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Le sport sur ordonnance est désormais inscrit dans la loi, enfin !

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« Manger, Bouger » on ne cesse de nous le rabâcher. Dans les brochures médicales, dans les spots publicitaires, ce slogan nous est familier mais nous avons fini par le « zapper ». Globalement, les Français sont plus sensibles aux solutions curatives que préventives, et la preuve en est : plus de la moitié de nos concitoyens n’exerce aucune activité physique. Notre quotidien est facilité par toujours plus de confort, ce qui contribue à renforcer notre sédentarité. C’est dorénavant une certitude, moins on bouge et plus on a mal. Bonne nouvelle, les mesures de la Loi Santé votées dernièrement par l’Assemblée, vont nous donner toutes les raisons de bouger.

Valérie Fourneyron, ex-ministre des Sports, défend le nouvel amendement visant à « remplacer la longue liste de médicaments par de l’activité physique. » Belle initiative lorsqu’on sait qu’actuellement 90% des patients sortent de chez leur médecin avec une prescription médicamenteuse. Dès 2011, la Haute Autorité de Santé soulignait déjà que la France était loin d’être championne en matière de thérapeutiques non médicamenteuses.

Espérons que dans un futur proche, les ordonnances médicales préconiseront un quota d’heures d’activité physique en remplacement d’une visite à la pharmacie. Certaines villes ont déjà mis en pratique l’option « sport santé sur ordonnance », et commencent à dresser une liste non exhaustive des bienfaits qui s’ensuivent. À Biarritz, tout patient atteint d’une maladie dite de longue durée peut désormais se voir administrer des séances de sport adaptées. Les médecins sont habilités à prescrire une dizaine de sports : du paddle, du surf, de la marche nordique, de la natation, de la gym…

L’amendement, soutenu par Patrick Kanner, l’actuel ministre des Sports, s’adresse à des personnes atteintes de maladies chroniques avérées, tels certains cancers, certains types de diabète ou encore des maladies cardio-vasculaires. « Il n’est pas question de se faire rembourser son abonnement dans une salle de sport. Il s’agit d’une prescription et d’une activité qui sera assurée par des structures labellisées » précise Valérie Fourneyron.

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À Strasbourg, ville pilote, on expérimente le « sport santé sur ordonnance » depuis 2012. Le dispositif coûte 250 000 euros par an et concerne 800 patients. « Le généraliste rédige l’ordonnance, dirige son patient vers l’équipe d’animateurs sport et santé de la ville qui va établir un diagnostic de sédentarité puis établir un programme, en accord avec le médecin. Au bout de quelques semaines de pratique dans une structure agréée, il est possible de diminuer la dose de médicaments d’un diabétique, au bout de quelques mois pour un patient atteint d’une maladie cardio-vasculaire » détaille le docteur Alexandre Feltz. Si le patient ne débourse rien la première année, il contribue, en fonction de ses revenus, les deux suivantes. « Il est important que l’argent ne soit pas un facteur limitant » insiste le docteur Feltz.

C’est prouvé, le sport sur ordonnance n’a rien d’une solution « pansement », c’est une réelle alternative à la prise de médicaments. Pour les patients c’est un sacré soulagement, « je subis mon mal au dos depuis tellement longtemps. Quand mon médecin m’a parlé du dispositif, j’ai accepté tout de suite alors que je me refusais à faire du sport. Après six mois de pratique, alternant paddle, pilates et marche nordique, il m’arrive désormais de ne plus ressentir ma lombalgie » déclare Karine, plus en forme que jamais.

« Après six mois, le bilan est d’ores et déjà positif à nos yeux. Nous voyons les gens se transformer »

En attendant les premiers retours d’expérience à Biarritz, le budget alloué à ce nouveau dispositif est dérisoire, 30 000 euros partagés entre 200 bénéficiaires. Mais la nouvelle Loi Santé connait un franc succès, ce qui va sans doute la conduire à se développer et se généraliser. « Après six mois, le bilan est d’ores et déjà positif à nos yeux. Nous voyons les gens se transformer » explique Nicolas Guillet de Biarritz Sport Santé. La rédaction des décrets d’application précisera bientôt aux professionnels de santé les conditions de cette nouvelle forme de posologie.

N’oublions pas que l’activité physique s’encourage dès le plus jeune âge. Les plus petits ont grand besoin de se dépenser, bien plus que les adultes. Plus tôt les enfants prennent l’habitude d’être actifs, plus longtemps ils garderont ce bon réflexe.

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