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Dans le Bassin Rennais, 1000 ha passent au désherbage mécanique pour protéger l’eau potable

« Nous serions très contents si un maximum d'agriculteurs effectuait au moins ce premier passage en mécanique, car les doses les plus fortes de produits phytosanitaires sont justement utilisées lors de ce premier passage avec le désherbage chimique. Cela permettrait de réduire en moyenne de 30 % les doses de produits sur les parcelles de maïs. »

La Collectivité Eau du Bassin Rennais a mis en place cette année une aide financière visant à encourager le désherbage mécanique des cultures de maïs situées au niveau des aires de captage d’eau potable. L’objectif : réduire le recours aux produits phytosanitaires et améliorer la qualité de l’eau.

« Cette aide directe s’adresse aux agriculteurs biologiques et conventionnels. Il nous est indispensable pour réduire, voire supprimer les pesticides de travailler avec les systèmes conventionnels », souligne Jérémie Lacour, animateur Bassin Versant de la Collectivité Eau du Bassin Rennais, à La Relève et La Peste, précisant que ce dispositif a vocation à être pérennisé.

Jusque-là, les agriculteurs conventionnels bénéficiaient d’un soutien indirect, via un accompagnement technique, par le biais d’une prise en charge des outils mécaniques.

« La particularité de cette année, c’est que nous rémunérons directement les agriculteurs dans une logique de paiements pour service rendu », poursuit l’animateur. « Nous comptons sur ce levier financier pour mobiliser un maximum d’agriculteurs et ancrer le désherbage mécanique dans les habitudes. »

Les exploitations concernées par cette aide sont celles dont au moins 50 % de leurs parcelles sont situées dans les aires d’alimentation des captages des bassins versants de Drains du Coglais, Chèze-Canut, Haut Couesnon et Haute-Rance.

Près de 1 000 hectares couverts par le dispositif

« D’après nos prévisions, 35 fermes bios pourraient être accompagnées sur l’année 2026 pour une surface agricole utilisée de maïs de 240 hectares, ce qui représente un budget de 31 200 euros », détaille Jérémie Lacour.

« Concernant les agriculteurs en conventionnel, nous prévoyons 73 accompagnements en 2026. Avec un plafond à 10 hectares par ferme, nous pourrions atteindre 730 hectares de surface agricole utilisée, soit un budget de 65 700 euros. »

Concernant le montant des aides, le premier passage de désherbage mécanique est rémunéré à hauteur de 60 euros par hectare, deux passages ou plus 90 euros et un passage à 100 % en mécanique 130 euros, dans la limite de 10 hectares par exploitation. En cas de succès du dispositif, cette limite pourra être rediscutée.

« Nous pourrons éventuellement augmenter les moyens humains pour embarquer davantage d’agriculteurs ou accroître les surfaces suivies, afin d’avoir un impact plus fort sur la protection de l’eau », avance l’animateur. En plus de l’aide financière, un suivi technique est assuré, principalement par la Chambre d’agriculture de Bretagne et Agrobio 35.

En payant les agriculteurs 60 euros de l’hectare pour le premier passage, ce dispositif d’aide direct permet de les rémunérer, « c’est-à-dire qu’on leur donne plus que ce que cela leur coûte. C’est donc un levier incitatif visant à maximiser les surfaces désherbées mécaniquement lors du premier passage », insiste Jérémie Lacour.

« Nous serions très contents si un maximum d’agriculteurs effectuait au moins ce premier passage en mécanique, car les doses les plus fortes de produits phytosanitaires sont justement utilisées lors de ce premier passage avec le désherbage chimique. Cela permettrait de réduire en moyenne de 30 % les doses de produits sur les parcelles de maïs. »

Un dispositif qui pourrait être étendu aux céréales et au colza

Le dispositif vise aussi à apporter une aide directe aux entreprises de travaux agricoles (ETA) et aux coopératives d’utilisation du matériel agricole (CUMA), qui permettent la mutualisation du matériel entre agriculteurs.

« Ces structures sont essentielles dans les campagnes de désherbage, car ce sont souvent elles qui ont le matériel et les chauffeurs compétents pour l’utiliser. Le désherbage mécanique sur le maïs demande de la technicité et une forte réactivité de leur part, car la fenêtre météo pour intervenir n’est pas aussi large qu’avec le désherbage chimique. Elles doivent être en mesure de couvrir de grandes surfaces en un temps restreint », précise l’animateur.

Les agriculteurs conventionnels ont jusqu’au 31 mars pour s’inscrire et bénéficier d’un accompagnement technique et ont jusqu’au 31 octobre pour leur demande de versement. Quant aux agriculteurs biologiques, aux ETA et aux CUMA, ils peuvent directement faire leur demande de versement avant le 31 octobre.

« Nous sommes convaincus que le désherbage mécanique pourrait être déployé de manière assez massive. Le frein n’est pas technique mais plutôt organisationnel », estime Jérémie Lacour.

Si aujourd’hui le dispositif d’aide au désherbage mécanique concerne uniquement les cultures de maïs, principales responsables de la problématique des pesticides, il pourrait être étendu à terme aux cultures de céréales et de colza.

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Charlene Catalifaud

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