Des ONG dénoncent la passivité de l’Etat face au « massacre » des dauphins

Les ONG de protection de l’environnement que sont Sea Shepherd et France Nature Environnement pointent du doigt le « massacre » qui touche les dauphins sur les côtes françaises, notamment à cause de la pêche au chalut, et dénoncent la « passivité » de l’Etat face à ce fléau. En novembre 2017, le Réseau National Echouages (RNE) présentait des […]
13 mars 2018 - Auguste Bergot
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Les ONG de protection de l’environnement que sont Sea Shepherd et France Nature Environnement pointent du doigt le « massacre » qui touche les dauphins sur les côtes françaises, notamment à cause de la pêche au chalut, et dénoncent la « passivité » de l’Etat face à ce fléau.

En novembre 2017, le Réseau National Echouages (RNE) présentait des données alarmantes sur l’évolution des échouages sur les côtes françaises. En effet, le nombre de cétacés échoués en 2016 était déjà deux fois plus élevé qu’en 2015 (1342 cétacés en 2016 contre 653 en 2015). Il ne cesse depuis d’augmenter, s’accompagnant de plus en plus d’échouages massifs.

En effet, de nombreux cétacés sont victimes des filets de pêche des chalutiers pélagiques. Ceux-ci capturent involontairement les dauphins au milieu d’autres poissons, notamment les bars qui sont la nourriture de prédilection des dauphins. D’après l’Observatoire Pelagis-CNRS, « 90% des dauphins échoués portaient des marques de pêche, traces de filets, trous de gaffes et mutilations pour sortir les dauphins des filets où ils ont été emprisonnés. » C’est dire à quel point le phénomène est lié à l’activité humaine…

Et pourtant, malgré le nombre important de cétacés retrouvés échoués sur les côtes du Golfe de Gascogne ou de la Méditerranée, ce dernier ne représente que la face immergée d’un phénomène de bien plus grande ampleur. L’association FNE rappelle :

« Seule une partie des dauphins morts en mer s’échoue sur les côtes : 80% d’entre eux coulent et se décomposent en mer. Le nombre total de dauphins tués est donc sûrement sous-estimé. Toute la façade atlantique française est touchée par ce désastre, une nouvelle fois en 2018. Le niveau d’échouage de ce début d’année, 300 petits cétacés, est déjà très élevé. »

Loin d’être une prise de conscience récente, la situation est connue depuis les années 90. Une directive européenne rendant obligatoires les déclarations de captures accidentelles de cétacés avait même été transcrite dans le droit français en 2011, mais elle reste toujours ineffective puisque « le ministère de l’Agriculture et de la Pêche refuse de nommer un organisme indépendant chargé de recueillir ces données » souligne Sea Shepherd.

Le dauphin est une espèce protégée, et les scientifiques alertent : avec un seuil de mortalité de 1,7% liées aux captures « accidentelles », qui ont majoritairement lieu sur des zones de reproduction des bars (principal aliment des dauphins), et une reproduction très lente chez les dauphins, la mortalité des dauphins est désormais « supérieure au seuil soutenable pour la population. » (Laran et al., 2016)

Pour remédier à cette situation intenable, les associations proposent différentes mesures, notamment :

– L’interdiction de la pêche au chalut en bœuf et au chalut pélagique au moment de la reproduction du bar.
– L’obligation pour tous les navires dont les méthodes de pêche ont été identifies comme à risque pour les cétacés d’être équipés de moyens de repulsion accoustiques (pingers)
– Prendre les mesures juridiques et de contrôle en mer nécessaires pour faire respecter le règlement européen.

En attendant, une pétition destinée à Stéphane Travert et Nicolas Hulot a été mise en place par Sea Shepherd afin de les alerter sur l’hécatombe et d’exiger d’eux une réaction forte et rapide. Pour y joindre votre signature, c’est par ici : http://petitions.seashepherd.fr/Petitions/Sign/7

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