XR, Greenpeace et de nombreuses ONG fichées comme terroristes en puissance par la police britannique

Après la France et les Etats-Unis, la criminalisation des militants écolo et sociaux sous couvert de « guerre contre le terrorisme » se poursuit au Royaume-Uni.
22 janvier 2020 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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La police britannique a fiché Extinction Rebellion, Greenpeace, PETA et de très nombreux organismes pour la paix comme une menace potentielle, au même titre que des mouvements d’extrême droite et des groupes terroristes avérés. Ce guide a justifié cette sélection par une phrase éloquente : lutter contre les organismes qui veulent changer le système établi.

Les associations environnementales et sociales fichées comme des terroristes en puissance

Dans un guide de 12 pages, la police britannique anti-terroriste a classé de nombreux mouvements citoyens et associations environnementales et sociales, telles que Extinction Rebellion, Greenpeace, Peta, Sea Shepherd, mais aussi des groupes antifascistes ou anarchistes, aux côtés de groupuscules d’extrême-droite et de terroristes avérés ! Réalisé dans le cadre du programme anti-terroriste « Prevent », ce guide a été distribué au corps médical et enseignant pour prévenir la « radicalisation » de jeunes élèves.

La révélation de ce guide par The Guardian a créé une véritable polémique au sein des institutions britanniques, certains plaidant une « erreur locale » (le guide a été distribué dans le Sud Est du pays), tandis que le Ministre de l’Intérieur Priti Patel a défendu cette position en expliquant que n’importe quel groupe organisé pouvait constituer une menace pour la sécurité intérieure. 

« Tout au long de ma vie, la police a tenté de classer les manifestants non-violents luttant pour un monde meilleur comme extrémistes ou terroristes. Mais s’il n’y avait pas de protestation non-violente, il n’y aurait pas de votes, pas de droits, pas de justice, pas de démocratie. Alors, qui sont les extrémistes ? J’exhorte tous ceux qui se soucient de l’avenir de la vie sur Terre à se signaler à Prevent et à demander qu’ils soient soumis à un lavage de cerveau pour redevenir le consommateur hébété qui définit apparemment un bon citoyen. » a ainsi ironisé George Monbiot, militant écologiste et éditorialiste du journal The Guardian

De fait, l’objectif affiché de cette classification est surtout d’empêcher le renversement de « l’ordre établi ». Ainsi, si les valeurs portées par Extinction Rebellion ou les associations de protection des animaux se différencient des autres par un petit paragraphe expliquant qu’elles ne sont pas « extrêmes en elle-même », ce sont les modes d’action engagés par les groupes, et donc leurs effets, qui est dans le viseur des autorités établies.

Terroristes en puissance dès l’enfance

Les personnes ayant reçu cette brochure sont invitées à « courir, se cacher, et raconter » aux autorités dès qu’elles ont connaissance de l’engagement d’une personne dans une des associations incriminées. Le rapport préconise de faire attention aux «personnes qui évoquent en termes forts ou émotifs des problèmes environnementaux tels que le changement climatique, l’écologie, l’extinction des espèces, la fracturation hydraulique, l’extension d’aéroport ou la pollution». De la délation pure et simple.

Après la France et les Etats-Unis, la criminalisation des militants écolo et sociaux sous couvert de « guerre contre le terrorisme » se poursuit au Royaume-Uni. Si certains médias sont plus enclins à prendre la menace au sérieux, c’est parce que cette criminalisation peut désormais frapper n’importe qui, y compris les tranches de la population qui regardaient jusqu’à présent toute cette surveillance d’un œil inquiet sans se sentir concerné. Et, dans le cas présent, parce que des enfants sont eux aussi perçus comme des terroristes en puissance.

« Il s’agit d’un exemple saisissant de la façon dont le programme Prevent étouffe la liberté d’expression, qualifie la dissidence de dangereuse et donne à la police des pouvoirs étendus pour surveiller les comportements non violents et non criminels. La définition de l’extrémisme par Prevent est fondamentalement erronée et si large que des milliers de personnes – y compris des enfants – peuvent en faire les frais. Manifester est fondamental pour la démocratie et notre capacité à résister au pouvoir. Cette année seulement, Extinction Rebellion, les grèves des écoles et d’autres manifestations ont montré à quel point les actions directes sont utiles pour apporter des changements. » a ainsi déclaré Clare Collier, du groupe des droits civiques Liberty

En justifiant une fois de plus un fichage de données par la lutte contre le terrorisme, un pouvoir établi crée un précédent pour exercer des mesures liberticides sur toute la population. Plus que jamais, la défense de notre liberté d’expression devient un enjeu vital du XXIème siècle.

22 janvier 2020 - Laurie Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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