L’aéroport de La Rochelle a obtenu une autorisation pour abattre des centaines d’arbres, afin de se conformer aux règles de sécurité. Les habitants s’y opposent pour sauver le bois de la Faucherie, un havre de biodiversité.
Plus de 600 personnes se sont rassemblées à La Rochelle ce dimanche pour s’opposer à l’abattage des arbres du bois de la Faucherie, qui s’étend sur une parcelle de 1,5 hectare proche de l’aéroport.
Début novembre, un arrêté préfectoral autorisant l’abattage de 599 arbres a provoqué la colère des habitants. Le maire, Thibaut Guiraud, a tenté d’apaiser la polémique en annonçant peu avant la manifestation que seuls 129 arbres seraient finalement coupés.
Cet « effort » n’a pas rassuré le collectif du Bois de la Faucherie, qui réclame la suspension des travaux, le temps de mener une étude complète sur l’impact pour la faune. Les riverains dénoncent également l’écimage de 258 arbres, en plus des 129 abattus, d’ici le 26 février 2026. Et les promesses de replantation ne les bernent pas.
« Nous refusons (…) la destruction programmée d’un espace de biodiversité inestimable non seulement par le nombre d’arbres mais aussi par la richesse et la diversité des espèces et de leurs habitats impactés, largement sous-évaluées dans l’étude réalisée par le bureau d’études. Dans un territoire qui vise la neutralité carbone en 2040, les projets de micro-forêts « bleues » ne remplaceront pas les arbres coupés ! », explique le collectif dans un communiqué.

En rouge, la zone dans laquelle les arbres doivent être coupés – Crédit : Extrait de l’étude du diagnostic écologique du cabinet Eau-Méga, commandé par l’aéroport
Pour cause, les vieux arbres sont ceux qui captent mieux le carbone et abritent le plus d’espèces. Ils ont aussi un rôle crucial auprès des jeunes arbres, comme nous vous l’expliquons dans notre livre-journal Forêts.
En plus de l’inventaire sur les espèces protégées, les riverains réclament des études sur l’impact d’un abattage en période d’hibernation des chiroptères (chauve-souris) et l’exploration d’alternatives pour modifier la trajectoire des avions sans impacter le bois de la Faucherie.
« On est là pour essayer de protéger ce qu’il nous reste de poumon vert à La Rochelle » explique Sonia, venue de Fouras, au micro d’ICI. « On abat des arbres pour faire voler des avions, on marche sur la tête ! »

Thomas Brail lors de la mobilisation du 7 décembre – Crédit : Didier Guyon
En venant soutenir la mobilisation, Thomas Brail, fondateur du GNSA, a rappelé que les annonces de réduction d’abattages d’arbres ne sont pas toujours tenues, comme ce qu’ils ont vécu sur le tracé de l’A69.
Olivier Sieber, membre d’une des familles propriétaires du parc, a expliqué au micro de Thomas Brail : « L’aéroport est à côté de ce parc privé depuis 1982. Il aimerait faire couper les arbres car ils gênent les avions moyens porteurs, ceux low-cost. Jusqu’à présent les avions n’ont eu aucun mal à atterrir, mais cela fait des années que la famille subit des pressions de l’aéroport. Nous avons donc décidé d’en faire un événement politique publique, car c’est le dernier parc que nous avons à La Rochelle. »
Surtout, cet aéroport est déficitaire. L’agglomération lui verse 3 millions d’euros de subventions publiques par an, soit « 6 euros donnés par chaque habitant tous les ans ».
« On se met des œillères, comme si le kérosène ne réchauffait pas la planète », a dénoncé Nino Salaun, tête de liste La Rochelle Insoumise et Populaire. « Le modèle touristique qu’on nous impose est à bout de souffle. Il détruit l’environnement, il détruit le lien social, il rend la vie impossible aux habitant·es. Et il ne profite qu’à quelques-un.es. »
Le collectif de la Faucherie préférerait que ces subventions servent au développement du ferroviaire. Il va défendre les arbres lors d’une réunion à la préfecture ce 12 décembre.
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