Haut-Rhin : les chasseurs refusent la prolongation de la chasse décidée par la préfecture

Selon la fédération des chasseurs du Haut-Rhin, les pouvoirs publics seraient sur le point d’organiser « un véritable abattage de masse » de grands animaux « exténués par une longue période de chasse et de dérangements multiples ».
9 février 2021 - Augustin Langlade
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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En matière de chasse, il est très rare d’atteindre le moindre semblant de consensus. Et pourtant, c’est la prouesse à laquelle est parvenu le préfet du Haut-Rhin, comme le rapportent nos confrères de France Bleu.

En Alsace, la période de chasse s’est officiellement close le 1er février dernier. Mais cette année, les services de l’État ne semblent pas disposés à respecter le calendrier habituel.

Dans un arrêté publié à la surprise générale, la préfecture a en effet ordonné de prolonger d’un mois la saison et de procéder « à des opérations de chasses particulières » de deux « espèces de grand gibier, cerf élaphe et daim », dans tout le département.  

Pour justifier sa décision, le bureau Nature, chasse, forêt de la Direction départementale des territoires évoque plusieurs motifs. Le « contexte sanitaire » et « les conditions météorologiques du mois de janvier, avec des niveaux de neige élevés » auraient empêché les chasseurs de pratiquer suffisamment leur loisir, entraînant un « niveau de réalisation exceptionnellement faible pour les espèces cerf et daim » par rapport au minimum départemental.

En hausse, les populations de grand gibier seraient à l’origine d’importants dégâts sur les cultures et les forêts, qui légitimeraient de « favoriser toutes les mesures destinées à permettre la diminution des populations de grand gibier ».

Les lieutenants de louveterie, personnes privées pouvant être investies d’une mission par la préfecture, sont donc autorisés à organiser des battues « de régulation » dans leur lot de chasse et à y pratiquer des tiers de destruction, de jour ou de nuit, depuis leur voiture, à l’aide de technologies infrarouges. Et ce malgré le couvre-feu.

Contre toute attente, ce n’est pas une association de protection animale, mais la fédération des chasseurs du Haut-Rhin qui, la première, a donné une volée de bois vert à la préfecture.

Dans un communiqué de presse incendiaire, elle a « fait part de son opposition formelle à cet arrêté ressenti comme une véritable déclaration de guerre aux chasseurs » et sommé ces derniers de ne pas « participer à la destruction brutale de la grande faune par des moyens utilisés par des braconniers ».

Selon elle, les pouvoirs publics seraient sur le point d’organiser « un véritable abattage de masse » de grands animaux « exténués par une longue période de chasse et de dérangements multiples ».

Source

En janvier dernier, l’Alsace a été le théâtre de chutes de neige intenses et persistantes, ainsi que de multiples inondations, « catastrophiques pour la forêt et la faune ».

Le 30 janvier, par exemple, le Rhin a atteint le seuil d’une crue décennale. Le Zorn, l’Ill, la Bruche et la Sarre figurent aussi parmi les rivières étant monté à des niveaux dangereux.

En période de rut ou de mue, les cerfs frottent leurs bois aux troncs des arbres. Si ces comportements entraînent quelques dommages sur l’écorce, les cervidés ne sont pas considérés comme une espèce nuisible pour autant, à moins que les forêts, dans un intérêt financier, soient tenues pour des champs d’arbres à préserver.

Sous la pression de la présence et des infrastructures humaines, ou à cause d’un hiver rigoureux, les cerfs peuvent aussi être amenés à s’orienter vers les cultures agricoles ou les jardins, mais ces pertes (minimes, au regard de l’agriculture française) ne justifient nullement de les exterminer comme l’exige le préfet du Haut-Rhin. 

« Nous estimons avoir rempli nos obligations de tirs. Maintenant laissons ces animaux tranquilles ! » s’est exclamé Gilles Kascuk, président de la fédération de chasse du département, pour France Bleu Alsace.

Aucune association de défense des animaux n’a pour le moment exprimé d’avis sur la question, ni déposé de recours hiérarchique ou administratif. Les internautes ont été invités à contacter la préfecture du Haut-Rhin afin d’exprimer leur désaccord.

9 février 2021 - Augustin Langlade
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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