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Avec un taux d’abstention record, comment peut-on parler de représentativité ?

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L’appel des urnes de ce 18 juin semble ne pas avoir eu la même résonnance que le message porté par De Gaulle en 1940. Avec un taux d’abstention inédit pour la 5ème République (entre 56 et 58%), les électeurs absents ont largement ouvert la voie à la majorité absolue d’En Marche à l’Assemblée. Comment expliquer cette abstention et que nous dit-elle sur le modèle représentatif ?

Ce week-end les urnes ont été littéralement désertées. D’après l’institut Ipsos-Sopra Steria, 56% des Français se sont abstenus ce dimanche (58% d’après Kantar Sofres). Voilà sans doute la seule majorité absolue qui s’est constituée depuis les présidentielles : celle des déçus qui ne voient même plus de bonnes raisons pour aller voter. Il apparait que plusieurs causes peuvent expliquer ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

D’abord, il y a eu la reconfiguration sans précédent des partis politiques qui a détruit le caractère binaire des élections de ces dernières années. Il semble en effet que l’offre partisane politique se soit constellée et soit devenue imperméable, c’est-à-dire que les électeurs ne sont plus aussi docilement mobiles qu’il y a 5 ou 10 ans (on voit mal un électeur de la France Insoumise voter au second tour pour le candidat d’En Marche).

C’est d’ailleurs sans doute le problème qui s’est posée dans la plupart des circonscriptions où s’opposaient un candidat d’un parti traditionnel (PS, UMP) et un candidat LREM. Comment choisir lorsqu’on ne se reconnait plus nulle part ? Comment choisir lorsqu’on souhaiterait s’opposer à une majorité absolue présidentielle à l’Assemblée mais que le combat semble perdu d’avance ?

C’est d’ailleurs peut-être aussi le sentiment qu’avait une partie des Français ce dimanche, celui d’un tour déjà joué qui ne réservait aucune surprise (à part peut-être dans les circonscriptions où l’enjeu était plus fort). Peut-être une certaine lassitude aussi, après ce marathon électoral qui n’en finit plus. Une envie de passer à l’action, enfin, quel que soit le tableau politique.

Mais bien entendu, même si l’on peut expliquer les raisons de cet abstentionnisme massif, ce n’est pas pour autant que nous devons le normaliser. Nous sommes en pleine crise du système représentatif, les chiffres de l’abstention le montrent. Notre croyance en la démocratie est ébranlée alors même que l’offre politique s’est densifiée et que nous devrions davantage nous retrouver dans ce pluralisme politique croissant.

Certains sondages ont montré que l’abstentionnisme touchait en premier lieu les 18-24 ans (61%), et les 25-34 ans (63%) d’après les projections d’Odoxa pour France info. Après le constat alarmant de ce désintérêt pour le choix de nos représentants auxquels nous déléguons nos pouvoirs, l’enjeu de ces élections sera double. D’abord le changement radical des visages de l’Assemblée pourra ou bien insuffler un nouveau souffle au système représentatif ou à l’inverse reproduire les mêmes schémas. N’oublions pas d’ailleurs que l’Assemblée va être pour la première fois presque paritaire, ce qui peut être un nouveau souffle pour notre démocratie. Ensuite, il s’agira de renouer avec une forme de visibilité, pour que l’Assemblée ne soit plus cet huis-clos où les citoyens sont bien tenus à l’écart des propositions de lois. Voilà les deux enjeux que devront relever nos nouveaux députés pour revitaliser notre système démocratique, nous verrons bien ce qu’il en est.

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