Morts au combat pour la planète : quand le militantisme tue

Selon l’organisation Global Witness, plus de 200 personnes ont été tuées pour avoir défendu l’environnement, et ce, rien qu’en 2016. Une année particulièrement funeste pour les militants écologistes, révélatrice des tensions et des crispations de plus en plus fréquentes autour des projets polluants et destructeurs pour la planète. L’organisation Global Witness alerte sur la situation […]
15 juillet 2017 - Charlotte Dressel
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Selon l’organisation Global Witness, plus de 200 personnes ont été tuées pour avoir défendu l’environnement, et ce, rien qu’en 2016. Une année particulièrement funeste pour les militants écologistes, révélatrice des tensions et des crispations de plus en plus fréquentes autour des projets polluants et destructeurs pour la planète.

L’organisation Global Witness alerte sur la situation précaire des défenseurs de l’environnement

L’association Global Witness a pour objectif de dénoncer la corruption et les « abus environnementaux », notamment ceux commis par les entreprises responsables du pillage de ressources naturelles dans les pays en développement (pétrole, bois, diamant). En mettant à jour les systèmes économiques qui sous-tendent les conflits et la corruption l’association a dressé la liste de plus de 200 militants écologistes morts pour leur cause. Une année « record » en termes de victimes, largement issues d’Amérique latine – 60 % des meurtres sont répertoriés (Colombie et Brésil particulièrement) – et où la situation des défenseurs de l’environnement est très précaire.

Ben Leather, engagé au sein de Global Witness constate en effet que « la bataille pour la protection de la planète s’intensifie rapidement et son prix se compte en vies humaines (…) ». En effet « alors que de plus en plus de gens n’ont pas d’autres options que de s’opposer au vol de leurs terres et à la détérioration de leur environnement », témoigne-t-il.

Le nombre de personnes tuées à cause de leur engagement pour la planète est en nette hausse par rapport à l’année dernière (200 personnes mortes contre 185 l’année passée). A cette hausse s’ajoute également une diversification du nombre de pays touchés par cette tendance : 24 pays en 2016 contre 16 en 2015. De plus, le nombre de morts est également sous-estimé, de nombreux meurtres restent évidemment non répertoriés et il est très probable que le nombre réel soit bien plus élevé que celui annoncé par Global Witness.

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Parmi les populations les plus touchées, ce sont les autochtones qui sont en tête avec plus de 40% des meurtres répertoriés les concernant. Les victimes défendent généralement leurs territoires contre des exploitations qui visent à détruire leurs terres ancestrales et leurs réserves de nourriture. Le continent africain est également touché, où la lutte contre le braconnage dans les parcs nationaux fait de nombreuses victimes. Depuis 2016, 9 gardes ont été tués en RDC (République démocratique du Congo).

« Ils vous menacent pour vous faire taire »

De nombreux militants font état des pressions dont ils ont été victimes, comme Javeline Romero, porte-parole d’une communauté colombienne dont les réserves d’eau sont polluées par une mine de charbon voisine, détenue par les entreprises britanniques et américaines Glencore et BHP Billiton.

La riposte des grandes firmes, qui exploitent les ressources naturelles de manière déraisonnée et incompatible avec le bien-être des populations locales, se fait de plus en plus sévère. Le combat de ces défenseurs de la planète est pourtant indispensable et doit continuer. L’occasion de rappeler que 98 militants sont déjà morts depuis le début de l’année, dont Berta Càceres, activiste hondurien assassiné pour avoir défendu ses terres contre les investisseurs étrangers.

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15 juillet 2017 - Charlotte Dressel
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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