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Pour soigner la leucémie, les Etats-Unis autorisent un traitement qui modifie les gènes

La Food and Drug Administration a annoncé le 30 août dans un communiqué de presse la commercialisation, pour la première fois aux Etats-Unis, d’une thérapie génique contre une forme particulièrement ravageuse de cancer : la leucémie lymphoblastique aigüe. Il s’agit en effet du cancer du sang pédiatrique le plus fréquent aux Etats-Unis puisque 3100 nouveaux cas […]

La Food and Drug Administration a annoncé le 30 août dans un communiqué de presse la commercialisation, pour la première fois aux Etats-Unis, d’une thérapie génique contre une forme particulièrement ravageuse de cancer : la leucémie lymphoblastique aigüe. Il s’agit en effet du cancer du sang pédiatrique le plus fréquent aux Etats-Unis puisque 3100 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année selon le National Cancer Institute. C’est un cancer du sang et de la moelle osseuse à la progression rapide qui touche principalement les enfants, adolescents et jeunes adultes.

Le Kymriah, un nouvel espoir de rémission pour la leucémie

Le Kymriah n’est pas un traitement comme les autres : il est élaboré sur mesure pour chaque patient. Des cellules immunitaires sont prélevées chez le patient en question, sont congelées et ensuite envoyées dans un laboratoire où elles sont génétiquement reprogrammées pour identifier et détruire les cellules cancéreuses. On incorpore en fait à ces cellules un gène qui porte capteur factice d’antigène, uniquement dédié à la reconnaissance de l’antigène (CD19) se trouvant à la surface des cellules leucémiques.

En une seule administration, le traitement est ensuite réinjecté dans l’organisme du malade et ce sont les cellules immunitaires elles-mêmes qui s’attaquent au cancer. Ce type de thérapie est réservé aux patients pour lesquels les traitements par radiation ou chimiothérapie ont échoué, ce qui arrive dans 15 à 20% des cas pour ce type de leucémie.

Le Kymriah a été mis au point par un chercheur de l’université de Pennsylvanie et breveté par les laboratoires suisses Novartis. Les essais cliniques effectués sur 63 patients atteints de cette leucémie se révèlent très concluants puisque l’on constate 83% de rémission dans les trois premiers mois du traitement ! La rémission d’Emily Whitehead, diagnostiquée en 2010 alors qu’elle n’avait que 5 ans est symptomatique du succès de cette thérapie.

Un traitement néanmoins coûteux et risqué

On ne peut que se réjouir des résultats très positifs des essais cliniques, mais il faut aussi reconnaître certains désavantages du Kymriah, et en premier lieu, son prix exorbitant de 475 000 dollars. Novartis s’empresse de nuancer : les patients pour qui le traitement aura été inefficace n’auront pas à débourser un sou. Et à côté d’une greffe de moelle osseuse dont le prix peut monter jusqu’à 800 000 dollars, le prix de cette thérapie pâlit quelque peu. Les laboratoires affirment que le traitement sera probablement au moins en partie pris en charge par l’assurance maladie des patients ou le Medicaid, l’assurance réservée aux personnes à bas revenus.

On ne peut toutefois imaginer maintenir sur le long terme un prix aussi faramineux ! André Choulika, chercheur français confondateur du Groupe Cellectis (1999) travaille à la réduction du coût de ce traitement en utilisant non pas spécifiquement les cellules du patient touché de leucémie mais n’importe quelles cellules immunitaires, ce qui permettrait de démocratiser davantage la thérapie.

En outre, le Kymriah peut provoquer des effets secondaires dangereux impliquant de fortes fièvres, de l’hypotension artérielle. Ces effets peuvent en partie être expliqués par l’efficacité du traitement : les cellules immunitaires reprogrammées neutralisent tellement de cellules infectées d’un coup que l’organisme du patient en est fragilisé, c’est pourquoi le suivi médical doit être très étroit.

La thérapie génique : un concentré de promesses

Le Kymriah est la troisième thérapie génique à être commercialisée : deux médicaments ont été mis sur le marché auparavant, le Gencidine en Chine en 2004 et le Glybéra en Europe en 2012. Le premier agit comme suppresseur de tumeurs du cou et de la tête, le second en cas de déficit familial en lipoprotéine lipase.

Le docteur Scott Gottlieb, administrateur de la FDA est confiant et affirme dans le même communiqué de presse :

« Nous passons à un autre stade de l’innovation médicale en devenant capable de reprogrammer les propres cellules d’un patient pour neutraliser un cancer mortel. Les nouvelles technologies comme la thérapie génique et cellulaire peuvent transformer la médecine et bouleverser nos capacités de traiter et même de guérir de nombreuses maladies incurables. »

Une déclaration tout ce qu’il y a de plus encourageante, et réconfortante pour les patients touchés par ces maladies, ainsi que leurs proches, mais qui peut laisser suspicieuse : allons-nous devenir des patients OGM ?

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Timothee Dury

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