Vous cherchez un média alternatif ? Un média engagé sur l'écologie et l'environnement ? La Relève et la Peste est un média indépendant, sans actionnaire et sans pub.

A69 : les écureuils sont de retour dans les platanes menacés d’abattage

« On a une vie à côté et on la met entre parenthèses. On travaille, mais on arrête tout pour sauver des arbres. On ne s’occupe pas que de notre vie. »

Dans la nuit du 27 au 28 août, deux ans depuis la première occupation d’arbres à Vendine, quatre écureuils du GNSA sont de nouveau montés dans les platanes le long de la D11. Ceux-ci doivent être abattus par le concessionnaire de l’A69 (Toulouse - Castres) pour rendre de nouveau possible l’accès d’un agriculteur à sa parcelle. Un reportage d'Alain Pitton.

Dès 3 heures du matin, quatre écureuils du GNSA ont donc recommencé à occuper des arbres devant être abattus pour l’autoroute A69. Ceci, malgré les dires de Martial Gerlinger, le PDG d’Atosca, concessionnaire du chantier, qui avait pourtant assuré que tous les arbres avaient déjà été coupés.

Il ne s’agirait pas seulement de couper deux platanes d’alignement pour cet accès, mais bien dix. Les surnoms des écureuils, Camille, Gaspacho, Mapuche et Sorbus ont dû faire sonner l’alarme à la CNAMO et chez ATOSCA, car ce ne sont pas des écureuils débutants, mais expérimentés.

Malgré la pluie et le vent, les écureuils, se sont installés dans les deux platanes avec sommiers, nourriture, eau, panneau solaire, et tout « le nécessaire pour tenir longtemps ». L’aménagement dans les arbres n’a pas été de tout repos entre obscurité et stress d’être découverts avant d’être installés dans le houppier des platanes avec juste quelques allumages de frontales.

Les écureuils Sorbus et Mapuche installent leur campement dans un des platanes.

Une « dure journée » commente Gaspacho. L’écureuil tient à préciser qu’ils ne sont absolument pas contre les agriculteurs, qu’ils les soutiennent totalement, mais qu’abattre « dix arbres pour accéder à une parcelle en zone inondable, c’est beaucoup », indique-t-il pour La Relève et La Peste.

Les travaux de l’A69 enclavent la parcelle agricole bordée par les arbres actuellement occupés. Atosca a donc l’obligation de créer un chemin d’accès afin que l’agriculteur, propriétaire de cette parcelle, puisse accéder à ses cultures. Pour le GNSA, « les travaux ne seront pas achevés avant la maturité des cultures. Atosca n’a aucune raison de démarrer cet ouvrage aujourd’hui. »

Les terrassements faits pour créer une route d’accès à un agriculteur. Pour la poursuivre, il faut couper la D11 et abattre encore 10 platanes d’alignement. L’autoroute A69, elle, est située sur le remblai à gauche.

Gaspacho dénonce également « l’empressement maximal d’Atosca avec la politique du fait accompli » bien que l’A69 ait été jugée illégale et que l’appel n’aura pas lieu avant fin novembre. « Les travaux n’ont repris qu’à la faveur de l’obtention par le concessionnaire, d’un sursis à exécution » précise le GNSA. NGE vient d’ailleurs de passer en horaires 2×8 pour avancer plus vite sur les travaux…

Camille confie : « L’installation a été rapide. Tout s’est bien passé même s’il y a encore beaucoup de travail à faire ». La maréchaussée du coin, venue en début de matinée pour voir ce qu’il en était, s’est ébahie de la rapidité avec laquelle les écureuils avaient monté leur matériel.

Les gendarmes locaux, très courtois avec les militants, n’ont pu s’empêcher de faire remarquer que la première banderole concernant l’article 2 de la loi constitutionnelle (« toute personne a le devoir de prendre part à l’amélioration et à la préservation de l’environnement ») « était un peu haute, les gens en voiture ne la verront peut-être pas ».

Banderole accrochée par les écureuils.

Une seconde banderole « Stop A69 » a été également suspendue dans les arbres au dessus de la route. Le PSIG est passé à plusieurs reprises prenant quelques photos. La sécurité d’Atsoca s’est également rendue à Vendine dans la matinée, inquiète de la situation, prenant des photos, faisant chauffer les téléphones durant leur présence sur les lieux et se demandant « comment ont-ils su pour les abattages ? ».

Ces écureuils ne grimpent pas par plaisir dans les arbres, mais sont « motivés à rester le temps qu’il faudra ».

L’un deux tient encore à préciser : « On a une vie à côté et on la met entre parenthèses. On travaille, mais on arrête tout pour sauver des arbres. On ne s’occupe pas que de notre vie. »

Le but de l’occupation est de tenir le plus longtemps possible pour sauver les platanes de Vendine.

Un autre monde est possible. Tout comme vivre en harmonie avec le reste du Vivant. Notre équipe de journalistes œuvre partout en France et en Europe pour mettre en lumière celles et ceux qui incarnent leur utopie. Nous vous offrons au quotidien des articles en accès libre car nous estimons que l’information doit être gratuite à tou.te.s. Si vous souhaitez nous soutenir, la vente de nos livres financent notre liberté.

La Relève et La Peste

Faire un don
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

Votre soutien compte plus que tout

Animal, un nouveau livre puissant qui va vous émerveiller 🐺

Notre livre Animal vous invite à vous émerveiller face à la beauté du peuple animal. Des dernières découvertes scientifiques sur le génie animal jusqu’au rôle primordial de chaque espèce qui peuple notre terre, notre livre vous plonge au cœur du monde animal et vous invite à retrouver votre instinct.

Après une année de travail, nous avons réalisé l’un des plus beaux ouvrages tant sur le fond que sur la forme.

Articles sur le même thème

Revenir au thème

Pour vous informer librement, faites partie de nos 80 000 abonnés.
Deux emails par semaine.

Conçu pour vous éveiller et vous donner les clés pour agir au quotidien.

Les informations recueillies sont confidentielles et conservées en toute sécurité. Désabonnez-vous rapidement.

^