Recycler le non recyclable en matériau composite : le défi de RecNoRec

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L’objectif de d’Ugoline Soler ? Recycler les déchets dits « ultimes », c’est-à-dire ceux qui sont rejetés par les centres de tri pour différentes raisons, et les transformer en un matériau composite multi-usages selon un procédé déjà utilisé en Amérique du Sud.

Genèse de RecNoRec

Diplômée de l’ENSAT (Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse) en ingénierie agronome et en ingénierie environnementale appliquée au traitement des déchets, ainsi que de l’université Paris-Dauphine en Business Management, parcours entreprenariat social, Ugoline Soler a tout pour associer développement économique et respect de l’environnement.

On l’imagine souriante et optimiste lorsque l’on consulte le site internet sur lequel elle présente les objectifs de son entreprise : RecNoRec. Il s’agit d’utiliser les déchets rejetés par les centres de tri afin de « leur éviter à tous la décharge ou l’incinération », qui constituent des processus polluants. Selon le Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets), 30% des déchets produits en France sont incinérés, 36% prennent la direction de la décharge, 20% seulement sont recyclés, et à peine 14% sont dégradés de manière biologique (compostage) !

Une quantité considérable de déchets reste donc à valoriser puisque si l’on additionne les ordures ménagères, les déchets municipaux (déchets des collectivités territoriales et de certains acteurs économiques), et les déchets professionnels, on se retrouve avec 13,8 tonnes de déchets produits par an et par habitant. Cela signifie qu’environ 8,5 tonnes de déchets sont perdus, soit plus de la moitié de ce que nous jetons chaque année ! On peut aisément comprendre l’utilité du projet d’Ugoline Soler. On croule sous les déchets, c’est le titre d’un article de Consoglobe, mais pour Ugoline, on croule donc sous une matière première potentielle.

Le coup de pouce de La Fabrique Aviva

La Fabrique Aviva, c’est un « accélérateur de bonnes idées » (sic) qui offre une bourse d’1 million d’euros aux entreprises les plus innovantes afin de « soutenir le développement de l’économie sociale et environnementale et être un catalyseur de l’innovation citoyenne ». C’était cette année la deuxième édition de ce concours qui favorise les innovations dans quatre domaines : soutenir l’emploi, l’éducation et la formation ; renforcer le lien social, l’inclusion et la citoyenneté ; agir pour une santé durable et le handicap ; protéger l’environnement. Les objectifs et les modalités de distribution du prix sont détaillés dans cette vidéo. Les projets sont proposés à La Fabrique qui les publie ensuite sur son site internet et les soumet au vote du public, ainsi sont désignés les finalistes, dont les projets sont ensuite étudiés par un grand jury.

Toujours est-il que la grande gagnante d’une bourse de 50 000 euros dans la section « Environnement, biodiversité, énergie » est cette année… Ugoline Soler pour son projet RecNoRec ! Elle explique dans une vidéo disponible sur le site de La Fabrique son parcours, ses motivations, et son projet. « Mes rêves ? C’est vivre dans un monde meilleur, tous ensemble, nous, la Terre et ses nombreux occupants, c’est de trouver de nouveaux équilibres technologiques et sociétaux », explique-t-elle. C’est une « société à déchets positifs » qu’Ugoline Soler veut aider à construire.

Seulement, rien que l’étape « Labo », celle qui permettra de faire valider la qualité du matériau produit à partir des déchets refusés, demande un investissement de 100 à 120 000 euros. C’est pourquoi la bourse obtenue grâce à La Fabrique Aviva est un pas en avant considérable pour RecNoRec.

On espère voir bientôt ces projets prendre corps dans ce qui est peut-être le matériau de demain !

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