle méprise que la chasse et les formations au permis de chasse insistent sur la sécurité du tir qui implique l’obligation formelle d’identifier sa cible avant de tirer. »
Les associations insistent également sur l’obligation de « vérifier son tir » pour « ne pas laisser une bête agonisante » : une règle que ce chasseur n’aurait donc pas respectée.
« La version avancée par le chasseur pourrait lui servir à se couvrir », suppose Mickaël Paul, co-président du Pôle Grands prédateurs, « car les atteintes non-intentionnelles aux espèces protégées ne sont plus passibles de poursuites pénales ».
En effet, depuis la promulgation de la loi d’orientation agricole le 24 mars 2025, l’amende pour atteinte aux espèces protégées est plafonnée à 450 euros pour les actes non intentionnels. Jusqu’alors, la destruction d’espèce protégée était passible d’un maximum de cinq ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.
« Hors cas de récidive, la personne responsable de l’atteinte se voit proposer, à la place du paiement de cette amende, le suivi d’un stage de sensibilisation aux enjeux de protection de l’environnement, » précise désormais le code de l’environnement.
Cette disposition avait été dénoncée comme un recul majeur du droit environnemental par les défenseurs du vivant.
« La présence du loup dans le Cantal est très irrégulière depuis les années 2000 ce qui pourrait potentiellement s’expliquer par des faits de braconnage. La destruction de ce mâle, dans un département qui ne compte qu’un à deux individus, est très préjudiciable à l’espèce et porte donc directement atteinte à son bon état de conservation localement, » estiment les associations de protection de la nature.
Pour l’heure, l’enquête est toujours en cours, «mais le chasseur ne pourrait être finalement sanctionné que d’un rappel à la loi, » précisent-elles.
Depuis le début de l’année, 5 loups ont été tués, dont deux illégalement, selon le bilan de l’association Ferus. En France, le loup est de plus en plus abattu légalement.
Suite au déclassement du loup de « strictement protégé » à « protégé » au niveau du droit européen, l’État français projette d’aligner ses textes de loi au même niveau. La Relève et La Peste héberge une pétition pour protéger le loup de l’abattage.
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