Un boycott quotidien au mois d’octobre : le grand défi

Le boycott implique de traquer et casser certaines habitudes bien ancrées, de savoir se remettre en question, et heureusement de découvrir des alternatives joyeuses et bien plus satisfaisantes, comme le réseau des AMAP qui constitue l’une des plus belles réponses à un système de grande distribution ne respectant pas souvent leurs producteurs.
5 octobre 2018 - Laurie Debove
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Un défi ambitieux a été lancé par des citoyens motivés : un grand boycott mensuel, visant une entreprise différente chaque jour du mois d’Octobre. Le principe : utiliser son pouvoir de consommateur pour faire entendre sa voix de citoyen.

Regroupant aujourd’hui plus de 25 000 personnes engagées, ce grand boycott mensuel s’inscrit dans la continuité de la mobilisation initiée par la Marche pour le Climat. Ce boycott a commencé avec un objectif ambitieux, qu’il souhaite reproduire chaque début de mois : ne rien acheter du tout le premier jour du mois. Les citoyens sont invités à relayer leur engagement sous les hastags #i-boycott, #unispourleclimat, #ilestencoretemps.

« Nous sommes un petit groupe d’individus, mais petit à petit, nous devenons légion à ne plus cautionner notre système. Et de l’autre côté ? Elles sont 100, les entreprises à générer 70% des émissions de carbone… Faisons-les plier. Le premier octobre, n’achetons pas. N’allons pas au supermarché, n’allons pas à la station service. Ne retirons pas d’argent, ne le dépensons pas.
Sur cet événement, à partir du 2 octobre, une entreprise/marque sera la cible de notre boycott, chaque jour. A la fin du mois, ce sera 30 entreprises qui seront dans notre viseur.
Et si ça ne suffit pas, recommençons le 1er novembre, et ajoutons-y un jour supplémentaire.
Le 1er et le 2 novembre, n’achetons pas.
Et si ça ne suffit pas, recommençons le 1er, le 2, et le 3 décembre.
Faisons sans eux, pour leur rappeler qu’ils ne peuvent pas faire sans nous ! »

Crédit Photo : Julien Peyou

Les quatre premières entreprises visées par ce boycott sont Coca-Cola, Engie, Nespresso et H&M. Pour chacune d’elles, une page détaille les raisons d’incriminer l’entreprise visée, mais aussi les alternatives qui existent. Ainsi, la dernière en date qui vise H&M rappelle les conséquences écologiques et sociales désastreuses de la « fast-fashion » dont l’industrie toute entière (H&M et ses pairs) a produit en 2010 plus de 150 milliards de vêtements, soit assez pour fournir plus de 20 habits à chaque personne sur la planète.

Le boycott implique de traquer et casser certaines habitudes bien ancrées, de savoir se remettre en question, et heureusement de découvrir des alternatives joyeuses et bien plus satisfaisantes, comme le réseau des AMAP qui constitue l’une des plus belles réponses à un système de grande distribution ne respectant pas souvent leurs producteurs.

Dans cette vidéo de Partager C’est Sympa, les petits rappels sur les méfaits de l’agro-industrie sont frappants : « Quand tu sais que ton yaourt a fait 9000 km, que 25% des fermes françaises ont fermé en 10 ans, que 40 % de nos fruits et légumes sont importés, tu te dis que *peut-être* on peut faire vraiment mieux. »

Cet appel à un grand boycott mensuel, c’est donc l’occasion de prendre une pause dans son quotidien et détailler avec plus d’attention les achats réalisés ce mois d’octobre. A-t-on vraiment besoin de ce nouveau vêtement ? Mais aussi, comment souhaitons-nous nous habiller, nourrir, loger, vivre en fait ? En cautionnant quel système de production et de consommation ? A qui va l’argent que nous dépensons et quels en sont les impacts ? Acceptons-nous d’être complices, par nos achats du quotidien, d’un système que nous dénonçons en ligne ? Ou préférons-nous agir en cohérence avec ce qui nous paraît juste ?

Comme le précise les initiateurs du boycott mensuel : « Soyons les rois que nous avons oublié que nous sommes, et imposons nos règles avant que le climat ne nous impose les siennes, les nouvelles, celles qui ont changé parce que notre système n’a pas voulu l’entendre. Nous sommes nombreux, innombrables même. Et nous sommes puissants. Bien plus qu’on ne pourrait le penser. »

Crédit Photo à la une : Julien Mattia / Sputnik

5 octobre 2018 - Laurie Debove
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