Vaccins : tout le monde parle, personne ne sait

FacebookTwitter

Le mercredi 5 juillet 2017, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé que huit vaccins supplémentaires pour la petite enfance seraient obligatoires – mesure mise en application depuis 2018. Depuis, les débats s’animent, parfois jusqu’à en perdre tout sens critique.

Depuis Pasteur, on a sauvé des millions de vie dans le monde !

Cette semaine, Michel Cymes fût l’invité de C à vous, présenté par Anne-Elisabeth Lemoine afin de faire la promotion de son magazine Dr Good et de discuter vaccins. Et il a des choses à nous dire ! Le professionnel de santé et animateur tente de temporiser les raccourcis qui se font par ce qu’il appelle « les anti-vaccins ». En effet, il tient à rappeler aux téléspectateurs les faits « Depuis Pasteur, on a sauvé des millions de vie dans le monde ! » et dénonce la politique de « désinformation de certains médias (…). Je ne supporte plus ceux qui se cachent derrière la liberté de vaccination, qui sont en fait des anti-vaccins. ».

Un pour tous ?

Michel Cymes va même jusqu’à comparer le comportement de certains français comme un comportement « d’enfants gâtés ».

« On se pense bien informés, on pense que l’on doit prendre la liberté de choisir son traitement, de discuter avec son médecin… (…) mais on doit s’occuper de la France, on ne peut pas s’occuper des gens au cas par cas. »

En effet, on doit se rappeler que si les marques font de l’hyperpersonnalisation, le domaine de la santé doit protéger le plus grand nombre ! Cette liberté de choisir a déjà été remise en cause par le passé, notamment lorsqu’en 2015, le Conseil Constitutionnel avait décrété que la vaccination obligatoire n’était pas contraire à la loi fondamentale de disposer librement de son corps.

Agnès Buzyn : « c’est un impératif de santé publique »

Mais alors, est ce que passer à onze vaccins revient à protéger le plus grand nombre? Est-ce que l’obligation est la solution ? Agnès Buzyn est formelle : c’est « un impératif de santé publique ».

« Entre 2011 et 2015, 255 cas d’infection invasive à méningocoque chez des personnes âgées de 1 à 24 ans, parmi ces jeunes, 25 sont décédés et plusieurs présentent de graves séquelles, notamment des retards mentaux. Cela aurait pu être évité par la vaccination. Entre 2006 et 2013, plus de 2000 cas d’hépatite B chez des sujets non vaccinés. Et sur ces 3 dernières 408 cas, dont 14 atteintes aiguë parfois mortelles et de nombreuses formes chroniques sévères entraînant cirrhose du foie et cancers (…) En se faisant vacciner, on se protège soi-même certes, mais on évite aussi de transmettre des maladies aux autres, particulièrement aux enfants, aux personnes malades et/ou âgées. Et quand une question n’engage pas que les individus mais la collectivité toute entière, les pouvoirs publics doivent prendre leur responsabilité. »

« Pasteur s’est trompé », Dr Christian Tal Schaller

De l’autre côté, il y a ceux qu’on appelle « les anti-vaccins » comme le Dr Christian Tal Schaller qui affirme sans sourciller que « Pasteur s’est trompé ». Ce médecin étaye sa position anti-vaccins car il affirme que les vaccins baissent les immunités générales – c’est à dire que lorsqu’un vaccin agit contre un virus particulier, il le fait au détriment de l’environnement dans lequel il évolue. Christian Tal Schaller explique que le vaccin, « une intervention extérieure », n’est pas capable de guérir de manière durable une pathologie intérieure évoluant dans l’ensemble du système du corps humain et cite, entre autres, le cas Gardasil.

Jackpot pour l’industrie pharmaceutique

Au-deçà, l’ombre des lobbies des laboratoires pharmaceutiques plane au-dessus de cette nouvelle loi. La réputation d’Emmanuel Macron ne fait alors pas défaut et renforce le manque de confiance encore plus accru : peut-on lui faire confiance ? Et surtout, est-ce que cette question de confiance va biaiser le débat public à chaque nouvelle mesure ? L’intérêt des lobbies pharmaceutiques de l’augmentation des ventes de vaccins est immense et durable.

En effet, si les brevets de nombreux médicaments sont arrivés à terme et peuvent être reproduits « génériquement », les vaccins ne le sont pas. Le savoir-faire protégé des industries et des usines spécifiques ne permet pas aux vaccins d’être copiés uniquement avec leur formule. Il est clair que les 11 vaccins obligatoires sur tout le territoire sont une aubaine : si en 2008, le vaccin ne représentait que moins de 3% du marché pharmaceutique mondial, il affiche depuis, une croissance à deux chiffres et doublera d’ici à 2025 avec des ventes atteignant les 80 milliards de dollars.

Y a-t-il une réponse ou juste des avis ?

Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de nier que la désinformation en la matière est immense. Tout le monde y va de son petit avis : médecins, scientifiques, médias, politiques ou même voisin. La question d’un esprit critique face à l’information est une fois de plus le fondement un débat public plus sain. Et si la nouvelle loi de vaccination n’était pas tout simplement bonne ou tout simplement mauvaise ?

Une fois de plus, tout n’est pas tout noir ou tout blanc : oui la vaccination sauve des vies et oui l’industrie pharmaceutique fait du profit, oui les vaccins ont de terribles effets secondaires et oui ils ont été jusqu’ici, garants d’une couverture vaccinale indispensable à la santé publique, oui il serait utile de trouver d’autres formules avec des adjuvants moins dangereux et oui, à ce jour, ce n’est pas rentable. Et non, ce débat n’existerait pas si la bienveillance et la confiance étaient de mise au sein de notre société.

Manifeste numéro 1

Pour commander notre Manifeste, cliquez sur l’image !

FacebookTwitter
Article Précédent
Article Suivant