Contre les plantations de monocultures, les coupes rases et la destruction des forêts pour faire de l’énergie, plusieurs dizaines de collectifs, d’associations et de syndicats engagés pour la protection de forêts multifonctionnelles et vivantes lancent une mobilisation nationale.
Une prédation massive sur les forêts
Les collectifs ont lancé leur appel à Nestier, dans les Hautes-Pyrénées, à l’occasion du « Festival de la forêt et du monde habitable ». L’occasion pour eux de mettre en avant les enjeux forestiers dans le cadre du mouvement national du 26 septembre pour le climat.
Parmi eux : l’association Canopée Forêts Vivantes, le SNUPFEN Solidaires, syndicat majoritaire de l’ONF, ainsi que le Groupe National de Surveillance des Arbres (GNSA), représenté notamment par Thomas Brail, parrain de l’événement.
« On a un intérêt majeur à prendre conscience qu’il faut prendre soin de la forêt », explique-t-il à La Relève et La Peste. « Il y a une prédation massive sur les forêts : que ce soit l’utilisation du bois pour faire voler des avions et autres projets totalement stupides, les coupes rases et le changement de forêts de feuillus diversifiées en plantations de monoculture. »
Un enjeu crucial pour les présidentielles
Les organisations entendent faire de la forêt un enjeu de la campagne présidentielle.
« C’est le temps de la riposte après l’été chaotique qu’on a vécu, l’été caniculaire et la série d’incendies », explique Gaspard d’Allens, journaliste et co-auteur de notre livre-journal Forêts. « Il est important d’engager un grand mouvement de défense des forêts vivantes. On prépare une mobilisation à l’échelle nationale, les 13 et 14 mars à Paris, pour faire front commun contre les industriels ».

Gaspard d’Allens – Crédit : Eloi Boyé
Dans un climat tendu entre militants pour la protection des forêts et certains acteurs de la filière bois, plusieurs intervenants ont mis en avant l’importance d’un changement structurel de la filière forêt-bois, actuellement très défavorable à une gestion durable des forêts.
« Le modèle économique des entrepreneurs de travaux forestiers (ETF), c’est à dire des bûcherons et débardeurs, repose en partie sur la coupe rase : même pour ceux qui aimeraient faire autrement », rappelle Gaëtan du Bus de Warnaffe, gestionnaire forestier indépendant. « Ils n’arrivent pas à tirer un salaire sans coupes rases. C’est un problème structurel. »
« On peut utiliser du bois, ce n’est pas la question », rappelle Thomas Brail. « Mais avec précaution, et sans être autant prédateur. »
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