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Manger du saumon nous intoxique aux métaux lourds et aux microplastiques

Le saumon affiche des teneurs inquiétantes en mercure, en cadmium, en plomb ou en arsenic.

Longtemps conseillée pour son apport en oméga-3, en vitamines et en protéine, la consommation de saumon fait désormais l’objet d’une mise en garde auprès des autorités sanitaires. En cause : la contamination de sa chair par des polluants organiques, des métaux lourds et des microplastiques.

Les poissons, principale contamination aux métaux lourds

La France est aujourd’hui l’un des plus gros consommateurs de saumon, en se hissant au 4ème rang mondial et au 1er rang au sein de l’Union européenne, avec une consommation de 270 000 tonnes en 2021. Il est de loin le poisson préféré des Français, qui sont plus de 70 % à en consommer, avec une moyenne de 3,8 kg/personne en 2022 selon le décompte de FranceAgriMer.

Mais depuis quelques années, les autorités sanitaires alertent quant à la consommation de produits de la mer, et particulièrement de saumon. En effet, certaines études récentes mettent en garde quant aux taux de polluants retrouvés dans les graisses de ces animaux qui, une fois consommés, contaminent les êtres humains à leur tour.

En 2021, l’Agence nationale Santé Publique France révélait dans une étude sur l’exposition aux métaux lourds, que « l’ensemble de la population est concernée » par cette contamination. En ce qui concerne le saumon, celui-ci affiche des teneurs inquiétantes en mercure, en cadmium, en plomb ou en arsenic.

Lorsque leur concentration devient trop importante, ces métaux peuvent être à l’origine de maladies graves. Le mercure et le plomb sont notamment liés à des atteintes du système nerveux et du développement, tandis que le cadmium et l’arsenic sont surtout associés à des dommages rénaux et hépatiques. À long terme, leur ingestion accroît également le risque de cancers et peut affecter la reproduction.

Des saumons contaminés aux polluants organiques

En ce qui concerne le saumon, les métaux lourds ne sont pas les seules sources d’inquiétudes. Ils font partie des poissons les plus contaminés aux polluants organiques – les dioxines et les PCB. Ces substances, très persistantes, se fixent sur les graisses et s’accumulent tout au long de la chaîne alimentaire. Le saumon, poisson gras, les concentre donc plus facilement dans sa chair.

À long terme, une exposition excessive est associée à des effets similaires à ceux des métaux lourds. La consommation de saumon – contaminé par les uns et les autres – augmenterait donc significativement le développement de maladies liées à ces substances.

Ces contaminations s’expliquent d’abord par la pollution des milieux aquatiques liée aux activités agricoles et industrielles, qui diffuse des polluants persistants dans l’eau et les sédiments.

En élevage, elles sont renforcées par l’alimentation des poissons, souvent à base de farines et d’huiles issues de poissons sauvages déjà contaminés. Les polluants s’y bioaccumulent et se retrouvent ensuite concentrés dans des espèces grasses comme le saumon.

Microplastiques : une contamination diffuse mais réelle

À l’échelle mondiale, 70 % des saumons proviennent d’élevage, ce qui vient également avec son lot de complications. Dans ce cadre, la question des microplastiques s’impose comme une problématique majeure, car les saumons d’élevage en contiennent en grande quantité.

Dans leur rapport “Poissons hors sol”, les associations Seastemik et Foodrise estiment qu’un saumon d’élevage de cinq kilos contient environ 523 microplastiques. Rapporté à la consommation moyenne des Français, cela équivaut à près de 398 microplastiques ingérés par personne et par an.

Face à ces constats – et pour limiter les risques d’exposition à ces polluants – l’Anses préconise de ne pas manger de poissons plus de deux fois par semaine, et de varier les espèces. Mais certains vont plus loin, à l’instar de l’association Seastemik, qui encourage à ne plus consommer de saumon.

Au-delà des risques sanitaires liés à sa consommation, l’industrie salmonicole participe largement à la destruction de l’environnement et à l’accroissement des inégalités dans le monde.

Repenser sa consommation de saumon devient ainsi un enjeu de santé publique autant qu’un impératif écologique.

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Louis Laratte

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