Pendant que les ménages français s’appauvrissent à cause des prix du carburant, les pétroliers s’enrichissent de façon obscène. Malgré le mouvement social contre la vie chère qui secoue la France depuis un mois, le Rassemblement National a fait blocus contre la taxation des superprofits des pétroliers.
Depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février 2026, et le blocage du détroit d’Ormuz, les prix des carburants ont flambé : le litre de gazole atteignait 2,40 euros en moyenne fin septembre (+40 % depuis février).
Et les crises profitent, comme d’habitude, aux multinationales. Cette semaine, TotalEnergies a dévoilé ses bénéfices nets du troisième trimestre 2026 : 8,3 milliards de dollars, soit 7,4 milliards d’euros. Réaction du gouvernement : demander gentiment au pétrolier de baisser ses prix, sans aucune taxation.
« Depuis janvier, la multinationale a engrangé 19,511 milliards de dollars de profits, soit près de deux fois plus qu’à la même période en 2025, sans que ces gains exceptionnels ne soient soumis à la moindre taxe supplémentaire », dénoncent un collectif d’ONGs.
350.org, Action Justice Climat Paris, Attac France, Greenpeace France et Extinction Rebellion se sont réunies ce matin devant l’Assemblée nationale pour protester contre le rejet des amendements visant à taxer les superprofits fossiles dans le budget 2027.

Action du 29/10/2026 © Rémy El Sibaïe/350.org
En effet, mercredi 28 octobre, l’Assemblée a rejeté les huit taxes de la gauche sur les superprofits pétroliers, par 115 voix contre 65. Le groupe politique responsable : le RN, qui a fait blocus contre chacune des huit taxations proposées. Sans les votes du RN, cinq taxes auraient été validées, dont la surtaxe socialiste, tombée par 64 voix contre 55.
Même la taxe de 66 % sur les superprofits des groupes pétroliers et gaziers, pourtant adoptée en commission des finances de l’Assemblée trois semaines plus tôt, a été rejetée. Elle visait les entreprises qui réalisent en France au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 75 % dans l’extraction, le raffinage, le stockage ou la vente de pétrole, de gaz ou de charbon.
« En portant le taux de cette contribution à 66 %, nous dégagerions au moins 600 millions d’euros rien qu’en taxant les bénéfices réalisés en France », précisait la député écologiste Eva Sas. Raté pour l’instant.

Source : NosParlementaires.fr
Les ONGs, elles, dénoncent le « chantage » du PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné. Ce dernier a menacé qu’en cas de taxation des superprofits, le pétrolier cesserait le blocage des prix à la pompe. Or, ce blocage coûte 500 millions d’euros à TotalEnergies ; soit seulement 2,6% des 17 milliards d’euros de bénéfices nets qu’elle a engrangés sur les trois trimestres de 2026.
« Il est inacceptable de baisser les moyens des services publics et de demander des efforts aux classes populaires alors que TotalEnergies ne paie aucun impôt sur les sociétés en France ! Le budget 2027 doit prendre des mesures pour taxer les profits excessifs, instaurer la taxation unitaire afin de neutraliser l’évasion fiscale des multinationales, et empêcher le versement d’aides publiques aux entreprises qui pratiquent l’évasion fiscale », explique Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac.
Face à cette injustice fiscale, les ONGs sont bien décidées à ne pas lâcher les responsables politiques. « À l’approche de l’élection présidentielle, aucun·e candidat·e ne pourra esquiver la question et devra choisir son camp : celui des profits ou celui des gens », concluent-elles.