Depuis mardi soir, plus de 600 agriculteurs affrontent les forces de l’ordre en Ariège pour empêcher l’abattage annoncé d’un troupeau alors que seule une partie des animaux est touchée par la DNC.
En Ariège, la situation s’est fortement tendue après la découverte d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse dans un élevage bovin, entraînant la décision administrative d’abattre l’ensemble du cheptel, soit 207 vaches.
Pour s’y opposer, plusieurs centaines d’agriculteurs, issus notamment de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne, se sont mobilisés dès mercredi autour de la ferme située à Bordes-sur-Arize. Ils ont bloqué les accès à l’exploitation afin d’empêcher l’intervention des services vétérinaires et l’euthanasie du troupeau.
« C’est historique ce qu’il se passe. On est là tous ensemble malgré nos différences parce qu’on a la même sensibilité à défendre nos élevages et nos éleveurs », a déclamé Thomas Gibert, de la Confédération Paysanne lors du rassemblement
Face à cette mobilisation, la préfecture de l’Ariège a déployé d’importants moyens de maintien de l’ordre, avec la présence d’une quinzaine de blindés de gendarmerie. Les forces de l’ordre ont même dégagé avec des tractopelles les routes bloquées par des tracteurs et des voitures, n’hésitant pas à balancer des Berlingot dans les champs.
Les agriculteurs dénoncent un abattage total jugé disproportionné et affirment vouloir faire de cette exploitation une « place de résistance », tandis que les autorités invoquent la nécessité de contenir la propagation de la Dermatose nodulaire contagieuse.
La maladie se traduit par l’apparition de nodules et de lésions cutanés (et des muqueuses), des œdèmes et un amaigrissement des bêtes. Le virus est actuellement présent en Afrique, en Asie (Chine, Inde, etc.), au Moyen-Orient, et en Europe de l’Est. Et maintenant en France !
« L’abattage systématique des vaches en raison de la dermatose nodulaire contagieuse peut être considéré comme un scandale pour plusieurs raisons, qui sont à la fois scientifiques, éthiques, économiques et sanitaires », explique Jean-Marc Sabatier, chercheur au CNRS.
Malgré des lésions cutanées spectaculaires, « la maladie est bénigne dans la majorité des cas (et rarement mortelle). Le virus n’est pas zoonotique (il ne se transmet pas de l’animal à l’humain) et des mesures « alternatives » existent, dont l’isolement temporaire des animaux malades, des traitements symptomatiques combinés ».
Le gouvernement a étendu vendredi par arrêté les zones de vaccination obligatoire en Occitanie face « à la dégradation soudaine de la situation sanitaire » après l’apparition de cas dans le Sud-Ouest. Or, la vaccination n’empêche pas l’abattage comme cela a été le cas dans le Doubs la semaine dernière.
Pour l’État, pas d’alternatives possibles : il suffit d’un seul cas avéré pour que l’État décide de l’abattage massif de troupeaux, accompagnés d’un déploiement important de forces de l’ordre dans des propriétés privées pour faire appliquer ces mesures.
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