Quand nos batteries dépendent du travail d’enfants…

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Une enquête menée par Amnesty international dévoile que de grandes marques, telles que Renault, Microsoft ou encore BMW, ne font pas vérifier leurs chaines d’approvisionnement de cobalt, matière nécessaire à la conception de batterie.

Des conditions de travail obscures

Il s’est écoulé deux ans depuis les premières révélations d’Amnesty international, mettant en lumière que les batteries utilisées par les grandes marques étaient susceptibles d’être liées au travail des enfants en République démocratique du Congo (RDC).

En effet, le cobalt est un composant essentiel des batteries lithium-ion, et plus de la moitié de ce qui est extrait à travers le monde provient de la République démocratique du Congo. De plus, 20% sont extraits des mines manuellement.

Les informations rassemblées à l’époque montrent que, des enfants et adultes extraient le cobalt dans des conditions très dangereuses et néfastes. Au sein de tunnels étroits creusés manuellement, ils sont exposés à des accidents mortels et de graves affections pulmonaires.

L’organisation avait suivi le parcours du cobalt provenant de ces mines, par la suite livré à une entreprise chinoise de transformation (Huayou Cobalt), avant de se retrouver dans des appareils électroniques et des véhicules électriques. Amnesty international avait alors évalué les pratiques de 28 groupes susceptibles d’être liés à cette entreprise de transformation, en se basant sur cinq critères reflétant les normes internationales, notamment le « devoir de vigilance » sur les chaines d’approvisionnement et leur obligation de transparence au sujet des risques associés en matière de droits humains.

Aucune entreprise citée dans le rapport n’a pris de mesures suffisantes pour se conformer aux normes internationales selon l’organisation.

Deux ans après la première enquête

Une nouvelle enquête est établie avec un classement des géants du secteur, parmi lesquels Apple, Samsung, Dell, Microsoft, BMW, Renault, ou encore Tesla. Ce classement est basé sur les progrès qu’ils ont réalisés depuis janvier 2016 en matière d’approvisionnement en cobalt. Malgré les progrès notés, ceux-ci ne sont pas suffisants et ne sont surtout pas suivi par l’ensemble des entreprises.

En effet, selon Amnesty certaines entreprises trouvent encore des « excuses » pour ne pas enquêter sur leurs chaines d’approvisionnement. A la suite du rapport de 2016, qui avait alors suscité l’attention internationale, le gouvernement de la RDC avait créé une commission en charge d’enquêter sur la question du travail des enfants dans le secteur minier et d’élaborer une nouvelle stratégie internationale afin de l’éliminer d’ici 2025. L’entreprise de transformation à quant à elle réalisé des progrès depuis le rapport 2016, notamment sur sa transparence.

L’organisation ajoute :

« Bien que la demande de batteries rechargeables ne cesse de croître, les entreprises du secteur ont la responsabilité de prouver qu’elles ne tirent pas profit des conditions de travail et de vie misérables des mineurs en RDC. Les solutions en matière d’énergie pour l’avenir ne doivent pas être fondées sur des atteintes aux droits humains»

Et le secteur électronique ?

Selon l’enquête, Apple est devenu la première entreprise à publier les noms de ses fournisseurs en cobalt depuis 2016. De plus, la marque travaille activement avec Huayou Cobalt pour déceler le travail d’enfants dans ses chaines d’approvisionnement.

HP ou encore Dell, ont commencé à enquêter sur leurs filières et tentent de renforcer leur politique en matière de « détection des risques liés aux droits humains et d’atteintes à ces droits ».

Microsoft de son côté, fait partie des 26 entreprises n’ayant pas rendu publiques les informations sur leurs fournisseurs. Ce qui laisse donc penser qu’il ne se conforme pas aux normes internationales.

Malgré tout l’organisation note un manque global de transparence, même lorsque les entreprises agissent. En effet, celles-ci ne révèlent pas les résultats de leur évaluation en matière d’atteintes aux droits humains : « Alors qu’Apple et Samsung SDI ont identifié les fonderies auxquelles elles sont liées, elles n’ont pas rendu publics les résultats de leur évaluation des risques concernant ces fonderies. Il est donc impossible de savoir si elles s’acquittent de leurs responsabilités en matière de droits humains » précise l’organisation.

Prochaine étape ?

Pour Amnesty, les entreprises ont la responsabilité de repérer et empêcher ces atteintes aux droits humains. Les entreprises sont donc appelées à collaborer avec d’autres entreprises et le gouvernement afin d’extirper les enfants et adultes de ces conditions tout en participant à leur réintégration scolaire et en les soutenant en matière de santé.

L’organisation conclut en appelant les citoyens à agir et à demander aux entreprises plus de transparence dans leur pétition :

« La publication des évaluations concernant les risques en matière de droits humains représente une mesure essentielle qu’aucune des entreprises citées dans ce rapport n’a pourtant prise. Il est temps que les entreprises doivent admettre que des atteintes aux droits humains existent dans leurs chaînes d’approvisionnement, si elles en constatent. »

Crédits photos : Amnesty International

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