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MasterCard, Deloitte, Ikea… Principaux sponsors des migrants

Dans le monde, 65,3 millions de réfugiés sont dispersés dans différents camps. Perçus comme des produits et non comme des humains par les grandes organisations, ils représentent à l’heure actuelle un marché conséquent. La diaspora migrante sert le profit des plus riches jusqu’à se voir imposer supermarchés, carte bancaire virtuelle… Camps, nom commun masculin, du […]

Dans le monde, 65,3 millions de réfugiés sont dispersés dans différents camps. Perçus comme des produits et non comme des humains par les grandes organisations, ils représentent à l’heure actuelle un marché conséquent. La diaspora migrante sert le profit des plus riches jusqu’à se voir imposer supermarchés, carte bancaire virtuelle…

Camps, nom commun masculin, du latin campus « large espace » 
Sens 1er : prison disparate à ciel ouvert peuplée de 65,3 millions résidents, privés de droits fondamentaux.
Sens 2nd : marché disputé farouchement entre les organisations non gouvernementales et les multinationales.

Autrefois cantonnés au pays du Sud, les camps existent depuis plus de 60 ans au Proche-Orient, depuis 30 ans au Pakistan, au Soudan, en Zambie et en Algérie et 20 ans au Kenya. Ils se sont multipliés jusqu’en Europe et occupent l’actualité de tous les esprits depuis les années 90. Ces campements de migrants semblent alors être une « parfaite » réponse aux deux problématiques – bien qu’ici identiques : Comment gérer l’indésirable ? / Comment ne pas gérer l’indésirable ?

Environ 17 ans en zone de transit pour un migrant

Ces zones de transit – d’environ 17 ans par individu – sont le produit d’un déséquilibre international survenu après la Guerre froide et ayant pris des proportions abyssales en fonction du nombre d’années passées. Il s’agit aujourd’hui d’un monde à part entière, bien qu’il ne s’inscrive pas sur les cartes et ne soit pas reconnu par les autorités juridiques. Loin d’être une utopie, ce monde en question ne paraît qu’exister au travers du prisme de l’exclusion sociale. Prisme qui rend aveugles les citoyens dits ordinaires par leur déversement gratuit de haine et leur volonté de se sentir supérieurs. Les migrants ont alors empoigné ce rôle détestable sans jamais vouloir lui serrer la main de bon cœur.

L’industrie de l’aide

Outre le fait d’être un déversement de haine par certaines personnes fermées d’esprits, les migrants servent l’économie. Ce marché représente au moins 25 milliards d’euros par an.

« D’un point de vue commercial, il y a de l’argent à faire, et, pour cette industrie, une nouvelle efficacité à prouver » évoque Ben Parker, ancien directeur de l’UNOCHA en Syrie et en Afrique de l’Est.

Il y a un an, une foire avait lieu durant le premier Sommet humanitaire mondial de l’ONU à Istanbul. Elle permettait aux 600 commerçants d’y exposer leurs créations spéciales migrants ; des drones, des lampes photovoltaïques, des kits alimentaires. Le tout sponsorisé par MasterCard, Worldwide, Accentue, Deloitte, Ikea, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

À noter qu’on pouvait trouver lors de « ce salon » une tente pour réfugiés avec un faux service à thé et une photographie de famille syrienne, aussi vraie que « nature ».

Migrant 1 La Relève

Une carte bancaire virtuelle pour les réfugiés

Dans le camp de Zaatari ouvert en Jordanie, le HCR a souhaité remplacer les colis alimentaires par deux supermarchés, qui plus est, concurrents. L’un est américain, Safeway et l’autre koweïtien, Tazweed. Les migrants ont d’ailleurs été renommés « les consommateurs heureux » par un dirigeant du HCR. Pour payer leurs courses, une carte bancaire virtuelle a été mise en place par le HCR et le PAM (programme alimentaire mondial). Elle ne fonctionne que dans les deux supermarchés, et est accréditée de 50 euros par mois. Certains disent même que le modèle humanitaire-providence est dépassé, qu’il faudrait facturer aux réfugiés « les plus riches » les services humanitaires qu’ils reçoivent.

Un autre point de vue, celui de l’humanitaire

Alors que certains ne voient qu’en ces migrants un bon placement, d’autres s’activent pour redorer l’image de ces personnes ayant souffert. Alexis Alphonse, un volontaire de la Croix-Rouge française s’est senti réellement utile sur le Camp de la Linière à Grande-Synthe. Il a apporté, pendant 6 mois, un soutien psychosocial aux personnes vulnérables. Des sorties à Nausicaa, au zoo, ainsi que des concerts et des chasses au trésor, ont été organisés. Peu à peu, les enfants ont retrouvé le sourire et l’ont même remercié.

« Nous étions bien suivi par la Croix-Rouge, nos responsables étaient présents pour nous appuyer tant au niveau national que départemental. On a eu énormément d’aide également par d’autres associations locales et étrangères pour nos activités. La Croix-Rouge agissait dans un secteur bien spécifique, Médecins du monde également. Les petites associations faisaient ce qu’elles pouvaient en fonction de leurs moyens. Les grands organismes, eux, agissaient de manière plus stratégique, en fonction des besoins et étaient généralement plus professionnels que réglementaires (…) C’était une très bonne expérience et si c’était à refaire, je le referai à nouveau »

À l’échelle humaine, les individus dépourvus de haine tentent de mettre en place de l’amour et inculquer la confiance. Ils parviennent parfois à redonner le sourire à ceux qui ont tout perdu. À l’échelle des grandes organisations, l’appât du gain est omniprésent. Ces nouvelles cités reflètent la société dans laquelle nous vivons actuellement et ce schéma qui se reproduit, intemporellement.

Crédit Photo : Image à la Une – PAOLO MANZO / NURPHOTO AFP – Image article – Shutterstock

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